XII. L'Arg-£N-giel
L'arc-en-ciel, d'après la Genèse, date du Déluge. Dieu
placé son arc dans la nuée en signe de son alliance yec Noë.
Homère * dit de même que Jupiter a fixé les iris dans a nuée comme un signe, un prodige (teras) pour les lommes.
Manou=Noé produit, par ses sacrifices, Ida=lris.
Les Lithuaniens faisaient l'arc^n-ciel le consolateur des lenx vieillards qui avaient échappé au Déluge ^.
En Chine, Tarc-en-ciel a été formé après le Déluge par a déesse Niu-va, pour soutenir le ciel qu'avait brisé le iémon Kong-kong.
Les anciens Bretons racontaient que lors du grand iK)inbat des oiseaux (génies) dans la vallée du castor (le noQstre diluvien), comme les oiseaux malfaisants s'étaient ■étirés à Mona pour obtenir des magiciens une pluie su-
* Les holocaustes extraordinaires d'Hiérapolis et de l'Élide, où l'on jetait dans le feu une foule de bêtes de toute espèce, sout une image en miniature de l'incendie qui détruira la terre, et non une commémoration du grand sacrifice de Noë.
« n. XI, 28.
> L'arc- en-ciel est aussi pour eux la ceinture de leur déesse Uima. Les Kamtschadales y voient les franges du vêtement de leur ^a Bullikai; lel^araibes, le diadème de leur Neptune, formé de poissons aux couleurs variées et de colibris Aux îles Mariannes, l'arc-en-ciel est né des paupières de Puntan (=Pouroucha=Ymir), lorsque ce dieu, en mourant , fit mettre en pièces son corps, pour <iue de ses membres se formassent les différentes partks de Vm\- ▼ers.
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bite, la déesse Arianrhod(=Niu-va), dans son amour pour les Bretons , fit couler autour de leur demeure le fleuve de rirîs qui les préserva de tout malheur *.
Chez les Lapons, Tiris est, comme dans la Genèse, une arme divine , mais le souvenir du Déluge s'est à demi effacé : quand T^rc apparaît dans la nue, c'est Tiennes, le dieu du tonnerre, qui lance ses flèches contrôles mauvais esprits. Chaque orage est ainsi un faible écho des grandes luttes diluviennes.
Les Hindous, d'accord avec les Lapons, placent Tarcen-ciel dans les mains d'Indra, le dieu du tonnerre et le grand ennemi des Asouras.
Pour les Esthes, cette arme est une faucille avec laquelle le dieu du tonnerre poursuit les démons.
Les Péruviens avaient un temple , peint de diverses couleurs , qui était uniquement consacré à l'arc-en-ciel (Guy chu).
Les Perses et les Scandinaves se sont écartés de la tradition universelle, en faisant de l'arc céleste un pont qui relie la terre au ciel : le Tchinevad, par lequel les âmes des justes montent vers Ormuzd ; le Bifrost ou pont trmhlantj que les Ases passent à cheval, et dont l'entrée est gardée par Heimdall qui repousse les géants. Chez les Grecs, Iris remplit parfois les fonctions de Mercure psychopompe.
Les Tagales croyaient que les plus excellents d'entre eux, ceux qui avaient péri par la foudre ou par les alligators, ou de mort violente, étaient transportés dans une demeure bienheureuse par l'arc-en-ciel*.
1 Mone, t. II, p. 531 . Nous acceptons pour anthentique ce myth«» au vn de son originalité, mais non sans hésitation, s Marsden, Hist, de Sumatra, t. ii, p. 113.