‹ Le peupleChapitre 131 sur 188 · L'HOMME DE GÉNIE S'AMÉLIORE PAR SON OEUVRE · texte numérisé non relu

L'HOMME DE GÉNIE S'AMÉLIORE PAR SON OEUVRE

Cette guerre est visible en tout homme. S'il y a dans rhomme de génie trêve et pacification, cela tient à un beau mystère, aux sacrifices intérieurs que ses puissances opposées se font les unes aux autres. Le fonds de Tart, comme celui de la société, ne rouHiez point, c'est le sacrifice.

Cette lutte est dignement payée. L'œuvre qu'on croirait inerte et passive, modifie son ouvrier. Elle l'améliore moralement, récompensant ainsi la bienveillance dont l'entoura le grand artiste, quand die était jeune, faible, informe encore. Il l'a faite^ mais elle le fait; elle le rend, à mesure qu'elle grandit, très-grand et très-bon. Si le monde en^ lier, avec ses misères, ses nécessités, ses fatalités hostiles, ne pesait sur lui, on verrait qu'il n'est point d'homme de génie qui, pour l'excellence du cœur, ne soit un héros.

Toutes ces épreuves intérieures que le monde ne sait guère, préservait le génie de toute misère d'oi^eil. S'il repousse, au nom de son œuvre, la stupide risée du vulgaire, c'est pour elle, et non pour lui. Il reste intérieurement dans une douceur héroïque, toujours enfant, peuple et simple. Quoi qu'il accomplisse de grand, il est du côté des petits. Il laisse aller la foule des vaniteux, des subtils, se promener dans le vide, se réjouir de moqueries, de

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