‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 2)Chapitre 106 sur 108 · TROYENS · texte numérisé non relu

TROYENS

Les douze poulains issus de ces cavales et de Borée, 'et qui effleurent le sommet des épis sans les briser, ou qui, sur le large dos des mers, rasent la surface des ondes blanchissantes, ce sont les vents qui soufflent avec force pendant Tannée entière ; chacun des douze mois a le sien. Les trois mille cavales représentent ces légers mouvements de l'atmosphère qui se font sentir jusque dans les jours les plus calmes, et qui ne sont pas de vrais vents, mais qui les produisent.

Mais pourquoi les vents sont-ils le troupeau d'Erichthonius?

Ce personnage est censé, comme Agdestis, être né de la pluie qui a mis fin au fléau antédiluvien du feu (P. II, 140). Nous avons vu les Ariens faire de cette pluie la première qui ait arrosé la terre, et dater même de cette grande crise tellurique nos mers actuelles (364). Ne nous seraii-il pas permis de supposer qu'en Troade Jes frères des Ariens fixaient à cette même époque Forigine des vents violents qui tourmentent et refroidissent sans relâche l'atmosphère?

Toutefois ce mythe pourrait se rapporter au déluge; car Erichthonius embrasse dans sa vie la majeure partie des temps primitifs. Le coiïre dans lequel il fut enfermé à sa naissance est celui d'Osiris ou l'arche de Noë; car la vue de ce coffl*e rend furieuses les deux sœurs de Pandrose, qui l'avaient ouvert malgré la défense de Minerve, et cette fureur est un des traits les plus constants des mythes diluviens de la Phrygie, comme nous venons de le voir en traitant d'Attis et de Gybèle.

Le coffre d'Erichthonius a Athènes est tout pareil à celui que Dardanus avait reçu de Jupiter, et qui contenait la statue de Bacchus iEsymnète qu'Eurypyle ne put voir sans en devenir furieux '.

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