‹ Le peuple primitif, sa religion, son histoire et sa civilisation;Chapitre 53 sur 158 · L'Arche · texte numérisé non relu

L'Arche

Le nom de l'Arche est thébah, en hébreu, ou thei- OUTHA en chaldéen. Le premier est devenu celui de la i'hèbes d'Egypte, qui est bien une cité diluvienne comme lous l'apprendra Manéthon ; de la Thèbes de Béotie, fon-

Me dis : perdu^ et j'ai probablement tort; car le nombre des étions diluviennes s'accroît sans cesse à mesure qu'on apprend ^ nûeux connaître les peuples sauvages. Je suis persuadé que le ^go, par exemple, possède de précieuses légendes ft\ic \« moTi<\& Primitif.

dée par des Phéniciens venus d'Egypte ; de la Thèbes de Mysie, antique colonie des Giiiciens chez qui étaient restés très-vivants les souvenirs du cataclysme; ainsi que de la Thèbes maritime de Thessalie, et de la Thébaïsdu Pont. Thébé, Tépouse d'Ogygès=Noë, est incontestablement une personnification de l'Arche , et il en est sans doute de même des autres Thébé, qui sont ou la fille du caïnite Prométhée, ou l'épouse de Corybas l'antédiluvien, et la fille de Gilix de qui sont nés les Giiiciens, ou la compagne de Zéthus qui personnifie l'humanité sauvée des eaux, ou une Amazone qui a donné son nom à Thébais. Theiboutha est le kibôtos des Septante ; or tel est le su^ nom de cette ville d'Apamée dont une médaille porte le nom de No, et Pausanias nous dit que le ciste ou le coffre que Gérés porte d'ordinaire sur ses genoux, est un Kibôtos \

L'Arche était de cyprès j gopher. Ge mot hébreu, avec celui d'arbre, «ets, a formé en grec kupar-iss-os. Mais le cyprès se disait aussi b'rosch, b'roth, d'où le nom de BÉROTHAH, Bérylus, qui sera la ville diluvienne des Phéniciens, si elle n'est pas celle de leur dieu créateur, et le nom de baris, qui est, en Arménie, tout à la fois la montagne de l'Arche et une déesse, en Phrygie une ville peu distante d'Apamée Kibôtos , et en Egypte un bateau.

Une des villes fondées par Nimrod s'appelle Erec, que rinterprète arabe dit être al Bars, c'est-à-dire al Baris, la ville de l'Arche. Mais le nom même à* Erec , qui est Yhracca de Tibulle et VA recha d'Ammien Marcellin, n'aurailii point eu, dans la langue de Nimrod, le sens d'nrchel Gependant al Bars est probablement la même ville que Borsippa, et quand Strabon nomme les astronomes de la

' Pau8. X, 28.

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aidée Orchéniens et Borsippéniens, il déclarerait donc 'ils habitent dans la double ville de l'Archet Arki est le nom d'une antique ville de la Palestine. Vénus Arcbids du Liban est unedéessediluvienne, dont us parlerons plus bas.

La plus haute montagne de TÂsie Mineure est TArgée, i est donc TArarat des Cappadociens.

En Argolide est un mont Sapysélaton qui , du temps [nachus , a pris le nom d' Arachnéen , et sur lequel lient les autels de Zeus et d'Héré à qui Ton offrait des orifices dans les temps de grande sécheresse. Arachon est le temple de l'Arche ; Sapynélaton signifierait, i hébreu, le vaisseau vers lequel Dieu rientj et Inachus pour épouse Argie.

Argos elle-même, où avait abordé sur le vaisseau Argo inaûs, fils de Théba, n'est-elle pas la ville de l'Arche ? I grande déesse d'Argos, Junon Argéa, Arkaia, Argiva, est-elle pas une Vénus Architis ?

LaThessalie, l'Épire, la Béotie, la Sicile avaient, chame, leur Argos.

N'est-ce pas de l'Arche aussi qu'étaient sortis les anpies Arcadîens, qui se disaient issus d'un héros Arcas? Arcadiens et Argiens sont synonymes. La forme arc, KG, se retrouve en latin, àrca, et la forme ârg, en sansrit, ÂRGHA. Ghiwa se nomme Arghanatha , le maître de Arche j et son Argha est bien évidemment le même vais- 3aa que l'Argo d'Osiris, l'Argo de Danaûs, et l'Argo du bef des Argonautes, Jason.

Comment ne pas rechercher dans les souvenirs du Dé-

^ Ce paragraphe est le résumé de quelques pages de Bryant, dont ingénieuse combinaison mérite quelque attention, aussi longtemps ne M. C. Ritter lui-même ne se prononce pas sur la position de «8 villes et qu'on n'a point trouvé de meilleures étymo\o|^«% ^<^ eurs noms.

luge Torigine du culte de Vénus Argynnis ou de Jupiter Argyne à qui Agamemnon avait (ait élever un temple en Fhonneur du jeune Argennos, qui avait péri en se baignant dans le Géphise , et qui était père de Pisidicé, de celle qui persuade d*être juste ?

L'Arche était une espèce de coffre S mal éclairé, ténébreux. Dans le mythe de Satiavrata, elle n'est illuminée que par l'auréole des huit Richis qui y sont enfermés. C'est dans un coffre sans fenêtre que sont exposés sur les flots soit une mère avec son enfont, Danaê avec Pereée, Sémélé avec Bacchus (à Brasies), Auge avec Télèpbe, Rhœo avec Anius, soit un enfant seul, Cama ou l'Amov en Inde, Darab (sur le Gihon), Siegfried (dans un vase de verre), Amadis (sur l'Océan); soit deux enfants jumeaux, Romulus et Rémus ; soit le corps mort do diea diluvien, Osiris. Parfois le coffre n'est pas jeté à Teaii, mais il est un moyen de salut pour l'enfant qu'il contient, pour Jason en Thessalie, pour Cypsélus à Gorinthe, pour Ion à Athènes. Le coffre des mythes est devenu dans le culte ceux d'Attis, de Dardanus, de Gérés, de Despoïné. Tahiti avait de même, dans ses moraï, des arches qui contenaient des objets inconnus enveloppés de nattes, et qu'on nommait la maison de Dieu^ du dieu Ooro.

L'Arche est, d'après Orphée *, la ruche d'où sont sw^ tis, comme de nombreux essaims, les animaux et les honunes. A Gorinthe, qui possédait une fanâille célèbre de prêtres du nom de Gypsélides, l'Arche se disait anciennement rypséla, qui est le même mot que kapsis, KÂMPSA en grec, gapsa en latin. Or, dans le royaume de Tunis est une ville de Gafsa, qui est la Gapsa des Anciens, et cette Gapsa, qui portait , comme la Thèbes du Nil, le

< C4* mot vient sans doute de gopher.

' A'flt, Cornes» d'après Bryanl, t, u, v* ^'^^-

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nom d'Hécatonpyle, aux cent portes^ passait pour lir été fondée par Hercule , le Sauveur des hommes temps de rArche. Mais kypséla signifie aussi une ;^, capsa un crocodile^ et nous verrons que le crolile et l'abeille sont deux symboles du Déluge, fout vaisseau est une coupe, avons-nous vu plus haut, coupe la plus simple, celle que fournit la nature elleme, est la coquille, et une coquille porte le nom d'Argo d'arche. L'Arche des Lithuaniens est une coquille de ix assez vaste pour porter plusieurs hommes et beaucip d'animaux. Les usages se disent issus d'une coille.

L'Arche ténébreuse s'est convertie chez les peuples is ou moins sauvages en une simple caverne ^ Ainsi, il f a de sauvé du Déluge, au Pérou, que sept hommes, Cholula que sept géants, qui s'étaient réfugiés dans s grottes. Ajouterons-nous que dans leur néobardisme ; Kymris donnaient, selon la langue des mystères, certaines cavernes le nom d'Arches de pierre (Maen chs)? Les sept Dormeurs, enfermés dans une caverne es d'Éphèse, étaient probablement dans l'origine les pt Sages, les sept Richis, qui étaient dans l'Arche avec »e=Manou.

L'arche ténébreuse, Tarche-caverne, l'arche-cotl^e est i cercueil. Le coffre dans lequel est enfermé le corps Osiris est l'arche diluvienne. Le vaisseau de l'Osiris des rmris, Hu, qui est l'Arche, devient son cercueil *. De éme, chez les Scandinaves qui brûlaient leurs morts, corps de Baldur est déposé, pour être consumé par le

1 U faut distinguer la caverne diluvienne de la caverne emblème ! la voûte céleste. Le sens général du mythe laisse d'ordinaire peu i doute sur le choix à faire entre ces deux symboles» • Mone^ tiffPé 51 3é

iciieiii fixes le» refasses qui eievereiii un lempie a Pluton et un autel à son père Saturne, sacrifièrei deux divinités des victimes humaines et institué fête diluvienne des Saturnales. Mais ces îles poi aussi servir d*emblème à la terre portée par les € l'immense Océan. Aussi ne saurions-nous dire s entendre du Déluge ou du chaos le mythe égypt fait iBattre Apollon et Diane sur Ttle flottante de mis. Le sens de cette fable déterminera celui de 1 grecque qui a fait errer Délos sur la face des eai qu'à la naissance de ces mêmes divinités.

Enfin, l'Arche, île flottante, cercueil, caverne < seau était, nous l'avons vu, le temple (naos) ou U Noë. La forme de l'Arche avait le double avantage en sa qualité de caverne, celle du grand temple d ture, que Dieu lui-même a fondé pour sa propre non moins que celle du temple fait de main dl

* Ce mythe nous parait expliquer pourquoi les Lapons,

lans lequel Dieu avait habité invisible auprès de Noë penlant le chaos diluvien. Aussi voit-on les peuples anciens »âtir sur ce plan un grand nombre des édifices sacrés |u'ils ont consacrés à la Divinité. Ce plan exclut la tour, éclame une longueur beaucoup plus considérable que a largeur, suppose une porte unique à l'une des extrénités et le sanctuaire à l'autre, et n'admet pas une grande lauteur. Tels sont les caractères distinctifs des temples louterrains de l'Inde et de l'Egypte, et de ceux que Ton I, dans ces deux pays, élevés au-dessus de terre sur le nodèle des premiers ; tels les temples de la Grèce et de tome, qui ajoutent à ce modèle des portiques ou colonlades sur la face principale, ou sur les deux faces oppoiées, ou sur les quatre faces ; tels encore, chez les Celtes k demi barbares, si ce n'est les dolmen ou cavernes arti- 9cielles, au moins leurs Arches de pierre^.

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