‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation; (volume 3)Chapitre 93 sur 120 · LA SÉCHERESSE ANTÉDILUVIENNE · texte numérisé non relu

LA SÉCHERESSE ANTÉDILUVIENNE

prand des bienfaits , on ne pouvait faire entrer ;ulte la commémoration du déluge où cet élélit été un instrument de malédiction.

;ht de Taschter contient seize chapitres ou cardé,

premiers sont consacrés à la louange de cet l'eau auquel on associe Satévis. C'est Taschter laut de TAlbordj, ombilic du monde, fait couler arole pure, sur toute la terre, Teau des nuées ies rivières ; lui qui alimente TOcéan , produit «1 les sources toujours jaillissantes , fait pénéi tous les corps les fluides ; lui qui fait renaître «s, les animaux et les hommes en leur rendant, > temps de sécheresse, les eaux bienfaisantes. it un temps où les Péris ( les Djin des Arabes ) at le monde et couraient partout, et où Tastre- (quelque immense comète) se faisait un chemin

terre et le cieL > Quelle était la cause de ces liions dans la nature et dans le monde invi- 'aschter va nous rapprendre , ou plutôt nous aissons déjà (344) : « Si Meschia (= Adam) t adoré » (ou d'après d'autres passages paralait adoré Mithra), t lorsque le temps de la mort venu pour l'homme créé pur, l'âme créée pure mortelle serait parvenue (sur-le-champ) au p du) bonheur. » Cependant la Divinité n'avait i Meschia et sa race sans avertissements sérieux: rès de la sécheresse tenaient aux hommes un aisé à comprendre, en leur inspirant des crainplus en plus vives, d'abord pour eux-mêmes, ir leur bétail et leurs chevaux. « Premièrement r prit la forme d'un jeune homme de quinze lans l'assemblée il dit : c Que les hommes m'at, en purifiant leur âme et en faisant des actions \ du paradis ; car c'est moi qui ai créé le peuple

« intelligent ( et qui le fait vivre en donnant Teau à la « terre). » Il s'unit ensuite au corps éclatant de lumière d'un taureau et à celui d'un cheval ; il fit entendre à rassemblée les mêmes exhortations , en rappelant que c'est lui qui a créé les bestiaux et les chevaux. • Mais l'homme resta sourd et aveugle ; il ne comprit pas ce que Dieu voulait de lui en lui envoyant le fléau du feo. Alors € Taschter (le Neptune Hippios des Ariens) se rendit, transformé en un cheval (P. I, 543), sur l'OcéaH (réservoir des eaux de la pluie qui alimentaient les sources), et bientôt accourut Epéoscho , sous la forme d'un cheval terrible. Le combat dura trois jours et trois nuits. Epéoscho eut l'avantage, Taschter s'enfuit loin dé l'Océan , et (de sa retraite) , il vit (avec douleur) l'eau, diminuée et violentée, couler avec peine de rAlborcj' vers l'Iran *; il vit Ormuzd, la suprême force, opprimé; il vit opprimée aussi la loi excellente, qui est la lumière des âmes; et cela, parce que Meschia n'avait pas adoré Ormuzd, comme le font les Izeds (les Anges) euxmêmes. »

« Si l'homme eut rendu un culte à Ormuzd, le dieu

aurait immédiatement produit en sa faveur ëi

grandes eaux à passer en bateau, t Mais ce que l'homme se refusait à faire, Taschter le fit pour lui. Ce médiateur plein de miséricorde « adora Ormuzd , et aussitôt il retourna sur l'Océan. Entre midi et trois heures, il trionh pha d'Epéoscho, qui s'enfuit à son tour. L'eau fut délivrée du Dew. Taschter (rétablissant l'ordre dans la nature), fit passer les eaux de l'Océan, par l'action de$ vents, dans la bouche d'Orouapé (343), qui soupirait

1 Comp. BD. p. 39t : « Avant que rennemi vint, TArg et le ^^ coulaient avec abcHidance ; le Daroudj les a firappét , mais i'' ^ recommencé n oonler (après la défaite d^Epcosoho).t

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I elles. Les fleuves coulèrent de nouveau ; Ormuzd, i , les âmes de ses serviteui's , les provinces , tout it sa pureté, son éclat et sa gloire. § lis ce ne fut pas là le terme de cette grande crise pique qui a fait cesser Téconomie primitive de la re, pendant laquelle la terre n'était humectée que des vapeurs sans pluie, t Taschter-cheval courut 'Océan (dont nul ennemi ne lui disputait plus Tem- ; Satévis se joignit à lui, et aloi^s existèrent les nuées, h l'Océan jusqu'aux montagne^ de l'Inde ; elles Brent au loin , chassées en grand nombre, sur les hvars , dans la route que leur traça Hom (le génie eau d'immortalité). Puis le vent déployé , donné Oduzd, chassa sur les sept Keschvars la (première) {, les (premières) nuées (pluvieuses), et le lait ibole védique de la pluie, P. 1, 549). depuis ce temys-là, Taschter fait couler sur l'hommre toute l'eau qu'Ormuzd a répandue sur le pur Al- }. Quand les Péris rôdent partout et qu'Ahriman ve sur les astres, germes de l'eau , Taschter, élevé essus de tout, frappe ces génies (et ne leur permet le désoler de nouveau la terre, comme ils l'avaient itl temps de l'astre-serpent); il veille sur l'Océan, et iidrcher promptement les nuées élevées ; il les porte Ek;ours.de l'eau, qui s'étend au loin , pure et amie , en amie, vient d'en haut sur les sept Keschvars. * i toute sécheresse rappelle aux Guèbres l'antique bat de Taschter et d'Epéoscho , comme pour l'Hé- I tout orage était un écho du déluge, d'après le Ilifique psaume vingt-neuvième, j lescht se termine par un pompeux éloge de ikter, qui rend la vie quand tout meurt sur et sous rre, sans qui les Dews femelles auraient fixé autour T. m. 16

du monde le lieu de leurs délices, et qui récompense avec éclat ceux qui Tadorent*.

Le Boundéhesch contient deux passages fort remarquables sur le combat de Taschter. Voici le premier et le plus authentique.

€ Il est dit dans la loi, au sujet de la terre, que, lorsque, pendant trente jours, Taschter répandit la pluie dont le zaré fut formé, toute l'étendue que cette eao humecta fut divisée en sept parties. Celle qui se trouva au milieu des six qui étaient autour, on Tappela Keschvar Kounnerets, et elles furent toutes séparées Tune de Tautre. » Suit l'indication des six Keschvars et un éloge du septième, qui est l'Iran.

Il est certainement fort extraordinaire que la loi zend, le livre de Zoroastre, prétende que le zaré, la mer, et la forme actuelle des continents datent de la grande révolution tellurique qui a mis fin au fléau du feu*. Mais ce qui est plus extraordinaire encore, c'est que les Brésiliens disent précisément la même chose ( P. II, 565 et 566).

* Comparez dans le Setout-Iescht (1, 347) : • C'est moi (Taschter, qui remets en ordre les mondes quand ils sont déranges, » et dut le lescht d'Avau (il, i 65) : • L'eau détrait tous les Dews boamei qui font du mal , les magiciens, les Péris, ceux qai rendent faibl«< sourds, muets. > Voyez aussi le fargard 21 du Vendidad sur Ici bénédictions de Veau. — M. Spiegel croit que le lescht de Taschter a été mal traduit par Anquetil, et n'a pas trait à une sécbereaie extraordinaire, à un fait historique. Mais le mythe de Taschter « d'Epéoscho se retrouve dans le Rig-Véda avec le sens que Bons Iti avons ici donné, et fait le pendant de ces légendes et mythes isiKMibrables, tous relatifs au fléau du feu antédiluvien (P. II, 1338q.)-

* Les lecteurs ne perdent toutefois pas de vue que dans le lefckt de Taschter, l'Océan est antérieur au fléau du feu, et que le paittg» du Boundéhesch en pehlvi reproduit inexactement le texte send,qBf nous ne possédons plus.

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Le second passage a été souvent cité dans les apologies de la Révélation chrétienne , comme nne preuve en faveur du déluge. On a pris la pluie qui a terminé le fléau du feu pour celle du cataclysme. Ce passage d'ailleurs est d'un écrivain dont les croyances théologiques s'écartaient en quelques points de celles de Zoroastre. Toutefois, ce qu'il dit du combat de Taschtcr coïncide assez bien avec le lescht, pour que nous puissions avoir confiance dans les détails nouveaux qu'il nous donne.

Après quelques lignes très-obscures sur la position astronomique de l'astre Taschter au moment où c il commença à faire la pluie et à la porter en haut par la force du vent, » le texte ajoute que t Taschter fit pleuvoir pendant trente jours et trente nuits. Chaque goutte de cette eau était comme une grande soucoupe. La terre fut toute couverte d'eau a la hauteur d'un homme (ou, sur cette terre l'homme subsista au-dessus de Teau). Les Kharfesters qui étaient dans la terre périrent tous par cette pluie ; elle pénétra dans les trous de la terre. Ensuite le vent s'y étant mêlé, de même que Famé se balance dans le corps, le vent se balança dans cette eau. Puis Ormuzd renferma toute cette eau, lui donna la terre pour bornes, et de lu fut formé le zaré Férakh-kand (l'Océan). Les Kharfesters qui étaient morts restèrent dans la terre et y mêlèrent le poison, la pourriture. »

Puis, revenant sur ses pas, l'auteur donne un second récit de ce même fait. Si Taschter est descendu dans le zaré , c'est pour enlever de la terre les crapauds qui y étaient en grand nombre. Le combat est raconté en bref avec les paroles mêmes du letsch de Taschter. Puis on lit : € En quelle prodigieuse quantité Taschter fit pleuvoir l'eau qu'il enleva du zaré? Par gouttes grosses comme la tête d'un taureau, comme la tête d'un homme,

AftlKNS DK LA PKRSA.

plus grosses que le poing, que la main, savoir les grosses et les petites. Tandis que Taschter versait cette pluie, le Dew Epéoscho cherchait à faire du mal. Taschter lança sur lui la foudre, et, frappé par cette massue, il jeta un cri affreux. Alors tous les deux (Taschter et Satévis) firent encore pleuvoir abondamment, et les fleuves parurent, et ils firent ainsi pleuvoir pendant dix jours et dix nuits (ajoutés aux trente précédents). Une multitude de crapauds et le poison des Kharfesters restèrent dans la terre. Ils se mêlèrent à toute cette eau, et elle devint salée ; car tous ces germes de Kharfesters qui restèrent dans la terre y pourrirent. Ensuite le vent, pendant trois jours, chassa l'eau de tous côtés sur la terre, et il en résulta trois grands zarés et vingt-trois petits. »

La foudre que Taschter lance sur Epéoscho est no trait important, que nous retrouverons dans le Rig-Véda, et qui appartient à la bonne et antique tradition. La prodigieuse grosseur des gouttes de pluie marque que cette première pluie , qui inaugure une ère toute nouvelle, était d'une violence et d'une abondance uniques. Que la salure de la mer date de cet antique incendie, est une hypothèse fort gratuite, qu'avaient aussi faiU les Brésiliens. Taschter aurait envoyé la première pluie pour délivrer la terre de tous les animaux impurs, abrimanieus, qui l'avaient envahie et qui la souillaient : ce que le lescht ne dit point, mais ce qui pourrait être cependant autre chose qu une imagination de l'auteur du double fragment que nous venons de transcrire. Enfin ici, comme dans le mythe d'Ahriman faisant la guerre ù Ormuzd, des phénomènes plutoniques auraient modifié la forme des continents.

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