‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 2)Chapitre 64 sur 108 · cî^-SiS · texte numérisé non relu

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De ces onze dynasties, la première que nous avons expliquée déjà, contient les traditions relatives aux premiers patriarches, les plus accréditées, les plus célèbres et les plus répandues en Egypte.

Les cinq dernières dynasties sont à peu près vides : on n'y lit que deux noms de rois.

La sixième attire notre attention par le nom de Nitocris qui la clôt. Nous l'isolerons de celle d'Eléphantine à laquelle elle fait suite, et la relierons à la quatrième et à la troisième, ainsi qu'à la septième et à la huitième, parce qu'elles portent, toutes cinq, le titre de dynasties de Memphis. Elles nous offriront l'histoire du monde antédiluvien d'après les traditions spéciales de la Basse- Egypte.

Celles de la Haute-Egypte doivent se trouver dans les deux dynasties d'Eléphantine et de This.

Traditions de Memphis, — Nous avons vu les huit premiers rois de Manéthon ou sa première dynastie correspondi*e aux sept premiers d'Eratosthène.

Prenons les six derniers rois memphites de Manéthon ; comparons-les aux quatre rois d'Eratosthène qui précèdent Nitocris, et nous ne pourrons douter que ces deux écrivains ne nous aient transmis sous deux formes différentes la même tradition.

Manéthon, , Eratosthène.

Othoès, a régné 30 ans. = Mosthés, a régné 33 ans.

Phios, » 53 » =: Pammès, > 35 > Méthousouphis , » 7 >

Phiops, » 100 * =Apappus, » 100 »

Menthésouphis . » 1 > = Sévéchès, » 1 >

Nitocris, > 12 » = Nitocris, » 6 »

Les derniers et les premiers anneaux des deux chai-

nés étant de iaéme valeur, il ne se petit <|Ue tèâ aMealâil intermédiaires ne soient pas aussi semblables.

Manéthon. ErcUosthène.

Néchérophès 28

Tosorthrus 29

Tyreis 7 = Skœchus 6

Mésochris 17 = Gosochmiès 30

Mares. 26

Soyphis 16 = Anouphis 20

Tosertasis 19 = Sîrius 18

Achès 42\

f^^rf^ M= Chnoubus 22

Kerphérès 261

Sons 29)

Ratoisès 25 = Rauoiis 13

Bichéris 22 = Biyrès 10

Séberchérès 7

Thamphthis 9

La liste de Manéthon est la plus riche. Mais c'est une richesse qui trompe : ici, comme plus haut pour Gain, le même personnage fi^re sans doute sous trois ou quatre noms différents, qui étaient dans l'origine de simples épithètes.

Sons Néchérophèsv < les Libyens se révoltèrent contre les Egyptiens ; mais la Lune, ayant cru d'une manière extraordinaire, leur inspira une telle frayeur qu'ils rentrèrent d'eux-mêmes dans l'obéissance. > Dépouillons ce court récit de son masque local. La révolte des Libyens doit s'entendre, comme le meurtre du frère de Nitocris, de quelque fait très-important du monde antédiluvien. La grande rébellion de ces siècles primitifs est celle de Gain et de sa race contre le Dieu d'Adam et des Séthites; Le retour des insurgés à l'obéissance est la conversion des Gaïnites au temps de Méthusçaël. Leur

frayeur est causée par un de ces prodiges qui s'étaient multipliés sous Sémempsès=Enos, et qui ont marqué les temps de la sécheresse qui força Gen=Caïn à invoquer le Soleil. > Or, le mythe des Gorgones nous révélera de quelle indicible terreur l'homme fut saisi dans ce temps-là à la vue de la lune qui apparaissait immense et sanglante dans l'air chargé de vapeurs.

t Tosorthrus est l'Esculape égyptien ; il a en outre découvert la taille des pierres, et il s'est aussi occupé avec soin de l'écriture. » Ces deux lignes s'expliquent, mots après mots, par Sanchoniathon. L'Esculape phénicien a mis par écrit les inventions de Taaut=Seth ; il est Cabire ou Gaïnite, et contemporain de Chrysor=Tubalcaïn ; et c'est de son temps que date le grand perfectionnement de l'architecture. Tosorthrus est le Seth égyptien de la race de Gain ; il s'est approprié l'art de la médecine et celui de l'écriture, qu'avait inventés longtemps avant lui le vrai Seth, et il y a sgouté celui de la taille des pierres.

Tyreis a régné sept ans. Je proposerais de lire Tobéis, et nous aurions ainsi Toobes, le vengeur, d'Eratosthène, avec la durée du règne de son fils, Skœchus.

Au lieu de Mésochris, lisons Mésochmis, et nous aurons le Peuple (mesch) de if/i«m=Pan, en face de Gosochmiès, V Adorateur de Kheniy ou Méthusçaël.

Après Souphis=Ânouphis, l'homme débauché, vient Tosertasis qu'aux années de son règne nous devons croire le même personnage que Sirius.

Ici doit arriver Tubalcaïn=Ghnoubus=:Tomaêphtha, l'homme aux instruments tranchants. Or, Âchès signifie h4iche (ares), sefe dans Séphouris, glaive, faux, et Soris, le Destructeur (SCHOR, assiéger, désoler, détruire), — Peut-être Thamphthys est-il un Tomaëphtha déplacé.

Nous n'avons rien à dire de Ratoisès, de Bichéris, de Séberchérès, et nous arrivons ainsi à Othoès, qui t fut mis à mort par ses propres gardes. > Mais ce n'est pas là tout ce que la tradition savait de lui. Nous le retrouverons sous sa vraie forme à Héracléopolis.

Phios est le grand chef, pe , apb {h tête) , comme Pammès.

Méthousouchis (au lieu de Méthousouphis) est (d'après une étymologie mi^émitîque, mi-copte, qu'il est permis de tenter) rkomme de Souchi ou Sévec, le dieu diluvien qui a sauvé Ménas=Noê et qui a succédé à Horus.

Phiops est Âpappus qui a régné cent ans (moins une heure), ou mille ans moins trente et un ans. Mais pourquoi est-il monté sur le trône à six ans ? Serait-ce peutêtre parce qu'il est né, d'après la chronologie de la Genèse, en l'an du monde six cent et tant?

Son successeur, dont le règne n'est que d'un an, et qui se nomme dans Eratosthène l'homme de Sévec et de Sokari ou du dieu qui, par le déluge, a précipité les hommes dans l'empire des morts, porte dans Manéthon un nom qui dit plus clairement la même chose : Âmenthésouchis (pour Menthésouphis) , l'homme des enfers ou de l'Amentbès, et de Sevec=Souchis.

Pour mettre la clef à la voûte de nos explications, Manéthon place après ce roi tout diluvien la déesse victorieuse, Nitocris, qui, d'après Hérodote, a noyé les Egyptiens.

Mais au delà de Nitocris que trouverons-nous? Une septième dynastie qui a duré soixante-4ix jours. Le chiffre sept marquant la perfection, cette dynastie, qui est une des croix des Egyptologues, signifie par ses deux sept, qu'eUe boucle et parachève l'histoire du monde primitif, et le génie symbolique du peuple du Nil a substi-

tué à Tannée du déluge le nombre mystique de 7X10 jours.

La huitième dynastie, qui est encore memphite, et qui a duré cent quarante-six ans, comprend peut-être le temps qui s'est écoulé du déluge à la grande dispersion des peuples.

Puis nous nous trouvons transportés à Thèbes, dans ta vifle de Tarche, où régnent seize princes, après lesquels vient Mîtsrée=Myrtée=Amménémès, par qui finit le premier livre de Manéthon et qui commence enfin l'histoire égyptienne. — Ces seize princes thébains sont probablement les personnages antédiluviens d'après une tradition de Thèbes un peu moins riche que celle que nous a conservée Ëratosthène.

Nous croyons avoir solidement établi :

lo Que les dynasties I«, nï«* IV« VI« Vil» et Vlir de Manéthon correspondent aux vingt-trois premiers rois et an trente- deuxième d'Ëratosthène.

2° Que ces deux séries parallèles de soi-disant rois égyptiens est un résumé très-succint et assez correct de l'histoire du monde primitif depuis Ménès=:Adam et Athothis=Seth à Nitocris et à Mitsrée.

Passons à la tradition d^Héracléopolis» Il existait deux villes de ce nom : l'une surnommée la Grande au sud de Memphis, l'autre, la Petite, près de Péluse. Peu nous importe à laquelle des deux cités se rapportent les quelques lignes de Manéthon.

Deux dynasties, l'une de quatre rois et de 409 ans, l'autre de dix-neuf rois et de 185 ans.

De ces vingt-trois rois, Manéthon en nomme un seul, qui est le premier : Ochthoês, dont il dit t qu'il fut le plus cruel des rois qui avaient vécu jusqu'alors ; qu'il accabla de maux l'Egypte tout entière ; qne la démence

enfin s'empara de lui, et qu'il fut tué par uu crocodile. > Ce tyran est la personnification des Néphilim. Le crocodile qui le tue, est celui d'Âmenthésouchis, de Menas et de Ménès=Manou=Noé. Par son nom, il est identique avec rOthoës=Mosthès de Memphis qui fut massacré par ses propres gardes, et comme Ëratosthène, d'après notre correction, ajoute au nom de Soikounius celui d^Othoès, tyran, et que le dernier des rois d'Elépbantine est un Onnus, nous avons cette longue équation : Soik Oumus=Onnus=OchUioès=Othoès= Mosthès , laquelle unit en un même faisceau toutes nos histoires égyptiennes du monde antédiluvien.

Les trois successeurs anonymes d'Ocbtoës pourraient bien être Phius, Âpappus et Amenthésouchis. Les dixneuf rois de la dynastie suivante seraient ainsi des postdiluviens. Us ont régné cent quatre-vingt-cinq ans. Mais dans la tradition de Memphis, la première dynastie postdiluvienne (la huitième de Manéthon) a duré cent quarante^six ans, sous dix-neuf (ou 9 ou 5 ou 27) rois. L'une n'est probablement que la variante de l'autre.

Cependant la tradition d'Héracléopolis soulève plusieurs questions qui ne sont point sans intérêt.

Pourquoi Ochthoés, étant un roi antédiluvien, n'a-tilpas été placé avant Nitoeris? Parce qu'on avait oublié la signification primitive d'Ochthoès, ou parce que la première dynastie d'Héracléopolis ne devait pas être séparée de la seconde, et que la seconde, étant poistdiluvienne, ne devait à aucun prix être placée avant le règne de Neith vengeresse.

Quand les autres traditions remontent à Gain ou à Adam, pourquoi celle d'Héracléopolis ne commence-telle que quatre règnes avant le déluge? Parce que cette ville était consacrée à Hercule =Chon=Sev= Se vec, et que Sévec ou Souchis, comme nous venons de le voir,

3iO ÉGYPTIENS.

était le dieu qui avait tout spécialement régné sur les temps diluviens. L'ère diluvienne du cataclysme est celle de Sévec, et la dynastie de la ville de Sévec ou d'Hercule, ne devait donc pas remonter plus haut que cette ère.

Mais pourquoi la dynastie qui a suivi le déluge, porte-telle encore le nom de ce dieu ? Parce que ce dieu, qui est Saturne = Baal = Moloc, n'a jamais été adoré avec plus de crainte que précisément dans ce temps-là, Sanchoniathon nous l'a appris : c'est alors qu'ont commencé les sacrifices humains en l'honneur du Dieu du déluge dont on voulait à tout prix désarmer la juste et terrible colère.

Cette double dynastie d'Héracléopolis ne jette7t-elle pas quelque lumière sur l'histoire de l'humanité; ainsi que sur les autres traditions de l'Egypte? et ne reconnaîtra-t-on pas le tact avec lequel elle a été placée entre les dynasties de Memphis et celles de Thèbes, entre Nitocris et Amménémès, et sur les confins des deux mondes qu'elle unit et sépare à la fois?

Tradition d'Eléphantine, — Une dynastie et neuf rois.

Nous avons dit plus haut que ces neuf rois correspondaient aux huit d'Eratosthène (24 — Si ) qui séparent Myrtée=Mitsraïm d'Amménémès=Mitsraïm.

Manéthon, Eratosthène.

Ouserchérès. 1 Tosimarès.

Séphrès. S Séthinilus.

Népherchérés. 3 Semphoucratès.

Sisirès (a régné 7 ans) = 4 Chouter (a régné 7 ans).

5 Meures.

Chérès. = 6 Tomaëphtha.

Rathourès = 8 Pétéathyrès.

Menchérès.

Tanchérès (TatchérèsLepsius) Onnus. = 7 Soik Ounius.

L'identité de ces deux listes résulte à première vue : i^ de ce que le quatrième roi, dans Tune et l'autre, a régné le même nombre d'années. 2" De ce que le sixième d'une part, Rathourès, et le huitième de l'autre, Pétéathyrès, ont étymologiquement le même sens. 3" De ce que le dernier et l'avant-demier s'appellent tous deux Onnus ou le Guerrier Onnius.

Je ne sais ce que signifie le mot d'Ouserchérès qui doit être l'Adam d'Eléphantine.

Séphrès serait-il unSeth-rès, un Seth-inilus?

Après Népherchérès vient Sisirès, l'homme haut, grande superbe -(ssisi, jise) qui, par ses sept ans de règne, est le même que Chouter, le tyran, que Tyreis, que Skœchus, et qui est un représentant de Gain ou des Cainites dont la vie, d'après Hésiode, avait été considérablement abrégée par leurs crimes.

Chérès doit être le Tubalcaïn d'Eléphantine, et en effet CHER, c'est battre, frapper, et ghera, le soc de la charrue est un des instruments (ghoresgh) fabriqués par le fils deLémec *.

L'homme d'Hathor=Vénus résume fort bien l'ère de Nahéma ou des séduisantes filles des hommes.

L'ère des Néphilim est représentée par les trois noms suivants*, ou du moins par Onnus qui est le tyran belliqueux Ounius dans Eratosthène.

Onnus, le dernier roi d'Eléphantine, est le même

> On me dira que Chérès doit avoir le même sens qne dans Tatchérès, Menchérès. Népherchérès et Ouserchérès. Mais cela est impossible, car Tatchérès sîgififie établi (taj) par (ke, hhe) le soleil (ré), et les trois antres noms qui ont la même désinence sont certainement formés d*un participe et de ke re ; mais jamais homme ne sera appelé ke re sans verbe qni précède.

« Tanchérès viendrait-il de tenhhbo, qui signifie fouler aux pieds, briser, écraser?

312 É6VPTIBN6.

qu'Ochthoès qui, dans ManétbOD, est censéiiri succéder, et la tradition des frontières de la Nubie se complète par les rois diluviens de celle de Memphis.

Tradition de This. — Une dynastie et neuf rois.

Cette tradition de la plus ancienne ville du NU offre un, intérêt tout particulier. Malheureusement Ëratosthène ne nous l'a point conservée, et nous n'avons nul moyen de contrôler, de rectifier, d'expliquer la liste de Manéthon.

Le premier roi est Boêthos ou Bocbos (de boj, fracture, fissure) c sous qui se forma près de Bubaste uh gouffre où beaucoup de gens périrent. » Est-ce encore un des prodiges qui ont accompagné sous Sémempsès et sous Néchérophès le grand fléau du feu ? ,

c Sous Kseéchos ou Kéchous ou Cbous, oa mit au rang des dieux le bœuf Apis à Memphis, le bœuf Mnévis à Héliopolis et le bouc de Mendès. > Ces deux boeufs nous rappellent Maébaès Vami du taureau, et Ghoutei\ taureau ; Mnévis , le roi Mnévis avec qui ce^^a la ne simple des premiers hommes. Ma|s nous savons que Mnévis, Ghouter et Maébaès sont Caïn. €ain=Gen en Phénicie a le premier adoré le vrai DiejU sous une image visible, et c'est pareillement Kéchous qui passe eo Egypte pour avoir introduit le culte ^ymboliqu^ de la divinité. Cette soi-disant réforgie prouvait chez celui qui l'avait faite, un grand aveuglement, et en copte on dit pour aveuglement, ténèbres, keke, d'où Kéchous.

Binothris, < sous qui les femmes ont été admises aux honneurs de la royauté, » personnifierait assez bien l'ère de Nahéma= Pandore.

Tlas et Séthénès, qi^i sont-jls? Tlasae ;^eraijtril poipt Atlas =Idris=HénQc? SétJiiénès qui est sate, fondement, base, ne descend-il point de Seth qui a le même sensv?

njixénm. 318

Chœrès dst te Chérès d'Elëphantine , le Gbrysès, le Glmoubus et le Tomaéphtha d'Eratosthène, TAchès et le Séphouris de Memphis, le Ghrysor des Phéniciens, Tubalcaïn. •

« Son» NépherchéFès, le Nil a coulé mêlé de miel pendant onze jours. » Le miel est, avec les abeilles, un symbole universel et primitif de la renaissance du monde dans la grande crise diluvienne (P. II, 22i sq.)- Les jours ont été substitués aux mois qu'a duré le cataclysme , parce qu'il eut été absurde de dire que le Nil avait pendant onze mois roulé du miel dans ses flots.

Népherchérès serait ainsi le roi diluvien dans la plus ancienne tradition , et le symbole du miel , qui n'a rien que d'orthodoxe , aurait plus tard fait place au mythe idolâtre qui attribuait à Neith, à Nitocris, la destruction du premier monde par le cataclysme et la renaissance de la nature.

Le successeur de Népherchérès va nous apprendre si notre inteiprétation est fondée. 11 nous faut un roi post* diluvien, et nous avons un Sésochris qui ét^t un homme de cinq coudées et trois palmes. Mais nous lisons dans le même Manéthon que le troisième roi de la douzième dynastie, Sésostns, était haut de quatre coudées trois palmes et deux doigts, et Sésostris est l'arrière-petit-fils d'Âmménémès=Mitsraïm. Reconnaissons donc dans le Sésochris de la tradition de This le fameux Sésostris qui a régné à Thèbes, et c qui venait immédiatement après Osiris dans l'estime des Egyptiens. '

Je ne sais quel roi historique se cache sous le nom du dernier des Thinites, Chénérès.

De tqutas les interprétation» ^osiiUes du premier livre de Manéthon, la seule qu'oui A'jeùl f)«>iDt encore T. ni. H

31 i ÉGYPTIENS.

tentée, est celle que lious venons d'exposer, et qui consiste donc à chercher dans les onze premières dynasties des Pharaons une histoire multiple du monde primitif. *

Si nous croyons cette interprétation la plus plausible, c'est :

1° Qu'elle explique Mànéthon et Eratosthène l'un par l'autre, sans leur faire la moindre violence. Nous avons accepté sans y rien changer les dynasties de l'un, les étymologies de l'autre ; nous avons déplacé à peine un ou deux rois ; et si nous avons proposé quelques corrections aux textes des manuscrits grecs, nous sommes bien loin de nous être permis autant de liberté que tel de nos prédécesseurs. Puis , les cinquante et un rois que Manéthon nomme dans son premier livre , se trouvent être les cinquante-deux descendants anonymes de Menés dans Diodore, tandis que Nitocris d'Hérodote explique fort bien celle de Manéthon et d'Ëratosthène. Les quatre écrivains grecs sont, en un mot, pleinement d'accord sur l'histoire primitive de l'humanité.

!2" Les traditions égyptiennes reproduisent avec une grande exactitude les principaux traits de cette histoire. Elles commencent à Menés, et il faut, nous le répétons, fermer les yeux à l'évidence pour ne pas reconnaître dans Menés le Manou=Manès=Manndes peuples indoceltiques. Elles finissent à Nitocris et au déluge, à Myrtée = Mitsraïm. Entre ces points extrêmes sont Atet= Seth , Chry ses = Chry sor = Tubalcaïn , Othoès= Onnus=les Néphilim, ainsi que plusieurs personn»ges dont nous croyons avoir établi quelque peu solidement la valeur historique. D'ailleurs chacune des traditions égyptiennes nous a fourni ces noms de rois dans l'ordre où nous les aurions nous même rangés pour les faire concorder avec la Genèse,

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