‹ Le peupleChapitre 13 sur 188 · TIRÉ DE MA FAMILLE. XXIX · texte numérisé non relu

TIRÉ DE MA FAMILLE. XXIX

pénurie, un ami de mon père lui propose de me faire entrer à Tlmprimerie impériale. Grande tentation pour mes parents! D^autres n'auraient pas hésité. Mais la foi avait toujours été grande dans notre famille : d'abord la foi dans mon père, à qui tous s'étaient immolés; puis la foi en moi; moi, je devais tout réparer, tout sauver...

Si mes parents, obéissant à la raison, m'avaient fait ouvrier, et s'étaient sauvés eux-mêmes, aurais-je été perdu, moi? Non, je vois parmi les ouvriers des hommes de grand mérite, qui pour Tesprit valent bien les gens de lettres, et mieux pour le caractère... Mais enfin, quelles difficultés aurais»je rencontrées^! quelle lutte contre le manque de tous les moyens! contre la fatalité du temps!... Mon père sans ressources, et ma mère malade, décidèrent que j'étudierais, quoi qu'il arrivât.

Notre situation pressait. Ne sachant ni vers, ni grec, j'entrai en troisième au collège de Charlemagne. Mon embarras, on le comprend, n'ayant nul mattre pour m'aider. Ma mère, si ferme jusque-là, se désespéra et pleura. Mon père se mit

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