SAGESSE ET GRANDE EXPÉRIENCE
d beaucoup de réflexion intérieure, et une prescience singulière des choses naturelles. Il juge du ciel, et parfois de la terre, mieux qu'un augure de l'antiquité.
Sous Tapparence d'une vie toute physique et végétative, ces gens-là smigent, rêvent, et ce qui est rêve chez le jeune homme, devient chez le vieillard réflexion et sagesse. Nous autres, nous avons tous les secours qui peuvent provoquer, soutenir, et fixer la méditation. Mais, d'autre part, plus mêlés à la vie, aux plaisirs, aux vaines conversations, nous pouvons rarement réfléchir, et le voulons encore moins. L'homme du peuple au contraire trouve souvent dans la nature de son travail une solitude obligée. Isolé par la culture des champs, isolé par les métiers bruyants qui créent dans la foule même une solitude, il faut, s'il ne veut périr d'ennui, qu'en lui l'âme se tourne vers elle-même, qu'elle converse avec Tâme.
Les femmes du peuple particulièrement, obligées bien plus que les autres d'être la providence de la famille, celle de leur mari même , forcées tous les jours d'employer avec lui infiniment d'adresse et de vertueuses ruses, atteignent parfois à la longue un degré étonnant de maturité. J'en ai vu qui, vers la Qn de l'âge, ayant conservé, à
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travers tant de rudes é(H*euveSi les meilleurs instincts, s'étant toujours cultivées par la réflexion,élevées par le progrès naturel d'une vie dévouée et pure, n'étaient plus du tout de leur classe, ni, JQ crois, d'aucune, mais vraiment siipérieurei» à toutes. Elles étaient. extraordinakement pru^ dentea, pénétrantes » idans les matières même sur lesquelles vous ne leur auriez supposé aucune expérience« Elles Toy aient d'une vue si nette dans les probabilités, qu'on leur aurait cm volontiers un esprit de divination. Nulle part. Je n'ai rpn-contré une telle association de deux choses qu'oi^ croit ordinairement très-distinctes ëi mêpie op-? posées , la sages'se du monde et l'esprit de Dieu: