‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 2)Chapitre 44 sur 108 · I. Paradis · texte numérisé non relu

I. Paradis

Vhonime au-dessous du ciel, c'est première origine, « Si vous ne l'oubliez jamais, ditlçChoue-wen,vous vivrez content et vous mourrez en paix. » Voilà l'état originel d'obéissance à Dieu et d'innocence*.

L'humanité a commencé par un seul être : Xhomine et le chiffre un signifient chef, père commun,

' Bssai sur les lettres, p. xxix.

* Les hiéroglyphes cités dans le texte sont la plupart empruntés à la célèbre dissertation du P. Cibot , dans les tomes VUI et IX des Mémoires concernant les Chinois.

HIÉROGLYPHES. i83

Le signe d*ordonner ou montrer placé sur deux arbres^ c*est exciter au bien et détourner du mal.

L'un de ces deux arbres, celui dont il était défendu de manger sous peine de mort, se reconnaît aisément dans le caractère formé des trois signes d'arbre, de ciel et de ruine ou péché. Mais pour les Chinois, ce caractère désigne un fruit inconnu (P. Il, 22).

IL Chute.

Un arbre, deux images d'/iomme et, au-dessus, une tête de démon : caractère que les Lettrés chinois n'expliquent pas.

Une fille ou femme entre deux arbres, a la signification de convoiter,

La femme, et le dragon qui est le signe du ciel ou de Dieu, c'est être sourd *, sourd de cette surdité spirituelle dont Eve s'est la première rendue coupable en fermant l'oreille et le cœur à la voix divine de sa conscience.

La femm>e avec le signe de se cacher et mourir, c'est perdre, cau^ser la ruine,

La première femme a frappé l'humanité d'un coup funeste en vraie ennemie : la femme avec le signe du coup, c'est ennemi *,

La femme par sa chute a été la cause de la malédiction de la terre ; la terre maudite a produit des plantes vénéneuses, et l'agriculture avec ses fatigues est une suite de cette même malédiction (P. II, 56 sq). Le signe de mère a le sens à la fois de mère et de poison, comme si la mère par excellence, Eve, était la source de tout

* Piper, p. 91. — Ciel sur ccnir, c'est honte, parce que, selon Tchang-tsien, • on a toujours à rougir de sa négligence à le servir, h Cibot, p. 308.

* Piper, p. 83.

ce qu'il y a de venins mortels dans le monde moral et dans le monde physique. Le poison de raigutllon des insectes ou des scorpions s'écrit avec les deux signes de mère^ et de soc de charrue : que le soc soit comparé à un aiguillon, cela se conçoit à la rigueur; mais sons la chute d'Eve, que ferait ici le signe de mère *?

Les Chinois rapportaient à la femme et à sa chute jusqu'aux éclipses du soleil et de la lune ; car ils étaient convaincus que ces phénomènes n'auraient point eu lieu si l'homme n'avait point péché, et qu'ils sont en rapport avec la corruption des peuples (P. I, 468). Aussi le caractère d'éclipsé est-il formé de femme et de m^anger (de l'arbre défendu) *.

Cependant, le protévangile transforme aux yeux d'Adam la femme, source de mort, en une source de vie et de salut : car c'est d'elle que naîtra le vainqueur du serpent. Le même contraste s'offre à nous dans les hiéroglyphes historiques de la Chine. Ce même être qu'on semble ne pouvoir assez humilier, assez injurier, se trouve être subitement comblée d'éloges. Femme et esprit (l'Esprit de Dieu qui la renouvelle, ou qui la rendra mère), c'est bonheur^ et on lit quelque part que « la femme est la portion de la création la plus divine ^. »

IIL La grande Sécheresse.

Nous n'avons trouvé dans les hiéroglyphes aucune trace distincte de la sécheresse de Gen. Nous ne ferons ici que noter les symboles suivants :

Comme Méduse (P. 11, 140), po est à la fois une femme

' Piper, p. 106 sq.

s Chi-King, p. 284. Piper, p. 83.

s Racine. 38 sous le signe MiAO. Le texte ajoute : et la plus enchanteresse; commentaire profane d'un texte sacré. Piper, p. 83, 84.

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