‹ Le peupleChapitre 168 sur 188 · LA FRANCE A EU · texte numérisé non relu

LA FRANCE A EU

rien, elle a dit : « Je n'ai ni or, ni argent, mais ce qire j'ai, je vous le donne. . . » Alors elle a donné son âme, et c'est de quoi vous vivez ^.

« Ce qui lui reste, c'est ce qu'elle a donné. . . » Mais, écoutez-bien, nations, apprenez, ce que sans nous, vous n'auriez appris jamais : « Plus on donne, et plus on garde ! » Son esprit peut dormir en elle, mais il est toujours entier, toujours près d'un puissant réveil.

Il y a bien longtemps que je suis la France, vivant jour par jour avec elle depuis deux milliers d'années. Nous avons vu ensemble les plus mauvais jours, et j'ai acquis cette foi que ce pays est celui de l'invincible espérance. Il faut bien que Dieu Téclaire plus qu'une autre nation, puisqu'on pleine nuit, elle voit quand nulle autre ne voit plus ; dans ces affi*euses ténèbres qui se faisaient souvent au moyen âge et dépuis, personne ne distinguait le ciel ; la France seule le voyait.

Voilà ce que c'est que là France. Avec elle, rien n'est fini ; toujours à recommencer.

1 NoB, ce n'est pu le naeliiDinne industriel de l'Angleterre, ce n'est pas le machinisme scolastique de l'Allemagne, qni fait la vie du monde ; c'eet le soaffle de la France, dans quel(|ve eut qu'elle seit, la chaleur latente de sa Révolutton que l'Europe porte toiyours en

elle.

Page 1