L'ENFANTEMENT DU GENIE
dans la Nature, accueillant tout ce qui viendra, se nourrissant de toute chose, s'augmentant et s'embellissant, devenant la fleur du génie, comme luimême est la fleur du monde.
Type sublime de Tadoption. . . Ce point vivant qui tout à l'heure apparut obscur encore , couvé de Toeil paternel , il va s'organisant , se vivifiant , il s'illumine de splendeur, c'est une grande invention, uneœuvre d'art, un poème... J'admire cette belle création dans son résultat; mais combien j'aurais voulu la suivre en sa génération*, dans la tendre incubation sous laquelle commença savie, sa chaleur!
Hommes puissants, en qui Dieu accomplit ces grandes choses, daignez donc nous dire vous-
i GMBbien il est regrettable tgê» les hommes de géaie effiiceiit la trace socceasive de lenr propre eréation ! Rarement ils gardent la série des élMacbes qai l'ont préparée. Vous en trouvez quelque chose , {incomplet et ià grand*peise , dans la série progressive des tableaux de quelques grands peintres qui sans cesse ont peint leur pensée, et en ont fixé chaque moment par des œuvres immortelles. 11 n*est pas impossible de suivre ainsi la génération d'une idée dans Raphaël, le Tilien , Robens, Rembrandt. Pour ne parler que de ce dernier , le bon Samariuin, le Christ d'Emmatts, le Lazare, enfin le Chritt eontotant iê peuple (gravure aux cent florins) , indiquent les degrés successirs par lesquels le grand artiste , ému du spectacle nouveau des profondes misères modernes, couva et enfanta son idée. Dans la dernière expression qu'il lui donne , si forte et si populaire , Vcsuvre et Touvrier ont atteint un degré inouï d'attendrissement, ^j
îiO EST LE TYPE DE L*£NFANTEMENT SOCIAL
mêmes ^ quel fut le mopieut s^cré oii riiwentiani, rœuvre4'art, jaillit pour la premiJerjB fois... quelles furent dans votre âme les pren^ières pçiroleg avec cet être nouveau , le dialogue qui s'engagea eq vous entre la vieille sagesse et la jeune ciréatioa^ le doux accueil qu'elle lui fit, comment elle rèucfturageîi, rude et brute encore, la forma sans la changer, et, loin de gêner sa liberté, fit tout pour qu'elle devînt libre, qu'elle fut vraiment ellej même.
Àh! si vous révéliez pela^ vçgus aurie^z éçlsûré» poo-seulement l'art, jgifus l'M mor^ aqssi, l'aM de l'éducation et de la politique.. 3â PQUS savîofiis la cuHure que donnp le géniç au bi^Uraimé de sa pensée, comment ils vivent entre eux:,, par quelle adresse et quelle douceur, sans attenter à son originalité, il l'anime à se prt)duîre selon sa nature, nous aurions à la fois, la règle de l'art, et le modèle de l'éducation, de l'initidtîon civile*.
1 Ceci n*e8t pas une simple comparai^n comme celle quet donne Platon au livre IV de la République. Kon, c*esl la chose eUe*méme, prise en soi, dans son plus intime , dans sa naissance et sa natur/e. A mesure qu'on s'habituera à regarder le monde social dans 1» monde moral , on verra que celui-*ci est Torigine , la mère , la matrice de l'aatre, ou plutôt qu'ils ne font qu'un.
Le combat de Tâme avec Pâme, le progrès et l'édi^eiatipDi qui ea r^-