ZA. U, 165. 206. 213. 243. — BD
s Mémoires de l'Académie d^s Belles-Lettres , t. XXXi, p. 371.
situé en Télassar, d'après le livre de Judith, et le Télassar comptait au nombre de ses villes, d'après Esaïe, un HédenK — Or ce pays d'Héden et de Ray est, nous le verrons plus bas, la patrie de Féridoun, qui est le père d'Irets ou des Ariens. Madaï, le vrai Irets, aura donc fixé ses tentes dans ces riches et belles plaines, qui lui auront semblé un nouveau séjour de délices, et ce nom d'Héden, qui est tout à la fois japhétique et sémitique, prouverait que la grande famille des Mèdes ou des Ariens n'avait point oublié quel avait été le berceau de l'humanité.
Les Ariens savaient que le Paradis, que l'Albordj*, avait existé, existait encore à leur ouest, en Arménie. C'est ce que prouvent certains passages du Boundéhesch , qui disent que l'Albordj aboutit d'une part au Caucase, et de l'autre à des monts appartenant au bassin de l'Euphrate. En outre , les Bactriens supposaient que les âmes, après leur mort, se rendaient toutes vers l'ouest (P. II, 321 sq.), où elles devaient passer au-dessus de la mer Caspienne par le pont Tchinévad. Les justes le traversaient sans crainte et arrivaient ainsi sur l'Albordj. Cette montagne doit donc être le Caucase, ou plutôt les monts de l'Arménie, où la Genèse place le Paradis. Ajoutons que les seules contrées de l'Asie où vive encore le nom d'Albordj sont précisément celles dont l'Arménie est le centre. Ainsi la plus haute cime
« ZA. I, 296.— Judith 1 , 6, et Gen. XIV, 1. Esaïe XXXVH, il 2 Rois, XVUI. H; XIX, 12. Ezéch. XXVII, 23. - Bohlen, Commentaire 9ur la Genèse (en allemand).
* L'Albordj s'appuie à l'Arzour qui est du côté d*Aronm , qu'arrose l'Euphrate à sa source (BD. 364 sq. 392), — et an Tchékaët Daëti, qui est le nom du Caucase avec son Albordj on Elbonrz, et celui de la mer Caspienne. Ânquetil admet que le Daëti est la mer Caspienne, dans sa Vie de Zoroastre^ p. 21.
CRÉATION DE l'hOMME. 34-3
du Caucase s'appelle TElburs ; le Démavend, près de Téhéran, porte le même nom, qui se retrouve près d'Hamadan , dans la chaîne du Zagrus , et ailleurs encore*.
Ce n'est pareillement qu'en plaçant TAlbordj vers l'ouest qu'on peut expliquer « les deux grands fleuves l'Arg et le Veh, qui en découlent, et qui circulent sur la surface de la terre , sur les sept Keschvars (ou continents), recueillant les dix-huit fleuves secondaires qui descendent tous aussi de cette même montagne et de la même source. L'Arg ou Orouand, qui est plus ancien que le Veh, traverse la Syrie (Sourah) d'Emèse (Amétché) , et coule (par la grande fente de l'Oronte et du Jourdain) vers l'Egypte (Mesredj ), où il prend le nom de Nil (Nev). Le Veh passe dans le Khorasan ( où il est censé se partager en deux bras , dont l'un le Gihon) reçoit le Balk, et (dont l'autre) paraît dans la terre de Sind, où il prend le nom de Kâsé, et sujette dans la mer de l'Hindostan, sous celui de Mehrâ*. » Ce Veh a une certaine ressemblance avec le Gihon de la Genèse, qui circulait dans la terre de Cusch, à Test de l'Arménie, sur les plateaux de l'Iran (HT. 93). Les Ariens , en descendant des hautes plaines de Ray et d'Héden, que n'arrose aucun grand cours d'eau, auront cru retrouver dans le large Oxus le fleuve qui, avant le déluge, arrosait les terres orientales, et le nom du Gihon qui est sans doute caché sous celui de Veh, auraTeparu au grand jour dans les temps postérieurs '.
' Ritter, t. VIll, p. 46. Ce géographe place d'ailleurs, avec Burnouf, l'Albordj, vers les sources de l'Cxus.
« BD. 361. 370. 390 sq.
* 4e pourrais citer encore; en preuve de l'Albordj arménien , le lac mythique Orouapé, qui est situé sur TAlbordj (BD. 397), et dans l'Aderbidjan (ZA. II, 202; BD. 396). — Je ne nie point, du reste, que
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Nous peusons donc être en droit de conclure des noms de Gihon et d'Héden, de TAlbordj, de TArbre de vie Homa et des fruits défendus, que les Bactriens et en général les Ariens, avaient les mêmes traditions que les Hébreux sur le Paradis. Voyons maintenant ce qu'ils ont à nous raconter de Meschia et de Meschiané.