‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 3)Chapitre 104 sur 120 · I. Le Paradis · texte numérisé non relu

I. Le Paradis

Le paradis a laissé deux traces de son existence dans les souvenirs des Hindous primitifs.

Le Rig-Véda parle en quelques endroits des quatre Beuves et de fleuves célestes*. Ce chiffre pourrait être purement symbolique. Mais la tradition postérieure, plus explicite, nous enseigne que nous avons bien réellement ici les quatre fleuves d'Eden, qui se retrouvent aussi ians la mythologie chinoise (P. II, 18).

L'autre souvenir d'Eden est celui de Tarbre de la conlaissance du bien et du mal, et de la chute dont il a été l'occasion (P. Il, 22 sq.). Mais les Hindous, vrais pélajiens comme Test tout homme inconverti, l'ont transformé dans l'arbre de vie, et le péché de nos premiers [parents est devenu l'acte qui a valu à l'humanité la jcience salutaire et Ta sauvée d'une mortelle ignorance. Dans l'hymne le plus remarquable de tout le Rig-Véda,

i Kig-Véda, I, 121, et 274, notes. Comparez Sama-Véda, 30.

414 ARIENS DE l'INDE.

Dirghatamas parle d'un arbre mystique t le pippala*, dont le fruit est doux comme Tambroisie. Les esprits qui aiment la bonté viennent sur cet arbre; les dieux y produisent toutes leurs merveilles. Il est hanté par deux esprits ailés, jumeaux, dont Tun s'abstient d'en goûter, et l'autre le trouve doux et le cueille. » Le premier, dans la pensée du poète, est l'emblème ou l'aïeul des insensés qui rejettent la science du salut, tandis que le second représente le vrai sage.

11 est ailleurs question d'un « arbre de la science sacrée, appelé Patha, arbre vigoureux, puissant et fortuné, que soignent les Dévas et qui étend ses larges feuilles*. » C'est par lui que l'épouse d'Indra, qui nous paraît personnifier la prière, la foi, espère t tuer sa rivale, qui n'est point de sa race, qui est plus basse que tout ce qui est bas, » et qui ne peut être que l'irréligion.

Cependant, si les Hindous ont effacé de leur mémoire la vraie histoire de la chute, le sentiment de leur état de chute ne s'est pas éteint dans leur cœur. < Nous sommes comme des gens maudits, » s'écrie Gritsamanda. < Délivre-moi des liens du mal, ô Varouna. > — t Nos fautes ont excité ta colère, avait dit avant lui Sounabsépa. Dans nos sacrifices journaliers nous pouvons, hommes mortels, manquer à quelqu'un de nos devoirs. Nous sommes enchaînés (P. I, 276) : brise nos fers, délivre-nous de nos fautes^. > Les Hindous reconnaissent même que les péchés des pères sont pour les «nfants une source de malheurs, c Pardonne à l'iniquité pater-

* D'après ses fruits, cet arbre doit être le musa paradUiaca^ oo bananier; diaprés les synonymies des botanistes, il serait, aaoootraire, le ficus religiosa (P. II,| 440 sq.).

• RV. IV, 441.

> Id. I,3<35.497. 41-44.

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