‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 3)Chapitre 88 sur 120 · BU · texte numérisé non relu

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MESCHIA ET MESCHIANÉ 349

pour la première fois de la viande. Mais cette innovation n'est pas une chute et une faute, car elle s*opère avec Taide des Izeds ou des Anges et non point a Tinstigation d'Ahriman. Nous savons en effet par la Genèse que c'est Dieu lui-même qui (après le déluge) a commandé à l'homme d'ajouter la viande à ses premiers aliments. Le mythe du mouton blanc nous transporte aux temps d'Adam et d'Abel, et nous raconte le premier sacrifice d'une victime et la découverte du feu. La victime est l'agneau selon la tradition générale qui identifie agneau et feu (P. II, 121). Le prêtre est Meschia= Adam. Le feu jaillit ici, comme en Phénicie, d'un bois frotté contre un autre bois: c'est ïarani des Védas. L'oiseau Kherkas qui emporte au ciel la portion de l'agneau réservée pour les dieux, correspond à l'épervier d'Indra ou plutôt à Indra-épervier qui, < au moment du sacrifice fait entendre du haut des cieux sa voix et emporte le soma *. » Le Rig-Véda confirme ainsi le Boundéhesch sur un point dont le Zend-Avesta ne fait aucune mention. Les tradi- Uons qui ne se lisent que dans le Boundéhesch, ne doi* ^ent donc pas être écartées sans un sérieux exameo.

« D'abord, ayant mangé de la chair de chien, ils se couvrirent de la peau de cet animal. Ils se livrèrent ensuite à la cbasse, et se firent des habits du poil des bête$ fauves.

< Us firent un troja dans la terre; ils y trouvèrent le fer, le frappèrent (l'aiguisèrent) avec la pierre et en ireat une bâche. Avec cette hache, ils frappèrent au pied <j['ua arbre, le CQupèrent, et arrangèrent les parties de cet arbre (eu filment un logement) saitô remercier (DieiJb)* Us, se blessèrent eux-^memes en ne remerciait pas^ ; lei^

< Hi|^Vé<|ft> trwmiA p«p M. Lapglois, t. Il, p, 1^. Q«»lv^ f • ^^^

Dews en furent plus violents. Devenus ennemis Tun de l'autre, ils se portèrent mutuellement envie. L'un marcha contre l'autre, le frappa, le blessa et s'en alla de son côté. >

Ainsi donc, après la découverte du feu et le premier repas de chair, Meschia, c'est-à-dire l'homme primitif, est devenu chasseur ; plus tard, il a trouvé en terre, non l'or, ni le cuivre, mais le fer, et bientôt après apparaît l'architecture. Qu'on veuille bien relire le passage correspondant de Sanchoniathon (116. 1211) : on se convaincra que la tradition des Bactriens est exactement la même que celle des Phéniciens.

Cependant, la civilisation marche du même pas que l'impiété. Meschia ne rend point grâce à Dieu de ses découvertes; Chrysor, le forgeron, est mis au rang des dieux ; Lémec, le père du forgeron Tubalcaïn, est comme ivre d'orgueil.

Le premier fruit de l'ingratitude de Meschia est une rixe, une blessure, une séparation. Gomment ne pas reconnaître dans cette grossière esquisse Caïn frappant Abel et s'enfuyant dans la terre de Nod ? Si Caïn vient ici après Lémec, c'est que le souvenir du fratricide s'est confondu avec celui des Néphilim.

f Ensuite le chef des Dews, du lieu des ténèbres, jetii un grand cri : « 0 hommes, adorez les Dews. » Le Dew de l'envie s'assit sur son trône : Meschia s'avança, tira dn lait du taureau, et le répandit au Nord. Par là les Dews devinrent plus puissants ; et leurs corps ayant séché, Meschia et Meschiané ne songèrent pas à s'unir pendant cinquante hivers, et quand ils l'auraient fait, ils n'auraient pas eu d'enfants. Mais au bout de cinquante ans ils se virent, et neuf mois après naquit un couple mâle et femelle. De ces eu^iMils chéris, la mère nourrit l'un, et le père l'autre. ï»tisw\V^ QttsvxwA \^>w vsâés^^i^

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eufants chéris, prit soin de les élever, et ces enfants restèrent (sur la terre) *. De Meschia et Meschiané vinrent encore sept couples mâles et femelles ; tous étaient frères et sœurs. Chacun de ces couples engendrait à cinquante ans et mourait à cent ans. L'un de ces sept couples fut Siahmak et Veschak, sa femme*. »

A l'oubli de Dieu a succédé le culte des démons. La Genèse ne nous Ta pas appris. Mais les Hindous nous diront que les Védas, la Parole de Dieu, disparurent de la terre avant le déluge parle larcin d'un géant malfaisant. Nous avons vu en Chine, à cette même époque, Kouen abandonner la doctrine fondamentale, et les Miao, issus des Neuf démons, pratiquer la magie (228).

Le lait du taureau doit être Teau de la pluie ou des sources. Meschia fait sa libation vers le nord, parce que le nord est la demeure d'Ahriman et des tempêtes.

Les cinquante années pendant lesquelles fut suspendu le cours des naissances humaines, sont un souvenir (hors de sa place) de la grande sécheresse de Gen=Caïn qui, d'après le Rig-Véda, aurait duré quarante ans, et des maladies de tout genre qui assaillirent les hommes pendant Tâge d'argent selon Hésiode (P. Il, 381).

Meschiané, la femme des premiers temps, met au monde à chaque couche des jumeaux, mâle et femelle. Tel a dû être nécessairement la loi des naissances à l'origine de l'humanité.

Les hommes se mariaient à cinquante ans : c'est à peu près ce que dit la Genèse des patriarches antédiluviens. Ds mouraient à cent ans : c'est ce que dit Hésiode des hommes de l'âge d'argent. Le souvenir de l'excessive

^ Ou plutôt : « Ormuzd tira encore d'eux des enfants chéris ; ils les élevèrent, et ces enfants restèrent.» * BD, 377-380.

loâfévité des Séthites s'est perdu chez k« Bactriens et les Persans qui ont, dans leur chronologie, réduit à moius d'un siècle les temps qui séparent le paradis di déluge. D'ailleurs, né mortel d'un père empoisonné, Meschia ne pouvait ni posséder lui-même ni transmettre a sa postérité une quasi-immortalité.

Les huit couples issus de Meschia ne peuvent être que les patriarches séthites ; car SiahmsdK est Âbel, et de lui descendent Frévak=Noë et Frévakefad.

Siahmak est un Abel=Ba}dur=:=Manéro8=Scéphrtt (P. II, 125 sq.). Dans le poëme de Ferdousi, il est fils de Kajomorts qui y tient la place de Meschia ou da premier homme ; du vivant de son père, dont le règne est un ûge d'or, U est attaqué et tué par le haineux Ahrioiâii (comme Baldur par Hœnir), et la douleur que causa sa mort fut si profonde que tous les anittiaux des champs et des airs accoururent en foule sur la montagne pour mener deuil avec le roi et toute l'aimée. Le deuil de* rait depuis une année quand un des Amschaspands viat de la part de Dieu exhorter KajoHioiis à- sécher ses itf* mes et à songer à venger son fils. U est diffîciie de ae pas reconnaître dans cette première douleur de l'hama* nité et dans cette douleur universelle celUe cpt'ai cavsée la mort d'Âbel, de Baldur, de Scéphrus, de MaBéros et de Linus.

Que Frévak soit Noë, comme Anquetil Tayait d^fvconnu S c'est ce que prouvent les < qjHinzecooipli^i&sus de lui et qui forn^èrent chacun une espèce partkuttère de peuples. C'est à ces couples qu'il faut rapporter les générations qui se sont multipliées sur la terre. Neuf espèces de peuples traversèrent le zaré Ferakh-kandsur le taureau Saréséok, et se fixèrent dans six Keschvars;

' Zk, H, 416.

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les sÎK auti*e8 e^èces restèrent dans le Keschvar Khounoérets (l'Iran). Ainsi dans les sept Keschvars tous les bommes sont venus des descendants de Frévak ^ t

Ces quinze couples de Frévak, les quinze fils de Ti-ko, les quinze pères des Aztèques (P. H, 268) nous rappellent que les familles indo-celtiques, issues de. Japhet, ont dû rester unies pendant un certain temps après la dispersion universelle, car elles ont des affinités de langage, de croyances et de mœurs si extraordinaires que, pour en rendre compte, il faut admettre qu'elles ont passé ensemble l'époque de leur premier développement.

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