LUCIEN
linutieux accomplissement de ces prophéties bibli- \ qui n'étaient, à ses yeux, que des fraudes de pré-
i déesse Syrienne, dont nous parle Lucien, était
d'Hiérapolis et se nommait Âtergatls ou Dercéto. apolis était située à Touest de TEuphrate ; elle s'apt plus anciennement Bambyce, Mabog et Ninive. st du fleuve est Gharan, la demeure de Thérah ou é, le père d'Abraham, celui qui passe pour avoir que les premières idoles. Nous verrons dans le 5 de TEthnogonie que cette Ninive de TEuphrate est emière patrie des Lydiens, frères des Assyriens, et es Tyrrhéniens, à qui les mythes donnaient le même
qu'aux Lydiens, sont des Thérahéniens, Ajoutons le colonie lydienne de Bambice avait transporté ;alon le culte de Dercéto.
Le temple d'Hiérapolis, dit Lucien, était parmi les les les plus anciens de la Syrie et de la Phéuicie, us grand, le plus auguste et le plus sacré. On y it des statues miraculeuses (dans le genre de celles
Kircher a décrit le mécanisme dans son Œdipe) , et f arrivait en pèlerinage de Babylonie, de Gilicie, et e d'Arabie. »
idifice qui existait au temps de Lucien ou au troiî siècle de notre ère, datait des Séleucides ; le pre-
était tombé de vétusté. Mais il nous est permis ipposer que les antiques idoles avaient été conser- ; car la sainteté des statues des dieux croissait leur âge ; ou du moins les images nouvelles auront-
reproduit fidèlement le caractère traditionnel des [ues divinités.
Dne colline artificielle de huit coudées de hauie^uir ortait }e temple; on y montait par des àegcè% «ï!^
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pierre. Au devant des portes était un grand autel d'airain. Dans ritttérieur, en entrant, on voyait à gamehe le trône dn soleil, qui était vide, parce que cet astre ett une divinité visible qu'il serait inutile de reproduire sous une autre forme (P. I, 46), et plus loin une statue d'Apollon barbu et vêtu, automate qui, par ses mouvements, rendait des oracles au gré des prêtres qui le portaient sur leurs épaules. Puis venaient la statfie d'Atlas (qui est sans doute Tldris des Arabes, E?édoresch=Hénoc); celle de Mercure (dont le nom syrien était Monénus, ou Seth=Thoth=Oannès), et enfin celle d'Ilithyie. » Mais ce ne sont pas ces divinités secondaires qui appellent notre attention.
« Dans le sanctuaire, qui était un peu plus élevé que le reste du temple, et où n'entraient que les principaux d'entre les prêtres, se voyaient trois autres statues, qui étaient dorées. L'une d'elles était debout, sans forme propre, et sans autre attribut qu'une colombe sur la tête ; à sa droite était celle d'un dieu, et celle d'une déesse à sa gauche, l'une et l'autre assises. Porté par des taureaux, le dieu ne pouvait être comparé qu'à Jupiter, dont il avait les traits, les vêtements, la pose. La déesse, qui reposait sur des lions, avait les attributs d'un grand nombre de divinités : dans ses mains le sceptre de Junon et le fuseau des Parques, sur la tête les rayons d'Apollon, la couronne tourellée de Rhéa, et une pierre précieuse qui ne brille, comme la lune, que de nuit ; enfin, le ceste de la Vénus céleste. >
Le dieu est le Bélus de l'Euphrate *, le Maître et Sei' gneuf (baal) de toutes choses (P. I, 129), l'Amoun d^
* NoDDus {Dionys. xl, 676 sq.) identifie le Bélofl de rEophnte, le Zens assyrien, le Soleil de Babylone , le Satturne arabe, Aiubod
HiiiapoLis. fn
ypte dont nul n'osait prononcer le nom (id. \ài).
iérapolis, c les sacrifices jouraaliers en Thonneur de
lieu se faisaient dans un profond silence, les prêtres
chantaient point, ni ne jouaient de quelque instru-
t. Tant sa présence remplissait Tâme des mortels, de
•ect et de crainte. » Voilà le vrai théothée.
Le culte de la déesse, au contraire, était bruyant et
ux, Tair retentissait de chants qu'accompagn^aient
lûtes et les cymbales. » Cette déesse était une grande
% une personnification de la nature entière, de ses
invisibles, des astres dans les cieux, et de la terre
rhomme et les cités (P. 1, 349).
La statue du milieu était, disait-on, celle de Deu-
m ou de Sémiramis. » La colombe rappelle Tarche ;
talion est Noë ; Sémiramis est l'humanité postdilu-
ne (P. II, 588).
je signifie donc ce groupe du sanctuaire? Que dele déluge Thomme s'avance, debout, dans la vie e Dieu et la Nature qui, l'un et l'autre, sont assis, ;-à-dire immobiles, immuables (P. II, 541, attitude). iielle vive lumière se répand de ce sanctuaire d'Hiéilis sur l'histoire de l'humanité primitive, et en parlier sur les origines de cette idolâtrie qu'Eusèbe gnait du nom d'hellénisme (60 et suiv.)! Ce n'est que lis le cataclysme de Noë que les hommes ont appris douter l'Eternel, ses jugements, sa sainte colère, et sont sentis entourés de tout côté par la Divinité II, 395). Les plus pieux d'entre eux « se propont toujours l'Eternel à leur droite, » selon l'expres- ( du psalmiste ; ils vivaient en sa présence, ils cherlent en lui leur appui, leurs forces morales, leur démce. Mais garder dans son cœur le sentiment habi- Ide la proximité d'un Etre invisible est pour l'habitaul a terre un rude travail. Aussi quelqu'un desptcA.<^Ti^us