‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 3)Chapitre 112 sur 120 · INCARNATIONS DE VICHNOU · texte numérisé non relu

INCARNATIONS DE VICHNOU

(auxquels correspondent ceux du Typhon cilicien, dans Nonnus). Chassés des cieux, ils se réfugièrent dans les déserts les plus affreux de notre globe, pour faire de là une guerre acharnée aux hommes , les tourmentant avec cruauté et se faisant adorer par eux comme des dieux.

5<* Les temps postdiluviens du déchaînement du mal physique sur la face de la terre, ont vu en même temps naître et prévaloir le culte sanglant de Saturne =Moloc = BaaI. Or en Inde, le mythe du cinquième Avatar nous offre un prince tyrannique de la race deHiranya-Kasiapa, nommé Bali ou Mahabali, qui opprimait ses sujets et refusait aux dieux (anciens) tout sacrifice et tout culte. Ces dieux craignaient qu'il ne s'emparût de leurs demeures célestes. Vichnou se présente devant lui sous la forme d'un brahmane de très-petite taille, et le prie de lui donner trois pas de terrain. Le roi y consent. Le dieu ( qui dans les Védas est un dieu solaire, et qui en trois pas traverse les cieux) , de ses trois pas embrasse le monde entier et ne laisse au tyran, humilié et repentant, que les enfers.

Mahabali est un des noms de Chiwa et signifie le Grand Baal. Mais Chiwa lui-même est un Baal=: Saturne, et ce mythe nous apprend que ce dieu sanguinaire était adoré depuis le déluge, par le peuple primitif avant la Dispersion (63), ou plus tard chez les Ariens (381). Ce culte menaçait de faire entièrement oublier celui du Soleil ou d'Indra, mais les Brahmanes mirent fin ù cette religion nouvelle en faisant prévaloir celle de Vichnou.

Incarnations de Vichnou, dieu des Ariens»

6*» Avec le sixième Avatar on passe de l'histoire de l'humanité primitive à celle de l'Inde. Parasou-Rama ou

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le dieu beau (rama) armé de la hache (parasou) , simple brahmane, détruit une race impie de Kchatriyas, etiait sortir du sein des eaux la côte de Malabar, qu'il donne aux prêtres. Quelque grande guerre, semble-t-il, aev lieu lors de rétablissement des castes et avant que le brahmanisme se soit propagé le long de la côte occideotale du Déean.

7^ Dans sa septième incarnation, Vichnou, sous la forme de Sri-Rama, pénètre les armes à la main jusqu'à Ceylan. Ses principaux auxiliaires sont les singes d'Uanouman, c'est-ù-dire les indigènes (P. II, 308), nègresou mongols, que les Ariens se refusaient à reconnaître pour leurs frères , tout en acceptant la civilisation de ces étrangers figurée par la lyre entre les mains d'Hanouman. Au reste, le peuple d'Hanouman était, aux yeux des Ariens, qui croyaient a la métempsychose, une race antique qui, dans son orgueil, avait voulu s'élaocer vers le soleil pour le dévorer. Rejetée sur la terre, elle doit y rester jusqu*au jour où son chef, qui passe pour une incarnation de Chiwa , prendra dans le ciel la place de Rrahma, qui deviendra à son tour ici-bas Uanouman.

On voit que le chiwaïsme est bien la religion des indigènes, que leur laideur provenait de quelque grand crime de leurs premiers ancêtres (pareil a celui de Cain, le Noir Vociférateur), et que les Brahmanes, conscients de la faiblesse de leurs croyances, s'attendaient ù voir leur grande divinité remplacée par Chiwa =Saturne.

S"» Le mythe de Crichna, qui est la huitième incarnation de Vichnou, doit, comme les précédents, avoir trait à un grand fait historique. Ce fait est la guerre des Kourous contre les Pandous, dont le nom se lit dans Afégastbène. Mais tout ce qui se rapporte à Crichna est plein d'obscurité. W esV4eN^u>x\^\^VS^^\\^»&CLctiotts

1NCAI\NAT1ÔNS DE YICHMOU. 487

des ik>étesy et peut-être occupe-t^I dans Tbistoire re|i«-. gîeuse de l'Inde là place que, dans celle de la Grèce, a Baeehus,. le dieu libérateur, le dieu de la joie et du bonheur. On dirait d'ailleurs que les Hindous se sont plu à accumuler sur sa tête les traditions les plus diverses. Peut-être même les Grecs de la Bactrtane et les missioa* naires chrétiens des premiers siècles de notre ère ontils, à leur insu , concouru à la formation de ce mythe complexe. Toutefois les principaux éléments en sont d'antiques traditions qui s'étaient conservées chez les Ariens (P. Il, 75).

Ainsi Grichna dansant sur la tête du serpent Calia, est un souvenir confus du protévangile que nul peuple n'avait entièrement oublié, et qui a produit en Grèce le naythe analogue d'Apollon, vainqueur de Python.

Ainsi encore, Grichna berger et Apollon Nomius sont deux branches d'un tronc commun, qui est la tradition universelle de Jubal-Jabal.

Le corps de Grichna change en un tronc de sandal qui est jeté dans le Gange, et que le fleuve entraine vers la mer qui le dépose sur la côte d'Oiissa, c'est le corps d'Osiris enfermé dans un coffre et abordant à Byblos, où une bruyère l'enveloppe dans son tronc.

Les géants contre lesquels Grichna est en guerre sont les Titans, ennemis d'Horus.

Horus et Grichna le vert (hari) sont l'un et l'autre représentés sur les genoux d'une déesse qui les allaite.

Il échappe à ses ennemis, soit dans une arche rem-^ plie de toute espèce d'animaux, soit dans le ventre d'un immense serpent créé à son intention, et dans là gueule duquel il entre avec tous ses troupeaux. Il sou* tient une montagne sur son doigt pendant un déluge. H sauve d'une inondation de la mer les fils de son prér cepteur^ qtle les ôaux avaient entraînés dans les deméUf-

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res soiiternitiies de Yama. n combat daas les flots mènes de la Ysunoona et y tue le serpent Calîa qui le poursahait*. Fictioiis qui toutes s'expliquent par la tradition oKTerseile da déluge.

Les chants des dieux à la naissance de Crichna sont ■ne des fictions Êiforites des poètes indiens , qui la reproduisent dans nombre de circonstances différentes, et n'offrent qu'une ressemblance accidentelle avec les dunits des anges à la naissance du Càrist.

Crîdina, le Noir, nom qui se lit déjà dans les Védas, n'a absolument rien de commun avec celui du Christ.

Les Yédas font un si firéquent usage de la métaphore d'un fleure trayersé à grand'peine, qu'il est inutile de recourir à la légende de Christophore pour expliquer Tordre que Crichna donna à ses parents de le transporter au delà de la Yamouna, dans la ville des pasteurs.

Le géant cruel à qui la venue de Crichna avait été prédite, et qui massacrait tous les enfants de sa sœur, rappelle tout autant Saturne qu'Hérode.

^' La i^euvièree incarnation de Yichnou sous la forme de Bouddha , a trait à la naissance du bouddhisme au sein du vichnouisme.

Incarnation avenir.

iO^ Depuis cette grande réforme religieuse U ne s'est passé en Inde nul événement assez important et assez heureux ou glorieux pour avoir donné lieu au mytbe d'une incarnation plus récente que celle de Bouddha. La dixième et dernière est encore à venir : à la fin de l'âge actuel, Yichnou apparaîtra, sur un cheval blanc ou avec une tête de cheval, et armé d'un glaive, pour consumer le monde et précipiter les méchants dans l'abîme. La destruction de l'anivers actuel par le feu est une traditioD primitive, utuNet^çW^ ^V Nc«\\a^^ ^ .>^^^j^sq.).

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