IV. La Sécheresse antédiluvienne
i . Combat d'Ormuzd et (TAhriman.
Le Boundéhesch seul en fait mention dans les passages suivants :
c Kajomorts a péri en prédisant qu'Ahriman, lorsque les hommes se seront multipliés, brisera la terre et fera sécher les arbres avec une eau brûlante. Ensuite Ahriman alla sur le feu , auquel il mêla de la fumée et de l'obscurité. Secondé d'un grand nombre de Dews, il s'élança contre le ciel, et les planètes furent mêlées (troublées), et toutes les créatures le furent, et chacune d'elles leïut en particulier. Après que le feu se fut élevé en tous lieux, et que pendant quatre-vingt-dix jours et nuits les Izeds célestes eurent été aux prises dans le monde avec le Mauvais Esprit et l'armée des Dews, ils le précipitèrent dans le Douzak. Il ne put plus les combattre. Le Douzak est là au milieu de la terre. Le Mau-
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vais Esprit brisa la terre et y pénétra. Il bouleversa tout dans le monde, mettant tout sens dessus dessous ; et le haut et le bas apparurent tout mêlés *. >
f Ormuzd, du ciel ferme qu'il habite, secourut le ciel qui tourne. Le ciel , comme un soldat qui a endossé sa cuirasse , se présenta à la vue d'Ahriman pour lui faire la guerre. Les Férouers des guerriers et des purs, tenant en mains la massue et la lance, se préparèrent dans cet état à secourir le ciel qui tourne, et le secoururent en effet'.»
c Tandis qu'Ahriman courait dedans (la terre), la force des montagnes, qui devait comme développer la terre, fut donnée*. »
Ces textes signifient qu'aux temps primitifs où l'humanité commençait à se multiplier, c'est-à-dire aux temps de Gain et de Méhujaél , le Prince des ténèbres tenta de faire périr les habitants de la terre, comme Ta tenté aussi le Ciel dans Sanchoniathon, et que dans ce but il troubla l'ordre des cieux, par conséquent des saisons, et consuma la terre par le feu, comme Phaéthon en Grèce, Vulcain dans l'Attique, Tata au Brésil , etc. (P. II, 133 sq.). Dans cette crise effrayante, le monde ne fut sauvé que par la puissance de Dieu , qui appela au combat toutes les intelligences célestes. Le combat dura 9 X 10 jours, chiffre du mal (P. 1, 416). L'ordre se rétablit dans la nature; mais au moment où l'on croyait Satan rejeté dans l'enfer, des révolutions géologiques , causées par des forces souterraines, infernales, bouleversèrent, brisèrent la surface de la terre, et des torrents d'une eau brûlante firent périr les arbres qui avaient échappé à la sécheresse.
1 BD. 3S5. — Haug, 43.
« Id. 358.
3 Id. 7)61 .
358 AtUENS DE LA PERS£.
Ce combat d'Âhriman et de ses De^s contre Ormuzd et les Izeds est incontestablement le même que celui de Vritra et des Asouras contre Indra, des Titans contre le Bélus assyrien, des Titans et des Géants contre Jupiter. Seulement les Persans, avec leur dualisme, ont mis en relief leur dieu du mal, qui éclipse la foule des mauvais génies, et Ormuzd est entouré , au contraire , des bons anges. Si les Israélites avaient transformé les traditions primitives en des mythes, ils auraient imaginé quelque chose d'approchant de la fiction bactrienne.
Le trait le plus extraordinaire de la légende du Boundéhesch, c'est l'apparition des chaînes de montagnes à la suite du fléau du feu.