‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 2)Chapitre 76 sur 108 · CRÉATION DE L*HOMME · texte numérisé non relu

CRÉATION DE L*HOMME

tant témoignage contre l'unité de la race humaine et contre la tradition juive! Mais dans le Zend-Avesta, les Ariens, les Touraniens et les Hélamites ont pour aïeux trois fUs de Féridoun, qui lui-même descend de Meschia ; et Frévak=Noé fut, comme Japhèt, père ou grand père des quinze peuples qui ont peuplé les sept Keschvars (continents), c'est-à-dire la terre entière. Meschia est ainsi la souche de toutes les nations connues des Bactriens. Qui sont donc les neuf autres espèces d'hommes sorties de Kajomorts? « Ce sont, dans le Sind, les hommes à une oreille et à un pied ; dans le désert les hommes à queue, etc. * » Les Bactriens, ou plutôt les Persans, ainsi que les Grecs et lesBomains, que les Arabes mahométans, que les Hindous, que les Chinois, que toute l'Europe chrétienne, ont cru à l'existence de races humaines monstrueuses, qu'on reléguait dans les contrées inconnues. Et comme ces races différaient tout à fait de la nôtre, il était très-naturel de leur donner à chacune leur propre Adam. Mais comme elles n'ont jamais existé que dans l'imagination des peuples ignorants et crédules, leurs Adams s'évanouissent comme de vaines ombres, et il ne reste plus que Meschia=Adam, père unique de l'humanité tout entière.

La création de l'homme, qui, dans la Genèse, est immédiatement suivie du repos du septième jour, est pour le mazdéien , au contraire, le signal du grand combat qu'Ahriman engage avec Ormuzd. Auparavant, le dieu du mal, à la vue des Esprits et des cieux resplendissants de lumière qu'Ormuzd avait créés pendant les trois premiers mille ans, s'était borné à produire, de son côté, les Dews, sans oser commencer la bataille, c II avait attendu pour le faire, le temps où deux hommes,

* BD. p. 380.

OÙ un homme et une femme s'uniraient, et, terrassé par la puissante parole d'Ormuzd, abattu et lié, il était resté dans Tinaction pendant trois mille ans encore, qu'Ormuzd avait passés à créer les êtres organiques *.» Les six mille ans cosmogoniques écoulés, < Ahriman fit le compte de ses Dews, et transporté de joie , il s'élança de rabattement où il était plongé, et se jeta sur le Taureau d'abord, puis sur Kajomorts*. »

C'est alors aussi sans doute que < sautant du ciel sur la terre, sous la forme d'une couleuvre, il alla sur les arbres, qui prirent une peau (raboteuse) et des épines, et dont plusieurs devinrent vénéneux. Lui qui s'est mêlé à tout ce qui existe, s'est mêlé beaucoup plus aux arbres, car le mal qu'ils font est au-dessus de tous les autres maux par le poison qu'ils renferment, et qui donne la mort à l'homme et à l'animal qui en mange'.» On peut sans doute dire que les Bactriens, faisant d'Ahriman l'auteur de tout mal, ont imaginé que la terre d'Ormuzd, avant d'avoir été souillée par Ahriman, ne produisait point de végétaux vénéneux ni épineux. Mais il est permis aussi de voir dans ce passage du Zend-Avesta un souvenir de ces temps où Satan n'avait pas encore séduit Adam, et où la terre ne se couvrait point encore de ronces et de chardom , c'est-à-dire n'avait point encore de déserts arides (HS. 97, 100) *.

^ Id. 351 . — Il y a dans la doctrine mazdeïenne une contradiction inconciliable entre la tradition véridique des six jours cosmogoniques et les mythes du Taureau et de Kajomorts. C'est pendant les trois derniers mille ans qu*Ormuzd crée les plantes, les animaux et l'honmie, et cependant ce n'est qu'après cette période qu* Ahriman tue le Taureau d'où sont sortis tous ces êtres.

s BD. 403.

*> Id. 403.

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