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DU MAITRE D'ÉCOLE

Kome, serf de son évêque, d'ailleurs presque toujours dans une position qui donné au supérieur, bien informé , hypothèque sur lui. Eh ! bien, ce prêtre, ce serf, c'est le tyran du maître d'école. Celui-ci n'est pas son subordonné légalement, mais il est son valet. Sa femme, mère de famille, fait sa cour à madame la gouvernante de M. le curé, à la pénitente préférée, influente. Elle sent bien, cette femme qui a des enfants et qui a tant de peine à vivre, qu'un maître d'école, mal avec le curé, c'est un homme perdu!... On ne va pas par deux chemins pour le couler à fond; on ne s'amuse pas à dire qu'il est ignorant; non, il est vicieux, il est ivrogne, il est... Ses enfants, multipliés, hélas! année par année, ont beau témoigner pour ses mœurs. Les Frères seuls ont des mœurs; ils ont bien quelques petits procès, mais si vite étouffés !

Servitude ! pesante servitude! je la retrouve en montant, descendant, à tous les degrés, écrasant les plus dignes, les plus humbles, les plus méritants !

Et je ne parle pas de la dépendance hiérarchique et légitime, de l'obéissance au supérieur naturel. Je parle de l'autre dépendance, oblique, indirecte, qui part de haut, (jui descend bas, qui

m NULLITÉ VOLONTAIRE DE L'EMPLOYÉ.

pèse lourdement, qui pénètre, qui entre dans le détail, qui s'informe, qui veut gouverner jusqu'à Fâme.

Grande différence entre le marchand et le fonctionnaire ! le premier, nous Tavons dit, est condamné à mentir, sur des objets minimes, d'intérêt extérieur; pour ce qui est de Fâme, il garde souvent l'indépendance. C'est justement ce côté-là qu'on attaque dans le fonctionnaire ; il est inquiété dans les choses de l'âme, parfois mis en demeure de mentir en ce qui touche la foi et la foi politique.

Les plus sages travaillent à se fîdre oublier ; ils évitent de vivre et de penser, font semblant d'être nuls, et jouent si bien ce jeu, qu'à la longue ils n'ont besoin d'aucun semblant; ils deviennent vraiment ce qu'ils voulaient paraître. Les fonctionnaires qui sont pourtant les yeux et les bras de la France, visent à ne plus voir, ni remuer; un corps qui a de tels membres doit être bien malade.

Pour s'annuler ainsi, le malheureux est-il quitte? pas toujours. Plus il cède, plus il recule, et plus on exige. On en vient àlui demander ce qu'on appelle des gages de dévouement, des services po^tifs. Il pourrait avancer, s'il se rendait utile.

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