CHAPITRE m
De rassocialioQ.
Je me suis longtemps occupé des anciennes associations de la France. De toutes, la plus belle, à mon sens/ est celle des filets pour la pêche, sur les côtes d'Harfleur et de Barfleur . Chacun de ces vastes filets (de cent vingt brasses ou six cents pieds), se divise en plusieurs parts qui passent par héritage aux filles aussi bien qu'aux garçons. Les filles^ héritant de ce droit, mais n'allant pas à la pèche, y concourent néanmoins en tissant leurs lots de filets, qu'elles confient aux pêcheurs. La belle et sage Normande file ainsi sa dot ; ce lot de filet, c'est son fief qu'elle administre avec la prudence de la femme de GuilIaume-le-Conquérant. De son droit et de son travail, doublement pn^riétaire,
246 ASSOGUTIONS DES PÊCHEURS KORMANDS.
il faut bien^ comme telle^ qu'elle sache le détail de Fexpédition ; elle en apprécie les chances, s'intéresse au choix de l'équipage, s'associe aux inquiétudes de cette vie aventureuse. Elle risque souvent sur la barque plus que son filet. Souvent, celui qu'au départ elle a choisi pour pécheur, la choisit pour femme au retour.
Vrai paysdesapience! Cette Normandie, qui, en tant de choses,, a sem de modèle à la France et à l'Angleterre, me semble avoir trouvé là un type d'association plus digne qu'aucun autre d'être recommandé à l'attention de l'avenir.
Celle-ci est bien autre chose que les associations fromagères du Jura^, où l'on n'associe après
. ' t Sottveâteilées pur Fonrier. Je suit rhomme de Thistoire et de la traditioB ; donc je n*ai rien à dire à celai qui se vante de procéder par voie dVcarl absolu. Ce livre du Peuple, particulièrement fondé sur Vidée delà patrie, e'est-à-dire du dévouement, du sacrifice, K*a rien à voir avec la doctrine de VaUraetitm pattionneile. Je saisis néanmoins cette occasion pour exprimer mon admiration pour tant de vues de détail ingénieuses, profondes, quelquefois très-applicables, ma tendre admiration pour un génie méconnu, pour une vie occupée tout entière du bonheur du genre humain. Ten parlerai un jour, selon mon ciOBur. — Singulier contraste d*une telle ostentation de matérialisme, et d*une vie spiritualiste, abstinente, désintéressée I Ce contraste s'est reproduit tout récemment, â la gloire de ses disciples. Tandis que les amis de la vertu et de la' religion, leurs défenseurs obligés, les conservateurs nés de la morale publique; s'enrôlaient sons main dans la bande de ceux qui jonept 4 oovp *ûiv les disciples de Fourierqiii ne parient que 4*intérèt,