La tour de Babel
Les Ghaldéens faisaient , de la construction de la tour de Sennaar et de la confusion des langues, un récit conforme à celui des Hébreux, c Après le Déluge, tous les hommes parlaient la même langue. S'enorgueillissant de leurs forces et de leur haute taille, ils méprisaient les dieux au point de se croire supérieurs à eux. Ils se mirent (soit tous, soit quelques-uns d'entre eux) à construire une tour d'une hauteur prodigieuse pour monter au ciel. Déjà ils en approchaient, quand les vents, venant au secours des dieux (ou les dieux, faisant souffler des vents violents) renversèrent cet édiflce sur ceux qui le construisaient, et donnèrent à chacun une voix particulière ; de là le nom de Babylone qui fut donné aux débris de la tour. Cette confusion des langues, que les dieux avaient produite, fut suivie de la guerre que Titan tit à Saturne. » Cette tradition ajoute à ceWe Ol^ Na^ Q»«ûè&e le fait, for^
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robable, d'une effroyable tempête, au milieu de laquelle Éternel serait descendu vers la tour.
Après avoir lu ce fragment de Bérose, on s'étonne Il premier abord de ne trouver ni légendes, ni symoles, ni mythes relatifs à la tour de Babel, chez les Phéiciens et les Égyptiens, chez les Hindous et les Perses, bez les Grecs et les Latins, chez les Scandinaves et les laves. Mais ce qu'il y a de plus étrange, c'est que la *adition se soit fort bien conservée chez les Chinois, où 3 signe de la tour a le sens de se séparer dr son phe^ et hez les Coréens qui « croient que tous les hommes ne paradent qu'un même langage, mais que le dessein de bâtir me tour pour monter au ciel avait causé la confusion les langues ^ » La tradition des Coréens n'est sans doute |ue la copie de celle des Chinois, car les premiers ont •eçu toute leur civilisation des seconds, et jusqu'à preuve lu contraire, quand il y a identité, la présomption est en aveur de l'emprunt. Mais ce ne sont ni les Chinois de l'ouest, ni les chrétiens de l'est qui ont enseigné l'histoire de la grande tour, de la confusion des langues , de la formation des peuples aux sauvages du Brésil, aux races civilisées des Aztèques, des Cholulains, des Chiapanais, de Miztèques et des Zapotèques.
» Chaplevoix, t. i, p. 626.