‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation;Chapitre 28 sur 158 · DU LIVRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

DU LIVRE SIXIÈME

«ntit un frémissement dans tout son être, et conçut un fils. Notons que Kiang-Yuen signifie, d'après les hiéroglyphes avec esquels s'écrit son nom, vierge, agneau et source, et une vierge »ure qui est assise, les mains jointes , modeste , silencieuse et jcnsive.

Ainsi encore, le même Livre des vers (nr, 3. 2) nous dit que le père d'Héou-tsi, Sié, qui est comme lui un personnage postdi- Dvien, et de qui les Chang tirent leur origine, naquit d'une femme [ui célébrait un sacrifice solennel pour obtenir un enfant, lors- [ue tomba sur elle soit un oiseau noir qui volait, soit un œuf rhirondelle, qu'elle mangea.

D'après la tradition profane, la mère de Fo-hi se nommait

loa-su, celle qui attend la fleur (de l'humanité) ; comme elle se

>romenait sur les bords d'un fleuve du même nom qu'elle (celui

lu Paradis), elle marcha sur la trace du Grand Homme (ou de

Dieu); elle s'émut, un arc-en-ciel l'environna, et elle conçut

(Chou-King, Introd. ch. xi). Chin-nong, ouSeth naquit de Niu-

tong, la jeune fille qui s'élève, qui se promenait à Hoa-yang,

cest-à-dire au midi de la colline des fleurs (ou du Paradis) ; elle

conçut par le moyen d'un esprit, et mit au monde son fils dans

une haute et vaste grotte (la voûte céleste) (Ibid. xiv). Hoang-ti

ou Adam eut pour mère Fou-pao, qui, effrayée à l'aspect d'une

nuée fort brillante, devint grosse, et qui accoucha sur la colline

Hien-yuen , ou de la croix qui est formée d'un bois traversier

HiEN, et d'un bois vertical yuen. Celui qui avait joint ces deux

bois, l'avait fait afin d'honorer le Très-Haut (Ibid, ix et xi). La

mère de Yao conçut par la vertu d'une étoile qui jaillit sur elle

pendant un songe ; celle de Yu, par la vertu d'une perle qui

tomba des nues dans son sein, et qu'elle avala. Presque tous les

fondateurs de dynasties ont pareillement fait naître d'une vierge

^e chef de leur famille {Ibid. xi; Cibot, dans les Mémoires, t. ix,

L'oiseau de Sié se retrouve dans le mythe hongrois d'Alm ; la perle d'Yu rappelle l'émeraude du fils du Soleil chez les Muyscas; cette perle et cet oiseau, la paume ornée de plumes qui féconde ^Bûère de Mexitli; la fleur de Fo-hi ou celle de Chin-nong, la Ifenade de la phrygienne I^ana.

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