FRAYEUR DE LA BOURGEOISIE
le garde , elle s'arrange pour vivre sans agir, sans penser *.
Ce qui caractérisait Tancienne bourgeoisie , ce qui manque à la nouvelle, c'est surtout la sécurité.
Celle des deux derniers siècles, fortement assise sur la base de fortunes dé^à anciennes, sur des charges de robe et de finance qui comptaient pour propriétés, sur le monopole des corporations marchandes, etc., se croyait tout aussi ferme en France que le Roi. Son ridicule fut Torgueil, la gauche imitation des grands. Cet effort pour monter plus haut qu'on ne le peut, se traduit par l'emphase, la bouffissure qui marque la plupart des monuments du XVII® siècle.
Le ridicule de la nouvelle bourgeoisie, c'est le contraste de ses précédents militaires, et de cette peur actuelle qu'elle ne cache nullement , qu'elle exprime à tout propos avec une naïveté singulière.
^ Je connais, prés de Paris, une ville assez considérable, oè l^on compte quelques centaines de propriétaires ou rentiers de 4000, 6000 livres de rente ou un peu plus, qui ne songent nullement à aller au-delà, qui ne font rien, ne lisent rien, 'ni livres, ni Journaux ( presque ), ne s*intéressent à rien, ne se voient point, ne se réunissent Jamais, se connaissent à peine. L'entraînement de la Bourse ne se fait sentir là aucunement, mais malheureusement plus bas, parmi les pauvres ëco> nomes des villes, et Jusque dans les campagnes, où le paysan n'a pas même un Journal qui puisse l'éclairer sur le guet-apens.