OGYGIE
Ogygie, qu'Homère place au point central (à Tombilic) de la mer *, est par son nom même une terre diluvienne, Ogygès étant le Noë des Béotiens et Tépoux de Thébé=rArche.
Calypso, qui seule habite cette île déserte, a pour père le malfaisant Atlas, qui avec son frère Prométhée représente Thumanité antédiluvienne.
Dans l'hymne homérique à Cérès, Proserpine nomme Calypso parmi les compagnes qui cueillaient avec elle des fleurs au moment où elle fut entraînée vivante aux enfers par Pluton (ou le déluge).
Son nom signifie la Cachée, sans doute parce qu'elle vit loin du commerce des hommes et des dieux au milieu d'une mer immense.
Dans une grotte charmante d'où jaillissent quatre sources, elle passe ses journées à travailler à une toile avec une navette d'or et en chantant. A ses chants (P. 1, 369), à sa navette (P. I, 366), à sa grotte (P. I, 448), nous reconnaissons en elle une grande déesse de la nature, qu'adoraient les Allophylesi, et qui sera descendue dans les mythes des Hellènes au rang d'une simple nymphe. Elle est rusée comme les Sirènes (P. I, 370), et elle aurait pu donner l'immortalité à Ulysse comme l'Aurore à Tithon, ou comme Isis au fils de la reine de Byblos.
Ulysse était resté si longtemps absent qu'on avait cru qu'il avait retrouvé dans les mers de l'Occident l'île diluvienne ou ogygienne. Par ce héros grec nous entendons le fils de Javan , Ëlisa et sa race , qui ont exploré avant les temps historiques les contrées occidentales que les Allophyles avaient déjà peuplées de leurs Grandes Mères.
* Od. I, 55 sq.; V, 57 sq.; VII, 245.
150 ÂLLOPHYLES DE LIBYE.
Dans Homère, Ulysse n'a point d'enfant de Calypso, si même il a été son amant. Les deux fils que leur donne Hésiode, sont déjà une altération du mythe primitif. Le héros de l'humanité postdiluvienne n'a rien de commun avec la déesse du premier monde ; il ne peut qu'errer sur le rivage de l'île diluvienne, soupirant après les hommes de sa race.