COMBIEN IL A LA ^^IITU DU SACRIFICE, IVII
ont détooraé les yeux vers le fantastique y le violent, le bizarre, rexceptionnel. Ils n'ont daigné, avertir qu'ils peignaient rexception. Les lecteurs^ surtout étrangers, ont cru qu'ils peignaient la rè^e. Usent dit : < Ce peuple est tel. »
Et moi, qui en suis sorti, moi qui ai véeu avec lui, travaillé, souffert avec lui, qui plus qu*un autre ai acheté le droit de dire que je le connais, je viens poser contre tous la personnalité du peuple.
Cette personnalité, je ne l'ai point prise à la surface dans ses aspects pittoresques ou dramatiques; je ne l'ai point vue du dehors, mais expérimentée au dedans. Et, dans cette expérience même, plus d'une 6hosë intime du peuple, qu'il a en lui sans la comprendre, je l'ai comprise, pourquoi? Parce que je pouvais la .suivre dans ses origines historiques, la voir venir du fond du temps. Celui qui veut s'en tenir au présent , à l'actuel, ne comprendra pas l'actuel. Celui qui se contente de voir l'extérieur, dépeindre la forme, ne saura pas même la voir: pour la voir avec justesse, pour la traduire fidèlement, il faut sa-
KVllI BT DU SACRIFICE PBRSÉVÉRAIIT.
voir ce qu'elle couvre ; nulle peinture sans ana* tomie.
Ce n*est pas dans ce petjt livre que je puis enseigner une telle science* Il me suffit de don^ ner, en supprimant tout détail de méthode, d'érudition, de travail préparatoire, quelques obsorvatioB^ essentielles dans Tètat dç nos nMiuxs^ quelques résultats généraux*
Un mot seulement ici :
Le trait éminenty capital^ qui m*a tpujours finappé le plus, dans ma longue étude du peuple, c'est que, parmi les désordres de Tabandon, les vices de la misère, j'y trouvais une richesse de sentiment et une bonté de cœur, très^-rares dans les classes riches. Tout le monde, au reste, a pu l'observer; à l'époque du choléra, qui a adopté les enfants orphelins? les pauvres.
I La faculté du dévouement, la puissance du sacrifice, c'est, je l'avoue, ma mesure pour classer les hommes. Celui qui l'a au plus haut degré, est plus près de rbérojsme. Les supériorités de l'esprit, qui résultent en partie de la culture, ne peuvent jamais entrer en bal^tnce avec cette faculté souveraine.