VULGARITÉ DES ENRICHIS
liser les obstacles, autrement insurmontables, que rencontrait l'égalité nouvelle. Mais ce changement n'en a pas moins eu pour résultat d'empreindre l'art, la littérature, toutes choses d'une grande vulgarité. Les gens aisés, même les riches, s'accommodent à merveille de choses médiocres, à bas prix ; vous rencontrez dans telle maison de grand luxe des objets communs, laids et vils ; on veut l'art, au rabais. La chose qui fait la vraie noMesse, la puissance du sacrifice, est celle qui fait défaut à l'enrichi; elle lui manque dans l'art, autant que dans la politique. Il ne sait rien sacrifier, même dans son intérêt réel. Cette infirmité morale le suit dans ses jouissances même, et dans ses vanités, les rend vulgaires, mesquines.
Cette classe de toutes classes, ce mélange bâtard qui s'est fait si vite, et qui faiblit déjà, sera-t-il productif? j'en doute. Le mulet est stérile.
Un peuple qui, comparé aux peuples militaires (France, Pologne, etc.), me parait être le peuple éminemment bourgeois, l'Anglais, peut nous éclairer sur les chances futures de la bourgeoisie. Nul autre au monde n'a eu plus de changements de classes, et nul n'a mis plus d'adresse à déguiser en lords l'enrichi, le fils du marchand. Ceux-ci, qui.
ISS EFFORT DES ANOLAIS POUR Y ÉGHAPPËR.
aux deux derniers siëeles ont renouvelé toute la noblesse anglaise, ont<su une attention singulière à conserver, avec les noms et les armes, les manair$ vénérables, les meublas, les collections hé-^ réditaires ; ils ont été juaqu'à copier, de manières et de caractères,, les familles antiques dont ils occupaient Je feyer. Avec un oi^ueil soutenu, ils cmt, dans l'atjitude, d^ns le parler, dan6 louté chose de forme, représenté, joué, ces vieux barons. Eh bien ! qû^ont-ils produit avec tout ce travail, cet art de, conserver la tradition, de fabri(|uer du vieux ? U^ ont &it une noblesse séneuse, qui a beaucoup d'esprit de suite/ maia, au fonds, d6 peu de ressources^ de peu d'invention politique» nullement digne des grapdes eircon&itànc6«i dans lesquelles se trouve et se trouvera l'empire Britannique. Où est^ je vous prie, l'Angieterre de Sbakspeare,. de Bacon? La bourgeoisie (déguisée» anoblie, peu m'importe), a dominé depuis Croiûwell; la puissance, la riçfaeèse, ont augmenté incalculableqient; la moyenne de cultuiie s'est élevée, mais en même temps, je ne sms quelle triste égalité s'est étab(ie entre les gentlemen^ Mtm res* semblance universelle des honimeâ et des choses. Vous distinguer à peine dans leur élégante écriture une lettre d'une lettre, pi dam leuirs villes, une