‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 3)Chapitre 61 sur 120 · RÈGNES DES DIEUX · texte numérisé non relu

RÈGNES DES DIEUX

Le monde, d'ailleurs, n'est point tout entier lumineux, bon et pur. 11 se divise en deux moitiés. L'une n'est qii*évlat et splendeur (mou) , et tous les iHres qu'elle renferme sont en quelque sorte des enfants du soleil ( lequel est le père de Mou et de Taphné). L'autre est ténébreuse ; c'est celle que le soleil (Atmou) visite pendant nos nuits, ù son coucher.

Cette opposition de l'hémisphère nocturne et de l'hémisphère diurne, ou du jour et de la nuit, et cette victoire constante de la lumière sur les ténèbres , qui ont elles aussi leur soleil , résumaient toutes les idées que les Egyptiens se faisaient du monde physique.

Mais le monde physique n'était pas tout l'univers. La création avait abouti à l'homme , et aux dieux solaires et cosmiques ont succédé les dieux de l'humanité. C'est d'abord, Sev et Nout, qui président d'une manière générale au temps dans lequel s'opère le développement de notre histoire, et au monde de la liberté. Puis vient Thoth, la Sagesse éternelle, qui veut concourir à la création d'êtres faits à son image. Après Thoth et Sev apparaissent et régnent Osiris et Isis, les divinités de l'humanité primitive. Mais le mal, la division, la guerre (Typhon, Seth), se produit en même temps que l'homme et pénètre au sein des cités (Nephthys). Le dieu sauveur (Horus) lutte contre le mal sans pouvoir l'anéantir. La sagesse (Thoth) vient en vain régner ainsi que la justice (Tmé) pour un temps sur la terre. La terre et l'homme a'en ont pas moins été détruits par le déluge (que symbolise le crocodile, attribut du grand théothée Sévec) • .

> Nous ne tentons pas Texplication de la liste, fort peu authentique , daSyncelle: Vulcaîn=Phthah, le Soleil=Ré, Âgathodémon, Saturne= Sev, Osiris et Isis, Typhon, Horus, Mars, Ânubis, Hercule, Apollon, Ammon , Tithoës , Sosus , Jupiter. — Le Manéthon d'Eusèbe place après Horus plusieurs rois anonymes, dont le dernier est Bitys. Je ne sais ce que signifie ce dernier nom.

Après Sévec devrait venir Amyrtée=Metsraïm. Mais à côté de l'histoire divine du monde primitif il y avait l'histoire humaine, et Ton intercala entre Amyrtée et le dernier des dieux, d'après le Manéthon d'Ëusèbe :

Les demi-dieux, qui ont régné . . 1255 ans.

D'autres rois 1817 » \^'^{9i

30 rois de Memphis 1790 »

10 rois de This 350 »

Les mânes et demi-dieux 5813

< M. de Bansen (V, p. 222, et déjà I, p. 102) prend au sérieux ces cinq oa six mille ans, et les place avant Menés, le fondateur de Memphis. Il obtient ainsi dix mille ans pour l'histoire de l'Egypte, et il en compte dix mille autres pour le monde primitif (IV, p. vl). C'est donner gain de cause à Dupuis et à l'incrédulité , contre la Bible et la foi ; mais c'est aussi aller à rencontre des règles de la critique. Je confesse ne pouvoir comprendre les historiens qui abandonnent la chronologie de l'Ancien Testament pour ceUe de Manéthon; car la première est d'une exactitude incontestée pour les temps récents où l'on peut la contrôler par l'histoire profane de l'Egypte, de l'Assyrie et de la Babylonie, tandis que les listes de Manéthon sont à chaque ligne contredites par les monuments dés Pharaons. Il J a donc , ce nous semble , quelque peu de crédulité à accepter les chiffres de ce prêtre égyptien quand ils se rapportent aux temps plus anciens que Menés, et qu'on est dans l'absolue impossibilité de les vérifier. Mais ce que je puis bien moins comprendre encore, c'est qu'un historien qui croit d'une foi implicite à ces 5212 ans de Manéthon, ait le cœur de traiter avec un si grand dédain les pieux et savants défenseurs de la Bible, en particulier de les accoser d'être en proie à une illusion aussi insensée que criminelle, et les supposer capables de chercher à rétablir la foi en la vérité par de nour veaux mensonges et par une plus grande effronterie (IV, ^préface, p. xvi). Je ne sais à qui s'adressent de teUes paroles, mais je doute excessivement que les ultérieures recherches de la science historique donnent gûn de cause contre la Bible à M. de Bansen, qui veut qu'il se soit écoulé 1434 ans de la famine de Jacob à l'Exode (IV, p. 440)', qui restreint à 169 ans le temps des Juges {id. p. 337), qui fait mourir Moïse la 22^ année du séjour des Hébreux au dêseii [id. p. 332), etc.

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