XXVIII EXEMPLE
nie majestueuse et royale du lâlin; cette grandiose mélodie italique, me rendait comme un rayon du soleil méridional. J'étais né, comme ime herbe sans soleil entre deux pavés de Paris. Cette chaleur d'un autre climat opéra si bien sur moi, qu'avant de rien savoir de la quantité, du rhythme savant des langues antiques, j'avais cherché et trouvé dans mes thèmes des mélodies romano-rustiques, comme les proses du moyen âge. Un enfant, pour peu qu'il soit libre, suit précisément la route que suivent les peuples enfants.
Sauf lessoufifrances de la pauvreté, très-fraudes pour moi l'hiver, cette époque, mêlée de travail manuel, de latin et d'amitié (j'eus un instant un ami et j'en parle dans ce livre), est très-douce à mon souvenir. Riche d'enfance, d'imagination, d'amour peut-être déjà, je n'enviais rien à personne. Je l'ai dit : l'homme de lui-même ne saurait point l'envie, il faut qu'on la lui apprenne.
Cependant, tout s'assombrit. Ma mère devient plus malade,la France aussi (Moscou !... 1813!...) L'indemnité est épuisée. Dans notre extrême