‹ Le peupleChapitre 61 sur 188 · FAIBLES TRAITEMENTS · texte numérisé non relu

FAIBLES TRAITEMENTS

céments qui, pour deux cents francs de plus, le font aller de Perpignan à Lille. Toutes les routes sont couvertes de fonctionnaires qui voyagent avec leurs meubles ; beaucoup ont renoncé à en avoir. Campés dans une auberge, et le paquet tout fait, ils vivent là ua an, ou moins, d'une vie seule et triste, dans une ville inconnue ; vers la fin, lorsqu'ils commencent à former quelque relation, on les dépêche à Tautre pôle.

Qu'ils ne se marient pas surtout; leur situation en serait empirée. Indépendamment de cette mobilité, leurs faibles traitements ne comportent point un ménage. Ceux d'çntre eux qui sont obligés de faire respecter leur position, ayant charge d'âmes, le juge, l'officier, le professeur, passeront leur vie, s'ils n'ont point de fortune, dans un état de lutt«, d'effort misérable pour cacher leur misère et la couvrir de quelque dignité.

N'avez-vous pas rencontré en diligence (je ne dis pas une fois, mais plusieurs) une dame respectable, sérieuse, ou plutôt triste, d'upe mise modeste et quelque peu passée, un enfant ou deux, beaucoup de malles, de bagage, un ménage sur l'impériale. Au débarqué, vous la voyez reçue par son mari, un brave et digne officier qui n'est plus jeune. Elle le suit ainsi , avea toute es-

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