CHRONOLOGIE
A toute notre interprétation des traditions égyptiennes on opposera le soin avec lequel Eratosthène et Manéthon ont indiqué la durée de tous les règnes aussi bien avant Nitocris que depuis.
Nous répondrons que Manéthon et Eratosthène ne sont point toujours d'accord ; que le premier et le Papyrus de Turin connaissent avec une minutieuse exactitude le nombre d'années qu'a régné chaque dieu avant Menés; que dans ses deux derniers livres, Manéthon est fréquemment convaincu de graves erreurs par les monuments, et que sa chronologie depuis Sésonchosis= Sisac et Roboam ne concorde pas davantage avec celle des Livres des Rois dans l'Ancien Testament. Nous rappellerons d'ailleurs que les prêtres égyptiens avaient lu
y reste longtemps, c'est-à-dire 40 ans jusqu'à la mort du roi d'Egypte^ qui ne lai avait point pardonné son meurtre et sa fuite (Exode II, 23) . Ce roi avait donc régné au moins 40 ans. Chacun le cherche dans la i8e ou la t9« dynastie de Manéthon. J*y vois, en profitant des rectifications de M. de Bunsen, un seul rogne de plus de 40 ans, celui du fameux Sésostris, qui a tenu le sceptre 66 ans. Ce serait donc lui, ce plus puissant, ce plus belliqueux des Pharaons , qm a tenu pendant si longtemps les Juifs sous une si rude servitude !
Ce qui confirme à nos yeux ce fait, c'est que Sésostris a précisément pour fils et pour successeur ce Phéron d'Hérodote, en qui nous avions reconnu celui dont Tarmée a péri dans la mer Rouge.
Ces lignes étaient écrites depuis longtemps lorsqu'à paru, dans les Annales de philosophie chrétienne, octobre 1855, un article de M. de Rongé sur Véttit actuel des découvertes faites en Egypte, où la date de Moïse est pareillement fixée par les 40 années qu'il a passées chez les Madianites et par les 68 ans du règne de Sésostris.
Ce synchronisme est certainement le point fixe d'où il faut partir pour établir, en montant et en descendant, l'accord entre l'ancienne histoire de l'Egypte et celle des Hébreux.
Au reste, je crois qu'il faut négliger et efiacer les dynasties sans noms de Manéthon.
L*étttde persévérante des monuments prouvera certainement que
Za EGTPfIDIS.
à Hârodote, dans leurs annales, les noms de trois cent trente rois, qui régoèrent de Menés à Moeris (et Mœris vivait 900 ans avant Thistorien greci; que d'après Diodore le nombre des rois indigènes est de quatre cent soiiKante et quinze ; que Manéthon en compte cinq cent sept ; que la liste d'Eratosthène ne portait au contraire que quatre-vingt-onze noms; qu'on en a déchiffré cent dix-neuf sur les fragments du Papyrus de Turin, et que la table de Karnak et celle d'Âbydos viennent augmenter l'embarras du savant en lui présentant nombi^ de noms qui ne se retrouvent nulle part ailleurs.
A nos yeux, la chronologie égyptienne des onze premières dynasties ne vaut ni plus ni moins que celle de Bérose avec ses 43^,000 ans d'Adam à Noé, et ses 34,080 ans de Noé au temps d'Abraham, ou que celle des Chinois, qui savent au juste combien d'années ont
la table d*Abydos a raison en donnant pour successear immédiat au dernier roi (thébain) de la 12« dynastie, le 1«^ roi (thébsdn) de la 18«, et que les 1 180, 1490 on 1590 ans qne Manéthon intercale entre ces deux dynasties, se réduisent (si les Hycsos ne sont pas one fable) anz 4 on 6 rois bergers qui ont régné sur la basse Egypte et n'ont point interrompu la série des Pharaons de Thèbes. Pour moi, je vois Mit8raun=Myrtée s'établir à This au temps (de Busiris) où Ton sacrifiait des hommes au dieu diluvien Osiris. Puis les Pathrosim, issus de Mitsraïm , fondent Thèbes (sous Busiris II), et une autre peuplade, mi-camite, mi-sémite', celle d'Uchoreus et des Hycsos, se fixe à Memphis, où elle élève les pyramides. Les Amenhémès et les Sésortisen, dont l'un est le Mœris d'Hérodote, jettent les bases de l'empire des Pharaons, qui s'élève rapidement, sous les Ramsessides, au comble de sa grandeur. Bientôt la décadence se manifeste : un Ethiopien, Actisanès, s'empare du sud; des Chétites (Cétée, Protée, etc.) font la conquête du nord. Avec Rbampsinite finissent les derniers beaux temps de l'antique Egypte. L'Egypte se relève soos Sésac, sous Bocchoris, mais pour retomber bientôt sous le joug des Ethiopiens (Sabacon, Tarhaca). Avec Psammétique conuneDce la seconde et tardive fleur de l'Egypte.