RELIGION PRIMITIVE
Sam Je Féridoun bactrîen. Reste donc Vivanghat, Athvia et Poroschasp.
Les trois ont extrait pour le sacrifice le Hom , qu'adorait Zoroastre. Celui-ci ne veut donc, en réformant la religion de son peuple , que la ramener à sa primitive pureté. 11 revient au culte de Vivanghat comme Luther à celui de l'Eglise apostolique.
La religion de Zoroastre est celle, d'un Dieu esprit, lumière et pureté, qui ne demande point de sacrifices sanglants, et qui communique des forces divines à ses adorateurs par le sacrement du hom , c'est-à-dire par le suc de Tarbre de vie et d'immortalité , qui avait disparu en réalité avec Je paradis, mais que les Ariens prétendaient avoir retrouvé dans cette plante (P. II, 24. 412. 42i. 427). Le mazdéisme, considéré sous sa face lumineusey est un monothéisme qui prêche et donne la pureté, la sainteté, l'énergie nécessaires pour triompher du mal et de l'enfer.
Mais telle n'avait pas toujours été la religion des Ariens. On voit parmi les dews d'Ahriman un Indra i, qui est le dieu suprême des Védas. La Perse arienne a donc adoré pendant un certain temps Indra et ses frères ; elle a été polythéiste ; elle a rendu un culte aux dieux solaires.
Peut-être Indra n'était-il pas le grand dieu des Ariens de l'Iran comme il l'a été de ceux de l'Indus. Peut-être les premiers plaçaient-ils au-dessus d'Indra un Kéwan= Zohak=Satume=Moloc, à qui ils immolaient des victimes humaines.
Ce qu'il y a de certain, c'est que le sacrifice du hom ou soma existait déjà lorsqu'une partie des Ariens s'est établie dans le Pendjab ; car le Rig-Yéda exalte le soma
• Vendidad, X, 17.
autant et plus que le Zend-Âvesta. Mais si ce sacrifice avait été une invention des adorateurs d'Indra et de Kéwan, Zoroastre l'aurait aussi peu conservé dans sa religion réformée, que Luther n'a accepté de Rome le purgatoire qu'elle avait inventé. Il faut donc que le hom ait fait partie de la religion primitive que Zoroastre voulait rétablir dans sa pureté.
Voyons maintenant quel est le sens des paroles de Zoroastre, qui nous occupent ici.
Vivanghat est un Adam idéalisé, qui a pour fils Yima= Yama, le premier homme. C'est donc au berceau même de l'humanité que remonte le culte du Dieu unique qui se communique par une cène mystique, par le hom, et ce culte, c'est la pure religion d'Adam, des Séthites, des premiers Noachides et de Melchisédec ( prêtre du Dieu Fort, distribuant le vin et le pain à Abraham*. P. II, 585).
Dschemschid, vers la fin de sa vie, devient idolâtre, et Zo^ak, qui le détrône, règne mille ans. Ce serait là le temps des sacrifices humains offerts à Kéwan, à Indra.
Puis le sacrifice du hom reparait sous Athvia et Féridoun : la nation arienne , en recouvrant son indépendance en Médie et en Bactriane, revient à ses anciennes croyances et professe un monothéisme plus ou moins altéré.
Cette religion, qui a été celle des derniers rois Pischdadiens et des Kéaniens , était tombée dans une complète décadence quand Zoroastre, au temps de Cyrus,
* Le Zend-Avesta dit des hommes de la premUre loi y des Pischdadieus , « qa'ils étaient dans le cdmmeDceinent instruits par l'oreille (et non, comme depuis Zoroastre, par layue, par la lecture d*nne loi écrite) ; que leur vie était toute pure ; qa'ils étaient entièrement soumis à la loi, n etc.
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la réforma complètement, en développant la doctrine du mal physique et moral, et en opposant Ahriman et Ormuzd (P. 1,82).
D'après cette interprétation du texte cité plus haut, ce n'est pas Zoroastre qui aurait renversé la religion polythéiste , et il aurait conservé un grand nombre des lois et des institutions en vigueur depuis Féridoun jusqu'à lui. Je crois le Zend-Avesta inexplicable sans cette hypothèse ; car on n'y voit nulle part Zoroastre foudroyer les vieux dieux, qui, au contraire, sembleraient avoir été de tout temps des dews , et nombre des lois du Vendidad supposent déjà une longue pratique des châtiment^ qu'elles^ infligent.
Les Ariens de l'Indus auront quitté l'Iran sous Zohak, après Dschemschid et avant Féridoun.