Amouthartaios
B. Siphthas ^schePtau, fiUiêPmàk.
B. Phouoro . . . .
B. Amun-phra-ta-ios .
ou Amunti-ma-ios. .
PHE rOR ou lARO, U FUwt.
donné par Amoun le toUH
aimé d'Amounté, l'époB»
d' Amoun.
En comparant cette liste avec celle d'Hérodote, nous retrouvons dans la première, en tête, le nom de Mén^ et vers le milieu Nitocris. Nitocris, étant la déesse du déluge, les vingt et un rois qui la précèdent doivent être des personnages antédiluviens. Ce qui confirme ce
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résultat de nos recherches, c'est que le successeur de Nitocris est Amyrtée, ou plutôt Myrtée qui, par la transposition d'une seule lettre, est Mytr, Mitsr, Mitsraïm. Toutefois, parmi les vingt-deux rois antédiluviens, nous voyons figurer, non sans étonnement, deux Saophis et un Menchérès, qui sont Chéops, Ghéphren et Mycérinus, qu'Hérodote plaçait après Sésostris. Nous les retranchons, et nous avons de Menés à Nitocris dix-sept rois. On se rappelle les dix-huit rois éthiopiens d'Hérodote que nous supposions avoir yécu avant sa Nitocris.
Cependant, au moyen des noms propres des siècles primitifs, on peut reconstruire toute une histoire. 11 ne serait donc point impossible qu'Eratosthène nous eut conservé un résumé des traditions égyptiennes sur l'histoire du monde antédiluvien. Tentons d'expliquer sa liste à ce point de vue.
Le premier roi est Ménès=Adam, le deuxième Athothès=Seth ; le douzième est un Ghnoubos, ou Orfèvre, Chrysès en grec. Mais Chrysès n'est-il point le Chrysor de Sanchoniathon qui est yulcain=Tubalcaïn, et ne sommes-nous pas sur la bonne voie?
Les sept premiers rois d'Eratosthène correspondent )ux huit de la première dynastie de Manéthon >. Nous réunirons ici ces deux sources qui se complètent trèsbien, et qui vont nous faire connaître ce que les Egyptiens savaient d'Adam, de Seth, de Gaï'n, d'Enos et du caractère des Gaïnîtes. La double tradition antédilunenne que nous allons examiner est celle qui jouissait lu plus grand crédit chez le peuple du Nil, celle qui l'était fixée et formulée au temps où les Mitsréens ha-
* Noos saivoDs pour les rois 3-7 de Manéthon les corrections et ^QCtimis fort heureuses de M. de Bunsen.
bitaient tous encore à This, celle qu'ils ont emportée avec eux dans toutes leurs colonies le long de leur fleuve. D'ailleurs, TEgypte postdiluvienne entend n'iHre que la continuation de l'Egypte d'avant le cataclysme: Ménos=Adam a vécu à This, et Memphis a été la demeure d'Athothis=Seth dans Manéthon, le lieu d'origine des géants cainites dans Eratosthène «.
Mènes, en égsptien Méua, c'est le Mauou des Indiens, le Manis des Phrygiens, le Mann des Allemands ; c'est l'homme, l'être doué d'un esprit raisonnable (manas en sansciit, mens en latin, menos en grec), ou d'après le copte, l'homme permanent, éternel, qui devait ne jamais mourir, l'.'Ëon d(»s Phéniciens.
Menés périt par un hippopotame , c'est-à-dire par Typhon : Adam est devenu mortel par le fait du vrai Ty[)hon, Satan, qui est meurtrier dès h commeneeinenl*.
Mais Osiris aussi a été déchiré et mis en pièces |)ar Typhon, et chez les peuples de l'antiquité, Adam est d'ordinaire le représentant de tout le premier monde. Ainsi Mauou, en Inde, est ù la fois Adam et Noé. Il se pourrait donc (pic l'hippopotame qui tue Mènes, fut dans un sens spécial le Typhon du déluge, le meurtrier d'Osiris dont le corps flottait dans rarche-cerciieH «iir l(^s flots du cataclysme.
Mènes serait donc la forme humaine d'Osiris, et aussi lui attribuait-on les travaux, les fondations et les gne^ res que le myth(» mettait au compte de ce dieu.
* Thcbes, dont Eratosthène nons a transmis la tradition, prétendait que les premiers tyrans, les premiers monstres, étaient des fili de sa rivale, Memphis.
« Saint Jean, Evang, VIII , 44.
Menés a pour fils et successeur Tet, Atet, Set du Pa-
Îyrti's de Turin, Athothis de Manéthon et d'Eratosthène. et, Set est Seth; le nom déjà l'indique ; le caractère et les actions le confirment. Il est né d'Hermès ou de Thot ; et la première lettre d'A-tet s'écrit avec Fibis qui est le rigne de ce dieu; il est son représentant terrestre. Si nous possédions un récit détaillé du règne d'Athothis*, àous verrions les Egyptiens rapporter à lui toutes les mêmes inventions qu'au dieu dont il portait le nom. Ifanéttion dit simplement de lui qu'il construisit des palais à Memphis et qu'il écrivit des livres sur l'anatomie, car il était médecin. Or le Seth chinois, Ghin-nong, est le médecin par excellence.
Athothis eut pour successeur Athothis II qui régna 32 ans ; c'est la durée du règne de Kenkénès, qui occupe pareillement la troisième place dans la liste de Manéthon. Ces deux Athothis qui se suivent, sans que le
premier soit le père du second, sont le même personnage sous deux aspects diflërents : le premier est Seth = ilhin-nong, médecin, le second est Seth=Chin-nong, musicien, kenken, d'après M. Seyfl*arth, signifiant lyre [nab&um).
Dans Eratosthéné, le successeur d' Athothis II est son ils Maébaès, l'ami du taureau. Manéthon a pour sixième •oi un Miébidos qui doit être ïe même qlic Maébaès. fcn quatrième r6i est Ouénéphès : ce nom est très-pro- )ablement celui que les Grecs ont rendu par Onuphis [ui était le taureau sacré d'Hermonthis, et Onuphis=Oué-
* Sons Athotlûs, dit Elien (H. an, XI, 40, d*après la correction le M. de Bimsen), l'Egypte fat prospère, et il parât une grae à deux mÎB. La grue est ici pour Tibis ; l'ibis est le symbole de Thot , et lÂouds était pour les Egyptiens à la fois dieu et homme. T. lîl. \^
-^T t-rs sr <>: ri:r .i lînsi avec Maébaès *, l'ami du taureau. Lzr:^ risirf ".ysrifrfiiès rt )Gêbidos est un roi Usaphé- •i- s c-u r>irbes. «^î f*t le nom de Tache des rochers et du r*:*rïil en o-r-^-le «x^UkBS . Ces trois rois de Manéthon v>st un s^nl et m^me personnage, qui est Chao-hao=
L'hoEise-îaurean ou qui aime le taureau est agriculteur comme Ca-n. ortmme Chao-hao qui a le premier attelé oe> N:euf> à la charrue.
« N:.u> Owênef*^. une grande fomine désola l'Egypte. » Voilà L >e^.^here>se de Gen.
L'aohe était en Grèce un symbole de mort et de deuil, e? aussi cette plante a-t-elle donné son nom à Ouénèphès^Usaphès, qui est un MëhujaêK détruit de Dieu,
Enfin < Ouenephès a construit les pyramides près du b«>urg de Ko. » Mais la ville de Chao-hao portait précisément le même nom de Kio. Kio signifie en chinois dépravé : KO en copte, rice. corruption. Voilà la ville du vicieux et dépravé Caîn, Hénochie. La correspondance entre la Genèse, TEgypte et la Chine est ici si complète qu'elle nous parait démontrer la vérité de notre înte^ prétation.
Ces pyramides étaient non point de pierres taUlées*, mais sans doute de briques. Les traditions phéniciennes notent pareillement avec soin les progrès de l'architecture dans la période antédiluvienne (121)'.
* Maébaès, saccessear d'Athothis, est devena son fils par erreur, dans Eratosthène. — Manéthon suppose que les hait premiers rois ont tons été fils les uns des antres.
< D'après Manéthon. Dyu. III. Tosorthros.
s M. de Bunsen reconnût dans Haëbaës Mnévis, qui, an sortir de la yie simple qu'on avait menée sous le r^^e des dieux et dtf héros (c'est-à-dire à Torigine de Thumanité), porta le premier kl hommes à suivre des lois écrites (Diod. Sic. I, 35). Mus e'esft Cdi qui, par la fondation d'Uénochie, a initié les hommes à la vie di h cité et de l'Etat, et nous avons ainsi
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Nous venons de voir, en Egypte comme en Chine, Caïn succéder à Seth. On comprend que le nom de Gain ait été placé à côté de son contemporain et son frère Seth, ou immédiatement après lui; mais il est assez étrange que vers le Hoang-ho, comme vers le Nil , on ait continué la liste des personnages antédiluviens par Enos.
Enos, c'est le Sempsos d'Eratosthène, le Sémempsès de Manéthon, le fils d* Hercule.
Et d'abord Eratosthène nous apprend que Sempsos est né non de son prédécesseur Maébaès=Cain, mais d'Athothès=Seth. Or le fils de Seth est Enos.
Hercule en Egypte se nommait Chon ; Chon est le nom sémitique de Saturne (P. I, i32) ; le Saturne égyptien est Sev. Il n'est donc point étonnant que les écrivains grecs identifient ceSaturne=Sev avec Hercule, et fassent d'un fils de Sev (Sempsos), un fils d'Hercule. Mais Saturne est Elohim, le dieu vivant, et Sempsos, fils de Saturne = Hercule, est un fils, un homme de Dieu. C'est précisément aussi ce que la Genèse nous dit d'Enos, quand elle nous rapporte que ce fut de son temps que Von commença à s'appeler dn nom de VEternel; et nous avons vu qu'en Chine Tchouen-hio rétablit l'ordre dans la société humaine qui avait été troublée et corrompue par les démons sous Chao-hao (209).
Cependant Enos=Sempsos vivait du temps de la grande sécheresse de Gen, et aussi Manéthon nous ditil que sous ce roi ' il y eut de nombreux prodiges et une très-grande mortalité. »
Après Sémempsès=Enos vient d'après Manéthon Biénéchès, Oubienthès, que M. Scyflfarth explique par ou Bi EN AKO, celui qui apporte la ruine. Tel est aussi à peu près le sens du sixième et du septième roi dans Eratosthène. L'un est le vengeur de très-grande taille,
Toobes Enaake ; Tautre, son fils et successeur, est un Mars insensible, un guerrier brutal, Skœchus. Ce père et ce fils expriment une même idée et personnifient une race de géants belliqueux et stupides. Mais ne sont-ce par les Cainites dont le père porte un nom qui signifie armes, et dont Tun, Lémec, ne parle que de vengeance? Ne sont-ce pas ces Cainites de l'âge d'argent qui, d'après Hésiode, se causaient à eux-mêmes et aux autres, dans leur sottise, toute espèce de maux ?
Ici, nous abandonnons Manéthon dont nous venons d'épuiser la première dynastie, et Eratosthène sera pour le moment notre unique guide.
Nous savons que les Cainites, après les grands châtiments du temps de Méhujaël=Sempso8, se sont repentis, et sont devenus des hommes de Dieu, Méthusçaél, ou qu'ils ont élevé, avec Gen, leurs mains vers le soleil, le seigneur des cieux (114). Or, le huitième roi doit son nom aux prières qu'il adressait au dieu Pan, et son fils Mares, donné du soleil, aura été la réponse à ses invocations.
Remarquons que Toobes et Skœchus sont père et fils, comme le sont Gosochmiès et Mares. Un couple de guerriers, un couple d'hommes pieux. Deux pwsonnages pour représenter une époque, et les deux époques se suivant, mais ne s'engendrant pas.
Mares n'a pas de fils ; la dévotion des Cainites fut de courte durée, et la corruption signala ses progrès par la polygamie de Lémec. C'est ce que nous indique le nom du roi suivant, Anouphis, le déhanché.
Si nous sommes sur la bonne voie, nous devons a^ river aux Lémécides: à Jabal-Jubal = Apollon , et à
Tubalçaïn. En effet, le dixième roi est Sirius, le onzième Chnoubus. Sarius est en copte le fils du soleil ou d'Apollon, et nous verrons dans le Rig-Véda comment les Lémécides ou les Rlbhous, après leur apothéose, ont établi leur demeure dans Fastre du jour. Chnoubus, Yorfévre^ est fils de Chrysès qui est Chrysor=Tubalcaïn, rinventeur des instruments tranchants (ghoresgh).
Des sept rois suivants, trois sont ceux des pyramides ; nous les écartons. Deux sont des chefs puissants, Rauosis et Panunès; l'un, Çiyrès, ne nous dit pas le sens de son nom, et enfin Mosthès est TOthoès de Manéthon, qui deviendra tout à l'heure pour nous un fanal dans la nuit qui nous entoure.
Rauosis serait-il le représentant de la puissance des I^phiUm ? Et ne peut-on pas supposer que Pammès est ce chef juste et redouté au loin que les traditions juives font vivre peu avant le déluge, ce Méthusçalah= Amempsinus:=Tithon de la Genèse, de la Chaldée, de la Grèce?
N'est-ce pas ce même Méthusçalah qui reparaît après Pammès sous le nom du Géant, Apappus. C'est un des Béphaim ou Antédiluviens; c'est le dernier représentant des Sétl^ites , comme Toobes est l'antique représentant des Caïnites. Mais ce qui distingue Apappus de tous les autres rois, c'est la durée de son règne qui fut de cent ans moins une heure. Pourquoi cette heure? Pourquoi ces cent ans? Ne serait-ce point que les neuf cent soixanteaeuf ans qu'a vécu Méthusçalah, et qui font presque mille ans, auront été réduits à cent? et l'heure qui manque à ces cent ans, n'est-elle pas les trente et un ans qui ont manqué à ses mille ans?
Il est mort, d'après le texte hébreu. Tannée même 4i d^uge. Le tçmps fort court qui a séparé sa mort du
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cataclysme, est devenu la durée du r^ne de son successeur, qui est d'un an. Mais quel nom lui donnerat-on ? Il boucle les temps antédiluTiens, qui sont ceux de Satume=Sev=Sévec. Aussi l'a-t-on appelé le S(tturnien^ Sévéchès. Puis, pour indiquer que sous son règne Thumanité tout entière a été précipitée dans les enfers, on a ajouté à son nom celui de Socaris qui est celui d'Osiris comme roi de FAmenthès.
Le châtiment, dont il est ici question, est celui que Nitocris, la Minerve victorietise, a infligé, d'après Hérodote, aux meurtriers de son frère, en les noyant à Timpro>iste.
Myrtée=ittitsraïm, qui succède à Nitocris, commence riiistoire postdilu>ienne.
Que nos lecteurs veuillent bien s'arrêter ici quelques instants pour éprouver si la chaîne thinito-memphite des traditions antédiluviennes n'est pas solide ; si les trois grands anneaux de Ménès=Adam, de Chnoubus=Tubalcain et de Nitocris ne sont pas indestructibles, et si les anneaux intermédiaires n'ont pas la force qu'on peut raisonnablement attendre de débris tout rongés par le temps. Au reste, nous retrouverons dans les rois memphites de Manéthon, sous une forme différente, les quatorze rois thébains qui succèdent à Skœchus et précèdent Nitocris ; et nous prions nos lecteurs de suspendre leur jugement jusqu'à la fin de nos preuves.
Nous poursuivons notre étude d'Eratostbène et passons aux successeurs de Myrtée. Ils devraient être des rois historiques de l'Egypte, et cependant il n'en est rien.
Dans Manéthon, en effet, le successeur de Nitocris, conmie nous le démontrerons bientôt, est Amménémès
qui est rhomme û'Ammon et qui tient la place du Myrtée d'Eratosthène ; car Myrtée est désigné précisément comme donné d'Amoun, et Amménémès est donc simplement son surnom. Mais ce même Amménémès figure dans la liste d*Eratosthène huit rois après Myrtée. D y a donc ici double emploi, et il s'agit de savoir qui sont ces huit rois qui viennent ainsi s'intercaler entre un héros et son surnom.
Comme ces rois précèdent Amménémès, et que celuici est Mitsraïm, ils peuvent appartenir à ces temps primitifs où Jes Egyptiens n'existaient pas encore, mais dont ils ont cependant gardé la tradition.
C'est ce que semblent confirmer les noms de ces huit rois, expliqués par Eratosthène :
Tosimarès, l'homme fort comme le soleil^ c'est Menés Vmmoi'tely c'est Adam.
Séthinilus, qui a accru la force de son père^ c'est Seth remplaçant Abel auprès d'Adam.
Semphoucratès, qui tient tout à la fois d'Hercule, qui est Saturne, et ô*Harpocrate, le dieu aux pieds débiles, c'est l'héraclide Sempsos qui est Enos, et Enos est l'homme débile.
Chouter, qui est taureau et tyran, c*est Maébaès, Vami iu taureau, c'est le Vengeur et le Gueirier insensible de Memphis, c'est Gain.
Meures , Vaimé du Soleil , c'est Sirius , le fils du toleil.
Tomaéphtha, Thomme aime de Vulcain, c'est Chnoubus =:Tubalcaïn = Vulcain .
Soikounius, c'est Othoès, tyran, c'est le type des Néphilim, des tyrans.
Enfin, Pétéathyrès, ou l'homme diHathor, qui est Vénus, est le représentant de la débauche, qui, avec la cruauté, sa fidèle compagne, était le vice dominant du monde antédiluvien (32).
Cette histoire du monde primitif est très-brève : mais ces huit noms en disent autant que les vingt de This et de Memphîs qui commencent avec Menés et finissent avec Nitocris.
En comparant ces deux séries plus attentivement, on sent qu'elles proviennent de tribus appartenant à la même nation : Enos a dans Tune et l'autre le même nom de Sewj^sos et de Semp/ioucratès ; Gain est ici un taureau, là l'ami du taureau; Meures etTomaépbtha se suivent ici comme le font là Sirius et Chnoubus ; le personnage, que l'on nomme ici VOrfévre^ est là le favori de Vulcain, qui est le dieu des orfèvres et des forgerons; l'ami de Vénus est dans l'autre liste un débauché.
Les vingt-deux premiers rois thébaîns et les neuf suivants (de 23 à 31 ) sont donc deux dynasties parallèles, ou une double histoire du monde antédiluvien, que termine Nitocris, et à laquelle succède l'histoire de l'Egypte, dont le premier roi est Myrtée=Amménémès.
Restent dans la liste d'Eratostbène six rois, dont le troisième. Mares, est le Mœris d'Hérodote et de Diodore. Avec Mœris, nous sommes en pleine histoire de l'Egypte , et nous nous arrêtons ici , tout en notant seulement qu'Eratosthène ne paraît pas avoir conna les Busirides de Diodore, ni les Hycsos de Manéthon.
MANËTHON. 297
Manéthon.
Des trois livres de Manéthon, le premier, qui finit par Nitocris et Âmménémès, contient l'histoire de Tliumanité antédiluvienne; le deuxième embrasse les origines et la fleur de l'Egypte ; les temps de sa décadence sont compris dans le troisième ^
Ce dernier livre ne mentionne point les rois des pyramides; Manéthon les a placés avant Nitocris. Dans le deuxième livre, on compte trois dynasties des Hycsos qui semblent prendre la place des Busirides de Diodore, et que ne connaissent ni Eratosthène ni Hérodote.
D y a là matière à bien des discussions. Mais la seule question que nous ayons ici à traiter, est celle des rois des pyramides. Ces monuments sont-ils postérieurs à Sésostris, ou antérieurs à Nitocris, c'est-à-dire au déluge? Manéthon et Eratosthène sont de ce dernier avis; Hérodote est du premier ; Diodore, qui sait que les uns donnent à ces édifices une antiquité de mille ans, les autres de trois mille quatre cents ans, n'hésite pas à se ranger à l'avis d'Hérodote. 11 est d'ailleurs fort étrange qu'aucun de ces quatre écrivains n'attribuent la construction des pyramides aux Hycsos, et cependant ces Hycsos sont des Philistins et régnent à Memphis *.
* Ainsi s*expUque fort simplement le plan de l'écrit de Manéthon, tandis qaé l'on ne peut en rendre compte dans toutes les autres bypothèses.
' M. Âng. Knœtel vient de tenter d'identifier les Hycsos et les Chéops , dans sa dissertation De pastoribi*s qui Hycsos vocantur, ieque regibus pyramidorum auctoribus, Lipsise 1856. Ses arguments tout de valeur fort inégale, et l'on ne peut dire qu'il a prouvé sa tiièse j mais elle n'en mérite pas moins un sérieux examen.
Si nous interrogeons les pyramides elles-mêmes, elles nous offrent des inscriptions hiéroglyphiques qui ne diffèrent en rien de celles des autres monuments ég^T)tiens. Ce qui ne s'expliquerait pas, si Chéops était plus vieux que Nitocris, le déluge et TEgypte. Car on peut difficilement supposer que le copte ou du moins l'ancien égyptien ait été la langue des Antédiluviens, et les hiéroglyphes du Nil leur écriture. Si Ton voulait dire que le peuple des Pharaons avait réellement échappé au déluge, comme il en avait la prétention, le culte tout diluvien d'Osiris s'élèverait en témoignage contre lui.
11 faut donc ou que Menés ne soit pas Adam, et que Nitocris ne soit pas la déesse du déluge, ou qu'Hérodote et Diodore aient raison contre Manéthon et Ëratosthène, et que les rois des pyramides appartiennent à des temps relativement récents *.
Notre principal argument contre Manéthon est tiré de Manéthon lui-même. Nous avons vu dans Hérodote que les Egyptiens se refusaient à prononcer les noms de ces odieux tyrans qui avaient fermé leurs temples et élevé les pyramides au temps du pasteur Philitis. Cependant, ces édifices construits par des rois étrangers, étaient le plus bel ornement de l'Egypte, l'objet de toute l'admiration des Grecs. Au siècle d'Hérodote, peu de Grecs de marque avaient visité la terre du Nil, et l'orgueil national avait eu rarement encore l'humiliation de convenir que les plus grandes mei*veilles du pays étaient un témoignage de sa longue et honteuse servitude. Mais pendant la domination des Perses sur l'Egypte, les relations entre ce dernier pays et la Grèce étaient devenues de plus en plus fréquentes et intimes. Enfin, le peuple des
> A moins toatefois que les pyramides ne soient l'onvrage dei Antédilayiens, et que mille ans, deux mille ans plus tard, des Pharaons n'en aient fait leurs tombeaux.
Pharaons avait passé sous le joug des Macédoniens et des Lagîdes. Alors le sacerdoce égyptien aura résolu d'effacer de lliîstoire nationale la grande tache des pyramldesy et d'attribuer à des princes indigènes ces édifices colossaux. Il ne fut plus question du berger Philitis, etChéops, Chéphren, Mycérinus devinrent devrais Pharaons. Mais on se garda bien de les laisser à leur place dans la liste des dynasties; on les transporta dans les temps anciens, on les fit reculer jusque dans les ténèbres des premières origines. Ils ne pouvaient faire partie des dynasties thébaines : des rois de Thèbes n'auraient pas construit les pyramides à Memphis. On remonta plus haut encore, jusqu'aux temps antérieurs à Nitocris et au déluge. Là s'offraient trois dynasties de rois memphites; la plus récente était toute diluvienne, la plus ancienne était trop voisine du berceau de l'humanité et des arts ; on plaça donc Chéops, Chéphren et Mycérinus dans celle des dynasties de Memphis qui correspond à la fleur du peuple antédiluvien. Mais on ne convint pas exactement de la place où se ferait l'intercalation ; elle se fit à Memphis avant et à Thèbes après Ratoisès=Rauosis. Cependant la tyrannie de Chéops était devenue proverbiale ; on ne pouvait faire de lui un bon roi, ^t d'un autre côté on ne voulait pas qu'un tyran, même un tyran indigène, fût l'auteur de la plus belle des pyramides. Qu'est-ce donc qu'on imagina? Que Chéops s'était converti dans ses vieux jours, et pour que personne ne pût mettre en doute sa repentance, on le fit l'auteur d'un c livre sacré, dont les Egyptiens faisaient le plus grand cas. > C'est Manéthon qui nous l'affirme. On n'en avait pas dit le moindre mot i Hérodote.
Nous sommes d'autant plus en droit d'accuser les prêtres égyptiens d'avoir falsifié leurs annales par va-
nité nationale, qu'ils n'avaieat point raconté à Hérodote, en lui faisant l'histoire de Néchao, sa grande défaite à Garchémis par les Chaldéens, et que Manéthon a faij| disparaître à peu près toute trace de la domination des Assyriens sur sa patrie. Il parait ménpie que le, prêtre qui voulait faire croire à Hérodote que le Nil sortait à Syène de puits sans fond situés entre deux hautes montagnes, cherchait à l'induire en erreur par des contes absurdes. Nous pouvons, ce me semble, être certains que lorsque le même fait relatif à l'Egypte nous estra^p* porté de diverses manières, la version la plus défavorable à la gloire du peuple est la seule vraie.
Passons à l'examen du premier livre de Manéthon. En voici l'abrégé :
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