ÉCOLE NORMALE
Après ces grandes épreuves, il semblait qu'il y eût un moment de silence pour toutes les passions humaines; on put croire qu'il n'y aurait plus d'orgueil, j'inlérêt, ni d'envie. Les hommes les plus hauts dans l'Ëtat, dans la science, acceptèrent les plus humbles fonctions de renseignement ^. Lagrange et Laplace enseignèrent l'arithmétique.
Quinze cents élèves, hommes faits, et plusieurs déjà illustres, vinrent sans difficulté s'asseoir sur les bancs de l'école normale, et apprendre à enseigner. Il vinrent, comme ils purent, en plein hiver, dans ce moment de pauvreté et de famine. Sur les ruines de toutes choses matérielles, planait seule et sans ombre la majesté de l'esprit. La chaire de la griande école était occupée tour à tour par de? génies créateurs; les uns, comme Berthollet, Morvàu, venaient dé fonder la chimie, d'ouvrir et pénétrer le monde intime des corps; les autres, comme Laplace et Lagrange avaient, par le calcul.
1 J*ai soas les yeax {aux Àrehivét) la liste originale de ceux qui acceptèrent lès fonctions de professears aux écoles centrales, qui éCaienI |es collèges d'alors : Sieyès, Daunou, Rœderer, HaUy, Cabanis, Legendre, Lacroix, Bossut, Saussure, Cuvier, Pontanes, Ginguené, Laharpe, ' Laromiguière, etc.
' «COLE POLVTECHNIOUC. ' ^ B»
' rflfièrihi le système du monde, rassuré' Id lertti^SliP ' ka bàèel Jamais pouvoir spirituel îi*appiârtrt^^tiis incontestable. La raison, en obéissartt, se rtiiMàit à la raison. — Et combien le cœur s'y jtoi^St, qtïkftd,' bairmi ces hommes uniques, dont chacun apfpàfràttune seule fois dans rétémité, on vo^it ime tête, bien précieuse, (jaî avait farlK tèttibër, '(ieBé du boffl Haiiy, sauvé par Geoflftoy-Ssiirrt-
«iikire'î ••;.;•. ..;.;.:.;.
Un grand citoyen, Carnot, celui qui orgàtifèài^a Victbite, quîdteviiîa Hoché et Bonaparte, quiisanva la'i^rance malgré la Terreur, fut le véritabléfbft^ teur de l'école Polytechnique. Ds apprirent, ôtMiÉiie on combattait, firent trois ans de ëôurs éri ttrdis mois. Au bout de six, Monge déclara qu'ils n'avaient pas seulement reçu la science, maîèqtinis 1-av^ent avancée. Spectateurs dé Fînveiitïôn coAtinuelïeâé letirs maîtres, ils allaient itivén tarit àiisii. Imagine^ Ce spectacle d'unLagrangfe'cJuî,' àirrMlieu de stin enseignement, s^iarrêtàît tout â'^cottp,
' rêvait. .70n attendait en* silence. H s'êvëaÉaftâla longue, et îèur livrât; fout ^éntè, fa jëtiké ii- Ventîb», a peiile hée dé son esqprît . ' ' - ' î ^ - '^ ' Tout manquait, moins le ^énie . Les élèves p'au-
. iraient pu venir, s'ils n'avaient ou un traitement de route dé quatre sous par jour. Ils recieVatent le
pjgO L'ÉCOLE NOBMAI^ N'IWVIGME W LA FRANCE,
si^^^jl 4^ voulut pour traitement jq[u'uiico|^ 4e ùtm^f^fihvk^ die^s Çablon^, ?t..Y|éfiUt .^ç^ lé-
„„.„Ûme\lf.a^te^ apï^s (^ temps-là Ijçbjrtefliqr^le, ,;(rt„îV>*»™9»^s.-8W^e .dis ^a,sBbp!« 4^, Vi^ç^sée.
,-fJmhi après .^.raHj>o.rts faits, à ,1a Ço^^yeniiw» rt«}j?L.4q f oufçrqjr^H dç^Foptaiiies, vo^^i . tqn^b^fj^^n quelques années ae la virilité à la vieillç^q;| la cr««Hfi8se4^çrépi^ % ... ) . ....,, . ;.,*, ,, „ i ,.-;„,jj'^t-ilpiasapai«ewtdew(^ji;|i^<j,élanl^^ Jj^^t^^4 , , s'pbatttfi el, tpinbier., si tôt?,...,;(^tte .^^JjJçjçuftÇi.^çftlftnçmnale ne porte pas frjvf.^QH 8>n «iéto'WPfiW>1'*ftD4 9^ y voit l'homme si faiblement -CT^gfté' HSSi^tâfnÇÇS de r^pmme.s'abdiquam;^ se «irÇW^^^X'^MfflDMW hnwï^d'eUes-mêmes. Lf £rplj^^^ei^t4:^i#<?ir^,,yolpey, enseignait, «ue i;^i8- .iJ»ffi?jfi?^ .^«;»we, ^ faila:mort$., q^'^i n'j a lj^^,/d'i^tpipei vivamte. Le prpfesse^^e pP»- .(f«S'i'if?"!l^*^*^> ''^^* We la phU(^«P^e n'.f^t
-te «fekf W^^?*.. ni^f riep. ;SijRe^ .floiv 8i«a^, les mathémati(j^i^..,aviaieat l'av^nt^e „ et Jes
* * Un homme cul le rare cotirage de réclamer ,)[soas TEmpire, en fat)Uir!'dëi>tMrgahisâfiob tféiniée à VenÉefgneflaeol par la Qoiiveûtidii :
'Sciéiloes quia'; mUaehent, teHeq iqtiei lîaslnl- «bmie. «Aiaslv. laFiraliéei DfivblutUuiriairei^lidans iU^and^ éedlprjqui devaîtiiritpaiidmrpiapiouÉ.scm .eàprît^; ense^gB«i les éfeîles/fises^ijets'cjabliaîeUé-
f"}\ (>qslilà surtout quel Ij'o&i vit , idsm» «cet âupiréihe ^ettifft i de la liiéTOluÉÎQU péiiR. fonikir jtiqu'dietQe Ihoufrà. être xïtt'unîppéphôtti qli'dile) jft*urrât id{tafile|d6«fti:t!Qt(0aa»toir kkemetpirQîAlse. Qcnéitndftt|^,fàtreUe .atfrinréfS til lu4ahfa\tifeHu)tout£ûi^>
dans le système qui la précéÔmt^ Bll*)QtlâttftntBée ;«ii^iMl^»,^'u}i^»itoi^il(id0^^ eênp^vdr^ de ^9ifénmç$MibWi(mixsimmU JQUi! Juaqu'à^Kéii^^biiée .qjo^àk flb tffimya<rUi) à;4éf£uim4 vLfi(<d6S^iétaît
fi\i»M'^\9àunm dtt'tpuit poitr môtU^e^èik.^pteol. ;>fiUe tûwitwt.dwMk^aiCû^la YweOx. JlofaUaîtfides , hû(iu»W'|)0br'iakb la >I^0lU{iani(a<^tft^ttif>€4éQP . fOi» ibotnmef^ il 4ùt &Uu.^u ^eli^ fitit .Me. rjE^laen
Ji'autrel I]A:abiinâ à,b«i!ef Aer^et^pomt^'aîle^ payr vle^fraoehitt^v... .. -.ii.-.- .i ;iVj;. !i/.n 'm-i ;i , >:.»ji'i si 11 eti; doulûurenxidi^^voir. oombieb poutkfiiilu- ,tourodu>p<9ttpta> lâ< loyauté sb X^^akfgéli^mnt 6àtpmf\*éé^ev daittileaiquiftFe» ddittiâr^ siècles.
i9S tk NftVOLUTlON NON PHÉRAHÉB MNS L'ÉDUCATION.
L'Église Itti ptfhit Une langue savante qu'H ne comprenait plut. Efle lui faisait répéter de bondie ce prodigieux enseignement métaphysique, dont la subtilité étonne les esprits les plus cultivés. L'État n'avait fait qu'une chose, et fort indirecte; il avait rassemilé le peuple dans les caïkips, les grandes armées, oii il commença à ee reconnaître. Les légions dç François l*', les régiments de Louis XlY, forent des écoles , éix, sans qu'on lui enseignât rien, il se formait toi-même /pirenait des idées communes, et «'élevak peu à peu au sentiment de la patrie.
■' Le seul enseignement direet âlsât celui qu0 les bow*geois rece^^nt; dans les oeNéges, et qu'ik eontkittaie&t comme irrocats et gens de lettres. £tiide veiMe de» fougues, dé la rhéftoriqiiè, de ia fittèratùre; étude des fôis, non jSavacMieirprédse, o^mne èdle.4e iios ancsmsjuriseensifHiss, muds soinlisttf 'philosophique et pleine d'abstfMtions cfeuses. Logiciens sans métaphysique^ légistes, moinsle droîiet rhiMeîre,ils necf^^entqp'an: signt^s^ MX formel, aux flgaret, à la phrase. Bn toute chose, il leur manquait la substance^ la vi»etie "Setitimenl; de la vie. Quand, ils an^ivèirent stu* le ^grand théâtre oii les v^tnité» s'àigiisseient à mort, on put voir tout ee^quq la sidHilité scolastique peut
SCOLASTlOUfi ET RH^TORiaUE W) TBAftORISliE. ây6
ajouter de mauvais à une mauvaise nature. Ces terribles abstracteurs de. qm&tessence s'arme^ reat de cinq ou &i)L formules, qui, comme autsoit de guillotines , leur servirent à ahstrure des hom^ we?^*
Ce ^t une chose bien terrible, lorsque la grande assemblée qui, sous Robespierre, avait fait la Ter*reur par (erreur même, releva la tête, et vit tout le sang qu'elle avait versé. La foi ne lui avait pas manqué contre le monde Ugué, pas même contre
* Le génie de l'inquisition et de la poliee qui a étonné Unt de gens dans Robespierte et fiaint-liist , n'étonne guère eenx qvi connaissent le moyepi Age et qni y tmivent al lomvent eet taspéranents d*ta* qnisitean et d'ergotenn sangoinaires. Ce rapport des deux époques a été saisi viee beaaeoap de pénétration par tf. Qninet : la cAritlianfMv êi /• rtfooluMa», p. S49-851 (iMa). ^ Danx hoanmea d*nne équité scrupuleuse, et portés i Juger favorablement leurs onnenûs, Camot] et Daunou, concordaient parfaitement dans leur opinion sur Robespierre. Le demlef m*a dit souvent que, sauf le dernier moment où la nécessité et le péril le rendirent éloquonl, le ftmeux dictateur était un homme de second ordre. Satnt-Jost avait plus de talent. Ceux qui veulent nous faire accroire qu'ils sont tous deux innocents des déniera eicéa da la Tertaur, som rétatéa par Saint-Just lui*méoBe. Le 15 avril i7M (si peu de tempe avant le Neuf thermidor I), il déplore la coupable indulgence qu'on a eue jusqu'à ce moment : « Dans ces demiers temps, le reiéckemêM en itibvnmtx l'était accru, au point que, etc. Qu'ont fuit let êribwnttuœ depuis deux ans? À'^onpërU de ieur justice?,.. Institués pour maintenir la révolution, leur indulgence a laissé partout te crime libre, etc. Histoire parlementaire, t XXX1I« p. 31ft, S19| M germinal an IL
294 LiK OQl^VBNTION VRlkti LA FCli; ' ' '^
la fVai)C0^' loTMfa'^vet tnetlte dép^iiéinmtô f^ centiat et sauva- tèttt. La 'foi ne Idî manqua psts méHiryd8n8iBon.àapg^f)iePdofaiiel, forskfofe n'âyàMt ' pkmihêiée iHttàs^tienë fot' ^rédllhè ta ârmej^'âë^ propres membres, et se vit tout près de n'avttii* pUisrdeddfenfeupkpilélie^iliéiffief. Maib;«tt!^Mbdm;e du^ing, t devant tous ieps» in^ts qpai i »prtài^M' ^^ lQilm)aépul<niei9,; d6fdantio«t w<p«upl6 utei prt^oAf^ ^ meif lA^iroéri qui ivèiia]entfiq|e]><toiA*s Jb^, i^^ dffaittH/»6ltaicamp[\è»ç^Iài&'iaèandèii^ -'! :*<•«'( Elle ne franchit point le pas qui lui eût livré l'avenir. Elle n'eut pas le courage de mettre la maip s}ir'le,,Jft44je/iwfl4e qui- 'Yeqaiil.X'8i.Ri饫lutii>ii^ . pour fr'en emparer^' de?£tft' enseigner tine cho^; Une seul^içhose i^lâ'Reyôjutîoi^. / .. i. ,., ,■ ^.P^uf..cdA> il lui ,eAii fallu,, non i^iîer le passé; mairie i^ëvefldittilejr au ddhfrâîre; Te ressaisir et le fairp^jeù, cpfjttiie; elle Jusant m pyéseafc woiUrer qu^eUrsnribt; «wc^rautorité de «la raiëon, celle de rhisloîre,* ^e toute notre nationalité. îii^tftrifjqç, , qjUiB la(iKémiutiaQ< était b t^iWf iiam juste '^' nécessaire màftifèètàtfdn dû ^éftiè *de ce" peuple, qif'cilift 9'était quQ ià Fr^cejwéw^ ayattt eafia. trouvé, son droit/ v. » - x . .
Elle pe fît rien de cela, 'et 1î\ raisoii abstraie, . qu'elle invoquait seule, ne laisoutint pas m pré^i