‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 2)Chapitre 105 sur 108 · TR0TEN · texte numérisé non relu

TR0TEN

ses douze filles ^ L'hymne à Vcous célèbre l'amour de la déesse pour Anchise , et avec renlèvemont de Gaoymède, celui de Tithon par l'Aurore, qui a de lui Memnon, et qui, en obtenant pour Tithon, de Jupiter, l'immortalité, oublia de demander réternelle jeunesse.

Les poètes postérieurs à Homère ajoutent peu de choses à son histoire d'Ilîon. Selon Arctinus, Dardanus a reçu de Jupiter le Palladium, qu*on tint caché à Troie et qui ne tomba pas aux mains des Grecs*. Hésiode garde un profond et étrange silence sur la race de Dardanus ; il ne fait mention que d*Enée et de Tithon.

L'historien Hellanicus donne à Dardanus pour mère, Electryo, fille d'Atlas, qui demeurait en Samothrace; pour frère Jasion ou Hétion, qui fut foudroyé pour une insulte faite à la statue de Gérés, et pour sœur. Harmonie, l'épouse de Gadmus. Suivant le même auteur, Dardanus, après avoir émigré de Samothrace en Troade , y épouse Batea ou Atea, la même qu'Arisbé, fille du Cretois Teucer ; Tithon fut changé en cigale ; et Hercule, lors de la prise de Troie, donna Hésione a son allié Télamon. Dans son combat contre le monstre, le fils d'Alcmène était entré par la gueule dans son ventre et lui avait percé les entrailles *.

Dans la Bibliothèque d'Apollodore*, qui résume les mythes que les Grecs possédaient sur Troie, nous trouvons : les épouses des héros connus d'Homère; un voyage d'Ilus en Phrygie où il reçoit, pour prix de sa victoire aux jeux qui venaient d'être établis, cinquante jeunes garçons et cinquante jeunes filles, avec une vache qui, d'après l'oracle, s'arrêterait au lieu où il

« //. VI, 2i3 et 8uiv.

* Homère de Dabner, p. 599.

» Fragm, HUt Gr. t. I, p. 61-65.

devrait fonder une ville, et qui se coucha vers la colline d'Até (d'Âttis?) ; enfin, l'exposition de Paris sur l'Ida, où il fut nourri par une ourse.

Pour nous orienter au milieu des fables troyennes, distinguons d'abord les deux villes d'ilion : celle de Laomédon, qui fut détruite par Hercule, et celle de Priam. La première, qui nous rappelle la Sipyle de Tantale, la Byblos de Saturne, de Dagon et d'Atlas, la Memphis de Menés, la Sipparis et la Laranque des dix patriarches chaldéens, doit être le reflet en miniature du monde antédiluvien. La seconde seule a réellement existé dans les plaines de la Troade. Ces deux cités se sont d'ailleurs confondues, soit dans l'esprit des Troyens, soit dans celui des Grecs , leurs vainqueurs, et les origines de la Troie historique sont devenues celles de la Troie mythique.

La Troade, peuplée d'abord par des Berbyces qui étaient Thracesou Phrygiens, fut civilisée par des étrangers que les Grecs disaient être des Pélasges d'Arcadie conduits par Dardanus , tandis que tout nous porte ù croire que les fondateurs d'ilion et de son royaume sont des Sémites, Assyriens ou Lydiens ^ Il parait d'ailleurs que plusieurs colonies phéniciennes ou pélasges sont venues s'établir dans cette contrée. La plus célèbre de ces colonies a été celle du Cretois Teucer.

1® Sont décidément sémitiques :

Ilus, qui est El, Elohim, et que nous savons être le dieu suprême des Phéniciens (127).

Assaracus, qui est le Nisroc, le dieu-aigle des Assyriens (P. I, 223). Chez les Lydiens comme chez les

< Platon (Lois^ III) fait de Troie une ville qui dépendait de l'empire d'Assyrie fondé par Ninos.

tROYENS. 5Î5

Etnisques» abac a le sens d'at^/e, à'épervier^. Les mêmes Etrusques et les Scandinaves disent as pour Dieu , et »AZ en hébreu est synonyme d'EL, le Fort. Assaracus est le frère de Ganymède , et Ganymède a été enlevé par le dieu suprême métamorphosé en aigle. Vaigle de Zeus n'est que la traduction d*Asarac.

Kapys a le même sens qu'ARAC en lydien et en étrusque*.

Je vois dans Gany-mëde un Cannac. Cannac est Hénoc déplorant la corruption de- son siècle : Ganymède est Hénoc» chéri de Dieu et enlevé au ciel dans la fleur de l'âge. Les Grecs auront cru reconnaître dans Hénoc leur verbe ganu-mt, se réjouir, et ils auront ajouté au mot étranger celui de medès, dont le sens est équivoque. Le plus saint des patriarches séthites. est devenu, dans rimagi nation corrompue des Phrygiens et des Grecs, l'amant du Dieu suprême et le génie protecteur d'une passion infâme. L'esprit mythique de l'Antiquité s'est rarement montré à ce point naïvement immoral, et j'abandonnerais le premier cette explication de Ganymède si je ne retrouvais pas dans sa fable la même confusion d'Hénoc et de Noe que nous venons de voir chez les Phrygiens et que nous avons déjà trouvée en Chaldée. Le Deucalion de la Ghaliée, Xisuthrus, a été ravi aux cieux comme Hénoc (76), et Ganymède, qu'Hégésianax identifie avec Deucalion ', est le Verseau dont l'urne épanche sur la terre les eaux du déluge. Le patriarche qui avait le premier prédit le cataclysme, s'est confondu avec celui qui Tavait annoncé le dernier et qui en avait été lui-même le témoin.

« JabloDski, dans Dennis, VilUt et tombeaux de VEtrurie, 1852» p. XIX (en allemand).

* Idem.

* BygÎD, p. attron. II, 29.

Le symbole des eaux, c'est le cheval (P. î, 500), et après le déluge Dieu a donné la vigne a rbomme : Jupiter a consolé le père de Ganymède en lui donnant des coursiers extraordinaires et la vigne.

Le mythe d'Hésione et d'Hercule est la répétition du mythe diluvien d'Andromède et de Persée (P. Il, 210), et provient sans doute, comme llus, de quelque colonie phénicienne.

La vache qui marque à llus remplacement de sa ville, est la même qui avait rendu le même service à Voriental Cadmus. C'est la déesse phénicienne de la Terre , Astarté.

Les deux fois cinquante jeunes gens qu'Ilus reçoit pour prix de sa victoire, et les cinquante fils de Laomédon nous prouvent que les Troyens aussi connaissaient la semaine (482/ «.

2^» Sont japhétiques le mythe d'Erichthonius et celui des murs de Troie bâtis par Apollon et Neptune.

Si Assaracus est un dieu assyrien qui semble s'être égaré sur les bords de la mer Egée, Erichthonius est un roi d'Athènes qu'on est fort étonné de voir figurer dans la généalogie des Assaracus, des llus et des Gapys. Sa naissance, d'après les mythes pélasges de FAttique, est toute pareille à celle du phrygien Agdcstis, et comme les Phrygiens sont japhétites aussi bien que les Grecs, nous croyons devoir détacher des mythes sémiticotroyens celui des cavales d'Erichthonius.

• Sont encore sémitiques : le mythe de Tithon-cigale (P. H, 161); — Celui de Memnon (id. 129); — Diodas, Hercule des Troyens, des Cappadociens et des Phéniciens (d'après le Syncèlle, Dindorf, t. I, p. 32 i); — Tros, de rhëbreu tharaz, é re frme, dur, et tbikzah, rouvre, chêne (comme Ilion, d*iluset d'iLEX) ; — le contemporain de Tros (diaprés Tzetzès et Eustaihe) , Asius, mage, qui porte le nom du petit-fils de Mancs, et qui fabrique une statue de bois (le paUmdium), de la possession de laquelle dépend le sort de Troie.

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