‹ Le peupleChapitre 85 sur 188 · J36 UNE CLASSE PEU NATURELLE · texte numérisé non relu

J36 UNE CLASSE PEU NATURELLE

nion ; c'est à leur suite et sous leur inspiration, que les économistes ont étudié ce qu'ils appelaient le peuple ; pour eux, le peuple, c'est surtout l'ouvrier, et très-spécialement l'ouvrier des manufactures. Cette façon de parler qui ne serait pas impropre en Angleterre, où la population industrielle fait les deux tiers du tout, l'est singulièrement en France, dans une grande nation agricole, où l'ouvrier ne fait pas la sixième partie de la population*. C'est une classe nombreuse, mais, enfin, une petite minorité. Ceux qui y vont chercher leurs modèles n'ont pas droit d'écrire au bas que c'est là le portrait du peuple.

Examinez bien ces foules spirituelles et corrompues de nos grandes villes qui occupent tant l'observateur, écoutez leur langage, recueillez leurs saillies, souvent heureuses, vous découvrirez une chose que personne n'a remarquée encore, c'est que ces gens qui parfois ne savent pas lire, n'en sontpas moins à leur manière des esprits trèscultivés.

Les hommes qui vivent ensemble, et se touchent toujours, se développent nécessairement au simple contact, et comme par l'effet de 1 a

1 Et sur ce siiléme, l'ouvrier desmanufactares fail une partie minime.

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