‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 2)Chapitre 82 sur 108 · ZA. U · texte numérisé non relu

ZA. U

HOSCHENG £T THÉMOURETS. 353

les six autres espèces restèrent dans le Keschvar Kbounnérets (Tlran). Ainsi dans les sept Keschvars tous les hommes sont venus des descendants de Frévak *. >

Ces quinze couples de Frévak, les quinze fils de Ti-ko, les quinze pères des Aztèques (P. 11, 268) nous rappellent que les familles indo-celtiques, issues de Japhet, ont dû restei* unies pendant un certain temps après la dispersion universelle, car elles ont des affinités de langage, de croyances et de mœurs si extraordinaires que, pour en rendre compte, il faut admettre qu'elles ont passé ensemble Tépoque de leur premier développement.

m. HOSGHENG ET ThÉMOURETS.

Frévak et Meschia ne figurent point, chez Ferdousi, en tête de la première dynastie royale de la Perse. On y lit, après Kajomorts et avant Dschemschid, les noms de Hoscbeng et de Thémourets, dont nous avons à déterminer le sens. Nous le ferons avec le secours du Minokhired qui résume toute l'histoire de la Perse en trois pages fort remarquables. On y trouve indiqué quels services chaque prince a rendus à l'homme par ses exploits ou ses vertus, et à qui l'on doit qu'Ahriman n'ait pas réussi à rendre impossible le rétablissement final de toutes choses *.

« La Destinée ou le Temps qui s'est créé lui-même a déterminé le sort de chacun, et l'utilité dont plusieurs ont été aux créatures d'Ormuzd.

* J'ai traduit et; morceau le plu8 littéralement possible de la verbioD allemande qu'en a donnée M. Spiegel dans sa Grammnire du Parxû

€ Gaiomard (Kajomorts) a eu cette première utilité : de faire périr Azour et de livrer son propre corps à Ahriman ; cette deuxième, que les hommes et les Férouers qui forment le Frashégard, les saints, hommes et femmes, ont été créés de son corps ; et cette troisième, que les métaux ont été créés de son corps *. »

Je ne sais qui est cet Azour ou Azoura, ce démon qu*a fait périr Kajomorts (à moins qu'on n'ait attribué ù celui-ci la victoire du Fils de la femme sur le serpent). Remarquons que Kajomorts, qui a, dans la tradition, complètement éclipsé l'historique Meschia , est un personnage imaginaire.

Seth et Caïn comme Meschia = Adam manquent à notre appel.

< Le pischdadien Hoscheng a eu cette utilité (ou a rendu à l'humanité ce service) d'avoir terrassé les deux tiers des Dews du Mazandéran qui répandaient la mort dans le monde. » C'est là aussi tout ce que dit de ce héros le Zend-Avesta (dans le lescht de losch). Peut-être Hoscheng est-il Enos qui, en Chine, sous le nom de Tchouen-hio, a pareillement vaincu les Neuf Noirs et rétabli la paix et l'ordre sur la terre.

Ferdousi parle d'un combat d'Hoscheng contre un monstre qui, de la fumée qu'il vomissait, obscurcissait

1 Le Dabistan place longtemps avant Kajomorts Mahabad le père et le civilisatear de l'espèce hamaine. Celui-ci a pour successeurs treize prophètes, Abad, dont le dernier abdique pour adorer Diea dans la solitude. La corruption devient générale , la vie sauvage prend le dessus ; Jy-Affram seul consent à monter sur le trône. Le dernier des Jyaniens disparait; la confusion prévaut une seconde fois. Puis vient la dynastie des Shahiens ; enfin celle des Jessaniens. L'univers, séjour des crimes, fut livré à de nouveaux fléaux. Alors, au dernier Mahabadien succède le premier Pischadien Kajooiorts. — Ce sont de pures fables , pareilles aux dix ki des Chiiloisy et aux soixanle et douze Solimans des Arabes.

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Tair et consumait le monde. Cç monstre est Tchi-yéou, le démon de la grande sécheresse antédiluvienne (2i8). La pierre que Hoscheng avait lancée contre son ennemi frappa le rocher, et le feu en jaillit : ce fut ainsi que le monstre ne fut pas tué et que fut découvert le secret du feu. Le feu devint le dieu d'Hoscheng, et il le fut plus tard de toute la race arienne, qui faisait ainsi remonter son culte symbolique et païen aux premières origines de Thumanité.

« Thémourets, de belle stature, rendit ce service d'avoir réduit pendant trente ans le méchant et maudit Ahriman à être un portefaix *, et d'avoir produit de nouveau au grand jour les sept espèces d'arts et de sciences qu'Ahriman avait cachés. » Sous son règne (de trente ans, d'après Ferdousi), le feu Bérézéseng, qui se trouve dans la terre et dans les montagnes, et qui paraît avoir été tout spécialement vénéré des antiques Ariens, « multiplia toutes choses, dit le Boundéhesch, et envoya trois rayons pour protéger le monde. » Ferdousi et le Dabistan nomment Thémourets celui qui lie les Dews, L'amschaspand Sérosch lui avait enseigné l'art de dompter le cheval. Les Dews, inquiets de ce nouveau mode de faire la guerre, se jetèrent sur lui ; mais il triompha d'eux. Plusieurs d'entre eux achetèrent leur liberté en lui apprenant à lire et à écrire en trente langues différentes. Sous lui s'établit le culte des idoles, après une maladie épidémique. On avait érigé aux morts des statues, qui furent plus tard adorées.

Les trois ravons du feu dont le culte date de Thémourets, s'expliquent peut-être par les trois feux du sacrifice établis, d'après le Rig-Véda, par Pourouravas=Seth.

1 D'Herbelot, Jared. (Selon les Mahométans), • Jared, après avoir combatta contre Satan, le fit prisonnier, et le mena enchaîné partout où il allait, à sa suite. »

Je vois d'ailleurs dans Théinourets le représentant des temps où a fleuri la civilisation antédiluvienne, qui avait commencé sous Kajomorts, et s'était accrue sous Hoscheng. Cette histoire rappelle les pages de Sanchoniathon où Ton voit se. former successivement les différentes classes de la Société humaine. Mais les grands noms de la tradition biblique, les Tubalcaïn=Chrysor, ou les Hénoc=ldris, ne reparaissent point dans Flran.

Thémourets a pour successeur Dschemschid, qui lui ressemble beaucoup. Mais nous devons revenir sur nos pas pour examiner deux mythes relatifs aux sécheresses de Gen=Gaïn : le combat d'Ahriman et d'Ormuzd, et celui de Taschter et d'Epéoscho.

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