‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 2)Chapitre 65 sur 108 · RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ

3^^ D*après notre interprétation , les faits historiques et les symboles qui se lisent dans le premier livre de Manéthon, s'expliquent par les traditions correspondantes des autres peuples païens : la ville de Ko est la ville chinoise de Kio ; la mortalité et les prodiges des temps d'Ouénéphès, de Sémempsès, de Bochus, de Néchérophès, sont ceux des temps de Gen ; Tosorthrus est le même que TEsculape phénicien, etc. Ainsi l'Egypte ne garde plus un silence obstiné sur l'histoire du premier monde, et sa chronologie redevient celle de tous les autres pays de la terre.

4« Notre interprétation se confirme par les monuments égyptiens, dont aucun n'a été construit par quelque roi des onze premières dynasties. Le seul de ces rois dont on prétend avoir retrouvé le nom inscrit sur la pierre est Phiops=Âpappus. Mais M. Lesueur nous dit qu'on ne saurait affirmer que ce cartouche soit un nom propre, parce qu'il n'est jamais immédiatement précédé des titres royaux ; et le Phiops des monuments appartiendrait a la treizième dynastie et non à la sixièmei. Ce mot signifie d'ailleurs simplement le Chef ou le Grand, et cette épithète peut avoir été donnée à vingt Pharaons. Au reste, on lirait sur les parois des temples ou sur les listes tous les noms des rois de Memphis, ou d'Eléphantine , ou de This, qui, dans Manéthon, ont vécu avant Nitocris, qu'on ne serait nullement en droit d'en conclure à leur indigénat égyptien : ce fait prouverait seulement que sur les bords du Nil comme en Chine, comme partout ailleurs, on plaçait en tète de l'histoire nationale celle du monde primitif, et que l'on faisait remonter la série des souverains à Adam. C'est ce qui se voit entre autres dans le Papyrus de Turin^

« Chronologie, p. 229, 266.

OÙ les règnes des dieux aboutissent à Menés et à son successeur Atet^ C'est ainsi encore que la nécropole de Memphis offre les noms des trois personnages thinites, Caeéchos (kcho), Séthénès (snt) et Ghaerès (ghrr)*, et que dans la plaine des pyramides on a découvert, assure-t-on, des cartouches de tous les soi-disant rois d'Eléphantine.

5<^ Nous avons dit que Ton ne connaissait aucun monument construit par un des cinquante premiers rois de Manéthon, sauf toutefois les pyramides, où Ion a lu très-distinctement les noms de Souphis ou Chéops , et de Menchérès ou Mycérinus. Mais ces rois sont précisément ceux qu'Hérodote fait vivre au milieu des temps historiques, qui abondent en monuments de toute espèce , et les pyramides , par cela même qu'elles font seules exception au silence de mort que gardent les onze premières dynasties, attestent elles-mêmes qu'Hérodote et Diodore ont raison contre Manéthon et Eratosthène, que Philitis n'est point un antédiluvien, et que Chéops, Chéphren et Mycérinus doivent garder leurs places dans la liste des vrais rois de l'Egypte, soit avant, soit après les Rhamsessides. Ajoutons que, d'après M. Lesueur, le Canon hiératique , dans la partie relative aux cinq premières dynasties, ne contient point les noms inscrits dans les pyramides et les tombeaux environnants ', ce qui semble indiquer que ce Canon aura

*■ D'après la restauration de ce Papyrus par Lepsius, les noms des plus anciens rois sont tout à fait différents de ceux du premier livre de Manéthon. M. de Bunsen suppose des dynasties locales antérieures à Menés. J'y verrais plutôt une tradition d'iiéracléopolis sur le monde antédiluvien, le nom de Sevecotph s'y répétant à profnsion, et Sévec étant Hercule.

* Lesueur, Chronologie^ p. 270.

3 Id. p. 369.

.fiÈBmâ. 817

été altéré plus tard par Tintercalation des trois rois en question.

Nous pensons donc que MM. Champollion, Rosellini et Wilkinson ont eu raison de laisser tout le premier livre de Manéthon en dehors de leurs recherches , et que les efforts des égyptologues allemands pour faire deiMénès Théritier des petits princes qui se partageaient l'Egypte , le premier des Pharaons et le fondateur de V Ancien Royaume y viendront échouer contre Menés = Adam, Atet=Seth et Nitocris=le Déluge.

Pour rendre mieux sensible le singulier contraste que le second livre de Manéthon fait avec le premier, nous résumerons ici le plus brièvement possible le travail de M. Lepsius sur la douzième dynastie. Elle est pour nous la première de l'histoire indigène, et aussi les monuments répândent-ils en quelque sorte par torrents la lumière sur cette page de Manéthon ainsi que sur les rois correspondants de la liste d'Eratosthène.

Eratosthèite. Haitéthoit.

Oniièmê dynastie,

Amménémès I . . 26 ans. Amménémès I . . 16 ans.

Sésonchosis ... 46 ans.

Amménémès II . , 23 ans. Amménémès II . . 38 ans.

Sésortosis 55 ans. Sésostris 48 ans.

Le fameux con(][uéraDt; inférieur au seul Osins. (Confondu avec le vrai Sésostris de la 18« dynastie.)

Lacharès 8 ans.

Le labyrinthe.

Marès 43 ans. Amérès 8 ans.

Amménémès III .. 8 ans.

Scémîophris .... 4 ans.

sa sœur.

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liem mommients.

Amenhémès seul, 9 ans ; avec Sésortîsen I, 7 ans, =16. Peu de monuments : près de Memphis, dans le Fayoum , entre Qéneh et Qoser , dans la basse et dans la haute Egypte.

Sésortîsen I seul, 35 ans ; avec Amenhémès, 4 = 39 ans. Dix-huit monuments, entre autres Tobélisque d'Héliopolis , encore existant. Fonde le temple de Karnak, consacré à Amoun, dieu local de Thèbes. Le plus antique et le plus beau tombeau de Bénihassan. Inscription de lui à Tanis; une autre à Wady Halfa, où il est question de ses guerres con-r tre les Nègres.

Amenhémès II seul, 28 ans; avec Sésortîsen II, 10 = 38 ans. Vingt-six monuments. Guerres contre ses voisins du Sud.

Sésortisen II seul, ^ ans. Six monuments. Roi peu célèbre. La sixième année de son règne arrive en Egypte. une famille de bergers sémitiques, qui est représentée dans un tombeau de Bénihassan.

Sésortisen III, 38 ans. Six monuments. Soumet l'Ethiopie jusqu'à Semneh ; adoré en Basse-Nubie comme dieu local.

Amenhémès III seul, 41 ans; avec Amenhémès IV, 1 an, = 42 ans. Le plus célèbre de la dernière dynastie. Quarante-cinq inscriptions. A jeté les fondements du labyrinthe et s'y est construit une pyramide pour tombeau. Dirige un bras du Nil dans le lac de Fayoum et y retient les eaux par une digue colossale. Rend "la canalisation si régulière que le Nil, en montant de huit pieds seulement, fertilisait tout le pays; fait noter chaque année, à Semneh, la hauteur du Nil.

Amenhémès IV, 18 ans. Aucune inscription.

Ra Sévecnéfrou.

320 ÉGYPTJBNS.

On voit que la liste de Manéthon est plus complète que celle d'Eratosthène, que celui-ci , toutefois, donne la vraie durée du règne d'Amenhémès III=Marès=Moeris, et que ces deux écrivains qui, jusqu'à Amenbémès, nous donnaient des noms de rois qui ne se lisent à peu près nulle part, se trouvent subitement confirmés à chaque ligne (à certaines erreurs près) par de très-nombreuses inscriptions. M. Lepsius a compté, de la seule douzième dynastie, cent inscriptions portant la date du règne, et beaucoup d'autres sans date.

Mais ce berger sémitique dont on a immortalisé la descente en Egypte par des bas-reliefs qui subsistent encore, serait-il peut-être Abraham, qui, d'après Justin, passait en Orient pour avoir été le quatrième ttiofiarque syrien 1? Comparons les généalogies ëes Arphacsîées avec les huit pretniers PhâraoîïS.

Sera (Gam.)

Arphacsad Bynée=iMitei*àïm, à This.

Sçélah. ( Ses fils deviennent les chefs

Héber. de peuplades, Pathrusim,

Péleg. LéhBbmi, Ladim, etc., qui

Dispersion des peuples. fondent des oolonies le long

Réhu. du Nil, etc.) Sérug.

Nacor Amenhémès I.

père à 29 ans de Sèsôrtisea I.

pèreW ans de amenhémès H.

Abraham* Sésortisen II.

Amenhémès III.

etc.

* Lepsius voit dans ce berger an précnrsear des Hycsos ; brugsch, une dépatatioD d'une tribu sémitique qui apporte aux Pharaons son tribut. Le nom du chef est Abscha. (Brugsch, Voyage, p. 98.)

* Le syDchronisme d'Abraham et de Sésortisen II est fort incertain. Il n'en est pas de même de celui de MôtBe et de Sélostfiè. Moïse, âgé de 40 ans, tue un Egyptien; il s'enfuit chez.ttt HadiaMH», ei H

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