LA SECHERESSE ANTÉDILUVIENNE
le plus grand des bienfaits , on ne pouvait faire entrer dans le culte la commémoration du déluge où cet élément avait été un instrument de malédiction.
Le lescht de Taschter contient seize chapitres ou cardé, dont les premiers sont consacrés à la louange de cet Ized de l'eau auquel on associe Satévis. C'est Taschter qui, du haut de TAlbordj, ombilic du monde, fait couler par sa parole pure, sur toute la terre, Teau des nuées et celle des rivières ; lui qui alimente l'Océan , produit sous le sol les sources toujours jaillissantes , fait pénétrer dans tous les corps les fluides ; lui qui fait renaître les plantes, les animaux et les hommes en leur rendant, après les temps de sécheresse, les eaux bienfaisantes. Or c il fut un temps où les Péris ( les Djin des Arabes ) désolaient le monde et couraient partout, et où l'astreserpent (quelque immense comète) se faisait un chemin entre la terre et le ciel. » Quelle était la cause de ces perturbations dans la nature et dans le monde invisible? Taschter va nous l'apprendre, ou plutôt nous la connaissons déjà (344) : < Si Meschia (= Adam) f m'avait adoré » (ou d'après d'autres passages parallèles, avait adoré Mithra), c lorsque le temps de la mort « serait venu pour l'homme créé pur, l'âme créée pure e et immortelle serait parvenue (sur-le-champ) au « (séjour du) bonheur. » Cependant la Divinité n'avait pas laissé Meschia et sa race sans avertissements sérieux: les progrès de la sécheresse tenaient aux hommes un langage aisé à comprendre, en leur inspirant des craintes de plus en plus vives, d'abord pour eux-mêmes, puis pour leur bétail et leurs chevaux. < Premièrement Taschter prit la forme d'un jeune homme de quinze ans, et dans l'assemblée il dit : c Que les hommes m'a-
< dorent, en purifiant leur âme et en faisant des actions
< dignes du paradis ; car c'est moi qui ai créé le peuple
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< intelligent ( et qui le fait vivre en donnant l'eau à la « terre}. » Il s'unit ensuite au corps éclatant de lumière d'un taureau et à celui d'un cheval; il fit entendre à l'assemblée les mêmes exhortations , en rappelant que c'est lui qui a créé les bestiaux et les chevaux. » Mais l'homme resta sourd et aveugle ; il ne comprit pas ce que Dieu voulait de lui en lui envoyant le fléau du feo. Alors « Taschter (le Neptune Hippios des Ariens) se rendit, transformé en un cheval (P. l, 543), sur l'OcéaD (réservoir des eaux de la i^luie qui alimentaient les sources), et bientôt accourut Epéoscho , sous la forme d'un cheval terrible. Le combat dura trois jours et trois nuits. Epéoscho eut l'avantage, Taschter s'enfuit loin de l'Océan , et (de sa retraite) , il vit (avec douleur) l'eau, diminuée et violentée, couler avec peine de TAIbordj vers l'Iran *; il vit Ormuzd, la suprême force, opprimé: il vit opprimée aussi la loi excellente, qui est la lumière des âmes; et cela, parce que Meschia n'avait pas adoré Ormuzd , comme le font les Izeds ( les Anges ) euxmêmes. »
« Si l'homme eut rendu un culte à Ormuzd , le dieu
aurait immédiatement produit en sa faveur dix
grandes eaux à passer en bateau. » Mais ce que l'homme se refusait à faire, Taschter le fit pour lui. Ce médiateur plein de miséricorde « adora Ormuzd , et aussitôt il retourna sur l'Océan. Entre midi et trois heures, il triompha d'Epéoscho, qui s'enfuit à son tour. L'eau fut délivrée du Dew. Taschter (rétablissant l'ordre dans la nature), fit passer les eaux de l'Océan, par l'action des vents, dans la bouche d'Orouapé (343), qui soupirait
* Comp. BD. p. 3^1 : « Avant que l'ennemi vint, l'Arg et le Veh coalaient avec abondance ; le Daroudj les a frappés , mais ils ont recommencé n conler (après la défaîte d'Epéoscho).»