LE PAYSAN
est grande. Celui du paysan n'est pas une simple promenade ; il admire tout à la ville, il désire tout , il y restera, s'il le peut.
Qu'il y regarde. La campagne, une fois quittée, on n'y retourne guère. Ceux qui viennent conune domestiques et qui partagent la plupart des jouissances des maîtres, ne se soucient nullement de revenir à leur vie d'abstinence. Ceux qui se font ouvriers des manufactures voudraient retourner aux champs, qu'ils ne le pourraient ; ils sont en peu de temps énervés, incapables de supporter les rudes travaux, les variations rapides du chaud, du froid : le grand air les tuerait.
Si la ville est tellement absorbante, il ne faut pas trop l'en accuser, ce semble ; elle repousse le paysan autant qu'il est en elle, par des octrois terribles, par rénorme cherté du prix des vivres. Assiégée par ces foules, elle essaie ainsi de chasser l'assaillant. Mais rien ne le rebute; nulle condition n'est assez dure. Il entrera, comme on voudra, domestique, ouvrier, simple aide des machines et machine lui-même. On se rappelle ces anciennes populations italiques qui, dans leur frénétique désir d'entrer dans Rome, se vendaient comme esclaves, pour y devenir plus tard affranchis, citoyens.
Le paysan ne se laisse pas effrayer par les