‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation;Chapitre 47 sur 158 · LE DÉLUGE · texte numérisé non relu

LE DÉLUGE

tous les peuples antiques , leurs cultes , leurs mythes, leurs symboles, tout prouve que lors de la Dispersion on IM'onait les lenips diluviens pour un temps de palingénésie g<'»nérale et de création partielle, et qu'on inclinait à les comparer au grand chaos des origines du monde. Autrement nous ne saurions comment rendre compte de ces récits qui, en Amérique comme en Asie et en Europe, placent après le cataclysme une nouvelle création de tous les êtres qui vivent aujourd'hui sur la terre.

Tel n*est pas sans doute le langage que tiennent toutes les traditions diluviennes : c'est de la famille ou du couple sauvé des eaux que les peuples actuels descendent par la voie ordinaire de la génération, d'après les Chaldéens, les Arméniens, les Celtes, les Lapons, les Chinois, les Polynésiens, les Mandans, les Mexicains et les indigènes de Cuba. Leurs légendes sont les plus conformes au texte du récit des Hébreux; mais les autres, en dépit de toutes leurs erreurs, nous en indiquent beaucoup mieux le sens caché et le véritable esprit*.

Les Hindous, qui exagèrent tout, vont jusqu'à identifier formellement le Déluge et le chaos, quand ils placent l'inondation pendant un de ces sommeils périodiques de Brahma, qui amènent la ruine d'un monde et préparent l'apparition d'un autre. Panthéistes, ils ont en outre imaginé d'attribuer à Manou=Noë la production des nouveaux êtres. Cette production est ailleurs attribuée h la Divinité elle-même : en Afrique, chez les Nègres do Loango, à leur dieu suprême ; dans l'Amérique du Nord» à Michapoux, au Grand-Lièvre des Algonquins, au Grand Esprit des Comanches, à Otkon , personnage équivoque

* Nous avons recueilli dans notre Histoire de la Terre les trtfr tions relatives aux révolutions physiques et géologiques qui ont accompagné et suivi le Déluge.

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