‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 3)Chapitre 87 sur 120 · BD · texte numérisé non relu

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BV. ibid.

de même : < C'est moi qui suis l'auteur de la nature. i L'âme le croit et devient par là criminelle*. » Ainsi, dans le dualisme arien , le premier péché c'est Tincré- 1 dulité. Cependant nous verrons tout à l'heure que les fruits défendus n'y sont pas entièrement oubliés.

Ce premier péché, qui se passe tout entier dans l'esl)rit , nous explique le mythe suivant : < Meschia et Meschiané, qui ont cru de la terre, ont d'abord bu de l'eau, ensuite mangé du fruit des arbres, puis du lait, et après cela de la viande. > On ajoute, t à propos de la résurrection, que les hommes issus d'eux mangeront d'abord de la viande, puis des fruits et du lait, et ensuite du pain , jusqu'à ce qu'ils prennent le parti de ne vivre que d'eau, sans plus manger. > Il y a dans ce mythe une grande et belle vue d'ensemble sur l'histoire de l'humanité, qvii, dans son premier âge, a descendo de l'esprit vers la chair, et qui remontera de la chair vers l'esprit dans les derniers temps. Cette intuition générale est biblique et repose sur la vraie tradition (HT. 31). La tradition disait en effet que l'homme s'était nourri de fruits dans le Paradis, au temps d'Abel de fruits et de lait, après le déluge de fruits, de lait et de viande, et chaque aliment nouveau marquait un nouveau *et fatal progrès que l'homme faisait dans sa dégénération. Mais les Ariens avaient imaginé, pour rendre la déchéance plus sensible encore, un premier état où Meschia avait un corps si subtil, qu'il pouvait ne rien manger et se bornait à boire de l'eau, sans doute de quelque eau céleste qui rendait immortel (P. II, 20).

Cette chute de l'humanité, dont la marche est indiquée par des changements dans sa nourriture, rappelle

< ZÀ. II, 598.

MESCHIA ET MESCHIANÉ. 347

les mythes tout semblables du Thibet et des Kalmouks (P. Il, 482 sq.).

Cette ressemblance entre la Perse et TAsie ultérieure ne peut être accidentelle, et elle n'est pas la seule. Plusieurs peuples de TAsie centrale exposent leurs morts comme le faisaient les Bactriens. Chez les Kalmouks, Otschirbany délivre de la main des mauvais génies le soleil et la lune (P. II, 273), et d'après les Persans, l'un des trois Messies des derniers temps, Oschédar-bami , arrêtera pendant dix jours le soleil au milieu du ciel. Les Mongols , d'après M. Hue , donnent à leur dieu suprême le nom d'Ormuzd. Une cosmogonie japonaise a pour héros un vrai Aboudad (P. II, 478). Il est donc fort probable que la race arienne , à laquelle appartenaient certainement les /Irimaspes*, a étendu les colonies ou ses missions de l'Oxus au Japon et vers Tocéan Boréal. Le mandchou, d'après M. Xylander, est riche en mots indo-germaniques. Il y a là un filon, fort riche peut-être, à exploiter.

Revenons à Meschia et Meschiané , et voyons les détails dans lesquels la tradition arienne entre sur leurs chutes successives.

Après qu'Ahriman leur eut fait croire qu'il était le Trai Dieu, il se passa « trente jours, » pendant lesquels

c ils mangèrent > on ne dit pas quoi? Sans doute

des fruits , puisque le lait vient immédiatement après. Nous devons supposer que l'eau avait été leur unique nourriture lorsqu'ils croyaient encore qu'Ormuzd avait tout créé.

t lisse couvrirent d'habits noirs, » de douleur d'avoir

I Spiegel, Avesta, p. 33.

« C. Ritter, t. VIII, p. 39. M. Ed. Rœth suppose même que la re- Ugion d'Ormuzd a, par sa propagation eu Inde, produit le bouddhisme, p. 354.

abjuré la vraie toi? Je ne sais. Ou serait-ce un souvenir des habits de peau dont FEternel revêtit Adam et Eve ^rèft leur chute?

<i Après ces trente jours , ils allèrent à la chasse; une chèvre blanche se présenta à eux; ils tirèrent avec la bouche du lait de ses mammellés, et mangèrent ce lait , qui leur lit beaucoup de plaisir : € Je n'ai rieo < mangé de pareil à ce lait, dirent-ils ; le lait que je viens « de boire me fait un plaisir extrême. » Et ce fut un mal pour leur corps ^)» C'était Ahriman, qui, en ménageant letff rencontre avec cette chèvre, les avait fait déchoir de leur nourriture toute végétale.

Au lait devrait succéder la viande. Alais il n'en es4 rien, et nous revenons aux fruits! Evidemnaentcehorsd'œuvre est un précieux fragment de la traditioB authentique et universelle que la Genèse nous a seule conservée dans son intégrité. € Le Dew, qui ne dit que ta mensonge, devenu plus hardi, se présenta une seconde fois, et leur apporta des fruits qu'ils mangèrent, et par là, de cent avantages dont ils jouissaîflnt il ne leur en resta qu'un. » On ne nous, dit pas lequel? Probableneit l'espérance d'un retour à la pureté et au bonheur.

< Après trente jours et trente nuits, un mouton gras et blanc se présenta à eux; ils lui coupèrent l'oreille gauche. Instruits par les Izeds du ciel, ils tirèrent le feu de l'arbre Konar (espèce de cornouiller) en en frottant le bois avec un sabre. Tous deux mirent le feu à ^a^ kkpe ; ils tirent briller le feu en soufflant avec la bouche. Us firent rôtir ce mouton, qu'ils divisèrent en trois pcM^ fions. Des deux qu'ils ne mangèreat pa&, une aia au ciel, elle devint la portion des Izeds. L'oiseau Kheritâs s'approcha et l'emporta, * Voici bien rhûoime mangeant

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