‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 2)Chapitre 78 sur 108 · ZA. 1,368. 412; II · texte numérisé non relu

ZA. 1,368. 412; II

C'est lui surtout qui sème dans les cœurs les doutes criminels, les mauvais discours, les passions déréglées. 11 parcourt le monde en y portant la mauvaise foi et s'y faisant adorer à la place d'Ormuzd.

Quand Ahriman est assez puissant pour créer de toutes pièces une partie considérable du règne animal , et Ormuzd assez faible pour ne pouvoir tuer les êtres que produit l'Adversaire ; quand celui-ci ne cesse jamais de vouloir et de faire le mal, et qu'il le fait par ses Dews invisibles, par les éléments, par les plantes et les animaux, par ses inspirations criminelles, on comprend que le Zend-Avesta ne fasse pas la moindre allusion au sabbat de Dieu et à celui de l'homme. La lutte d'Ormuzd et du mazdeïen contre les puissances multiples des ténèbres dure sans trêve ni relâche. La terre est le t séjour d'une crainte » perpétuelle, et le» grandes fatigues d'Ormuzd datent de la création de l'homme.

Cependant le Bactrien se souvenait du paradis et d'un temps où Ahriman n'avait aucune puissance sur l'homme, sur le premier homme.

Nous ne chercherons pas dans le Zend-Avesta la tradition de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, que Dieu lui-même avait fait croître dans le jardin d'Héden. Si Ormuzd avait créé l'arbre, l'arbre aurait été entièrement bon ; Ahriman l'aurait fait entièrement mauvais. Toutefois, nous en retrouverons bientôt les fruits dans l'histoire de la chute de Meschia. Mais l'arbre de vie, l'arbre mystique auquel la vie éternelle était sacramentellement unie (P. Il, 22), occupe une large place dans les traditions et les croyances des Ariens. « Auprès de l'arbre qui est le germe de tous les autres, Ormuzd a mis l'arbre Gogard pour éloigner le mal de la vieillesse, et pour que par lui le monde soit dans l'abondance. » Cet arbre Gogard est le même que le Hom ou Haoma, « qui

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éloigne la mort, qui est une source de vie, qui donne, à qui le mange avec pureté, les biens de ce monde, la sainteté et le paradis (Béhetsch), qui, à la résurrection, fera revivre les morts, les bienheureux*. »

Les quatre fleuves d'Héden n'ont laissé qu'une seule et incertaine trace de leur existence dans le Zend-Avesta.

Nous y lisons que tous les fleuves descendent de la source unique d'Ardouisour, qui est sur TAlbordj, et que sur cette montagne, vrai paradis, il n'y a ni nuit obscure, ni vent froid, ni chaleur, ni mort, ni aucun mal *. Ces paroles ne peuvent-elles point être envisagées comme un confus souvenir des récits que nos premiers parents faisaient à leurs descendants, du Pai*adis et de ses hautes montagnes (de l'Albordj), ainsi que du fleuve unique qui l'arrosait (l'Ardouisour), et qui se divisait en plusieurs fleuves qui circulaient sur toute la surface de la terre (alors connue) ?

Les Ariens avaient certainement conservé le souvenir du pays d'Héden. On dirait même qu'en arrivant de Sennaar, sous la conduite de Madaï , ils avaient cru retrouver l'Héden dans la Médie, en particulier dans la contrée de Rages. En effet , le letsch de Behram fait mention d'un pays nommé Héderiy qui est, d'après Anquetil ', l'Aderbidjan, province de la Médie. — Le Boundéhesch fait naître Zoroastre à Héedeneschj et la tradition postérieure, à Urmia. Héedenesch est inconnu ; mais Urmia est situé dans l'Aderbidjan. — Plus à l'est est la ville de Raghès ou Ray, dont le nom, d'après de Bohlen, désigne le paradis dans toutes les langues de cette portion de l'Asie et jusqu'en russe. — Ray, Ragan était

• ZA I, 107 110. II, 150. — liD. 362. 384. 385. 399.

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