C.UIACTÈtlES IKTELLECTUELS
En ce qui concerne le chinois, les tons sont plus marqués dans les provinces qu'à la capilale, el surlonl dans le Fouh-kien el le Kouang-toung où le langage a conservé le mieux des caraclères d'archaïsme. Cela explique, par analogie, pourquoi le sifimoïs, donl l'origine remonte sans doulo à une date fort reculée, et qui n'a jamais éié l'idiome (l'un peuple 1res civilisé, possède un sysléme (l'inlouaiions musicales pins développé et plus essentiel que celui du chinois.
La limgue siamoise manque d'inilexions, el la caiégoi'ic grammaticale de ses mots ne se recotin^ùl guère qu'à laplaro qu'ils occupent dans la phrase. C'est ainsi qu'un même mol, au moyen de quelques affises, peut être successivemcnl employé comme nom, comme adjeclif, comme verbe ou comme adverbe.
Les mêmes procédés se retrouvent identiquement dans la langue chinoise. A proprement parler il n'y a point de décHuaison ni de coujugaison : en d'autres termes, le nom, pour exprimer les liilTêrents cas, le verbe pour exprimer les modes, les temps, etc.. s'adjoignent des particules qui servent à l'U nuancer le sens, mais qui laissent le 1 hème substantif ou vtiïbaV a.\iao\a«ve.^\.'wN^riabh.
W STBNOOBAPBn! DO SrAW
Les pronoms, comme ceux de la plupart des peuples de l'Asie orientale, sontremplacés par des locutions de fierté ou d'humilité qui indiquent le rang oîi est placée la personne qui parle, à qui l'on parle, ou de qui l'on parle.
De nombreuses préfixes rappellent le système grammatical de la langue malaye. Il en est de même des particules numérales ou déterminatifs spécifiques, qui sont d'un usage très fréquent en siannois, comme en chinois, en japonais, en malay, etc.
Le sujet (nominatif) précède le verbe et celui-ci le régime (accusatif). L'adjectif, contrairement à ce qui a lieu en chinois, suit le nom ou substantif, et de même l'adverbe suit le verbe qu'il qualifie. Le régime indirect est toujours placé après le régime direct. Ces règles de syntaxe ne s'apliqnentpas aux mots tirés du pâli ou du sauscrit qui se disposent d'ordinaire suivant des principes de position absolument différents.
11 faut signaler aussi les noms composés qui offrent, en langue thaï, de nombreux idiotismes et qui permettent encore de la rapprocher de la plupart des idiomes parlés par les peuples de race Jaune et par ceux de l'archipel Indien. Ainsi l'on dit, en siamois :
.w^>i? t/es eaux^ouT « fleuve » , mère de C armée
CAIUCTEHES INTELLECTTJKLS
pour «général »; fils de l'arbre pour» fruit », /ils de l'arc pour « flèche » ; eau du cœur pour « volonté 11. eau des yeux pour k larmes » ; ean de la mamelle pour n lail n ; pied du ciel pour « horizon n ; etc.
Ajoutons quo la langue ihaï renferme de nombreux mots onomalopiques, tels que :
Tian y tintement des cloches », vu « bourdonnement des abeilles », klon n tambour », hao Il aboyer », cab « bruit d'une épée qui frappe », ^î/'m "bruit, tonnerre, fracas ", M(A« mettre tout sens dessus dessous en cherchant ».
Quant aux mots relatifs à la religion, ils ont été empruntés à la langue sacrée de l'Inde ancienne et ont subi quelques modifications en passant par le pâli.
L'alphabet siamois est dérivé du dêvmiâgarî ou écriture sacrée de l'Inde brahmanique. Il se compose de seize voyelles et de treiite-sis consonnes. Comme en sanscrit et en javanais, certaines voyelles sont tracés avant la consonne qu'elles doivent suivre dans la prononciation. On écrit ainsi :
i-m pour mi, — e-k pour ke, — ao-t pour tao, etc.
De même que dans nos langues &\ïcci^'twwaes, }es lettres thaï se smveuX, è.Mv^ \^ ^"'"
64 ETONOGRAPHIE DU SIÂM
Voici le tableau des signes qui composent Talphabet siamois :
Voyelles.
a â i î fi « oS ou rii. ru li lu t è ai àl a ào &m à
Consonnes.
0UTTUBALE8 :
ni/ ^ f) P7 îy >î
Jko Vio kho kho hho kho ngo PALATALES t
^ n ij II tiJ y
lyo tchù tcho to tcho yo UKGUALES :
3 5 J '^ ^ ni
do to tho tho tho no DENTALES :
f) n îi n f u
éh to tho tho tho iio
reriES intellectuels
V il iJ cl )i yl î] V
bo 1,0 t-ha fa p ha fo p-ho mt
V T 'îi'3 f) -Bt^llfl d É
Signes orthographiques :
© li^fl iDilio].
' *îgn« final.
On a donné, comme on le voit, à l'alphabet siamois la disposilion qui esl commune à tous les alphabets de l'Inde cis-gangélique dérivés de l'ancienne écriture dèvanâgarî, ainsi qu'à ceux du kambodgien et du javanais. De même que dans ce dirnipr, la voyelle a inhéienle aux consonnes s'est altérée de façon à se ronfondre avec l'o. Enfm plusieurs des eonsonnea dites 'I adoucies », telles que g, dj, z, ont été remplacées par des consonnes u fortes » corpondanlcs.
L'imprimerie n'a été introduite au Siam qu'à une époque tout à fait récenle. Au comniencement de noire 8"\fec\c tV o.'D.\àî\ç.\ii:wî^^;s
ÎTHNOGBAPniE DC SfAM
les livres du pays étaient tous écrits à la main, sur carte blanche ou noiro pliée en paravent et de format oblong. Un grand nombre d'entre eux étaient ornés de peintures. On peut en
voir quelques curieux spécimens à la Bibliothèque Nationale de Paris,
- CONDET
I IXTELLECTnELLE.
Le peuple siamois a seulement commencé, dans ces derniers tennps. à entrer dans les
voies du progrés et de civilisation. Longtemps soumis à un régime despotique et arbitraire, il n'a pu développer que fort peu les qualités iulcllecluelles de son génie national. Le système des castes, bien que modifié de jour en jour, subsiste encore diins le pays ; on peut, en efTet, considérer comme autant de ffrmipcs dislinc.ta. les mandarins dont les chaigcs sont g-énéralemeul hèvèiUoÀïe^, V*
CABACTÈBES INTELLECTUELS 67
bonzes ou religieux bouddhistes, les soldats, les khao-dueji oa gcas corvéables qai doivent au roi trois mois de service par an, et les esclaves. Ceux-ci , d'après Pallegoix, forment au moins le tiers de la population. Le roi jouit, en outre, d'une omnipotence telle qu'il est le maître absolu de tout de ce qui existe dans le pays. Craint et respecté ii peu près à l'égal d'un dieu, personne ne se permet de le regarder en face, et nul n'oserait lui contester le droit de s'emparer sans indemnité aucune de ce qui peut lui plaire, immeuble ou objet mobilier, peu Importe.
L'instruction publique enfin est insuffisamment organisée dans le pays, et les enfants n'ont guère d'autre moj'en d'apprendre quelque chose qu'en se mettant sous la direction de bonzes ignorants qui atrophient les germes de leur intelligence. L'enseignement du bouddhisme, d'ailleurs, est peu fait pour donner à l'esprit des jeunes Siamois l'activité nécessaire à l'émancipation d'un peuple.
Dans do telles conditions, on peut dire que le roi représente à peu près seul l'état intellectuel de la nation, et que cet élal intellectuel dépend des iilées plus ou moins généreuses, plus ou moins Vibfet&\tsc\.-çï*i^t'i'^i"^'^'«> gui sont accueillies â. la Ojut. ^H
tS^ ÉTHNOQnAPHIE WJ SlAtf
Le prédécesseur du roi actuel, P'ra Paramende?' Maha-Monghtl , s'éliiiL montré de tout temps fort curieux de connaître les sciinces et les arts de l'Europe ; et les études auxquelles il s'était livré dans co but, l'avaient amené tout nalurcllemonl à comprendre la nécessité d'introduire des réformes dans l'organisation politique et sociale de ses étals. On lui doit une amélioration considérable du sort des étrangers établis à Bang^kok, sa capitale, de grandes libertés accordées aux missionnaires chrétiens pour l'exercice et la propagation de leur culte, la libre circulation dans son royaume des savants et des explorateurs, l'établissement de quelques agents consulaires en Europe, la publication de plusieurs textes de lois locales eld'ouvrtigos d'iirchéologie, d'exégèse religieuse et de littérature. On sait enfin qu'il est mort à la suite d'un voyage qu'il avait entrepris dans des parties insalubres de la presqu'île de Malâka, afin d'assurer toutes les dispositions nécessaires au succès de l'espédition envoyée par la France pour Tobservation de l'éclipsé totale de soleil, en 1868.
Son fils aînéj qui règne actuellement au S!am sous le litre de JWn/in Cftu(a'on/;im, a njoatré de g-randes dispoailvona a î.\i\Nïe\«'s.
CIRACTÈRES INTELLECTUELS C9
Iraces glorieuses de son père ; el, depuis son élévation au trône, il n'a cessé d'accueillir les étrangers avec bienveillance et de manifeslcr le désir d'ouvrir ses Etals à tous les progrès de la civilisation moderne. 11 a même conçu le projet de modifier de fond en comble la forme de son gouvernement el a exf>rimé la pensée d'établir « une monarchie conslilulionnelle basée sur la pondération des pouvoirs. Il Avec de telles intentions, on peut espérer que la nalion siamoise verra désormais, d'année enaanée, son sort s'améliorer, au contact des idées européennes, et sa place se dessiner d'une façon définitive dans lo concert politique des puissances de l'extrême Orient.
§ 3. — Caractères religieux.
La religion dominante du Siam est le bouddhisme. Ci'lle religion, qui compte à elle seule un nombre de sectateurs à peu près égal, sinon supérieur, à celui de toutes les autres religinns du globe réunies ensemble, est généralement cullivéïi par tous les peuples de race Jaune. bi<'n que ce nu soit pas au siiu de ceu.î-rj (jn'elle aiL çns uûAï^^ti.W'ifc - ^^>- *'à-"^ ■ J en effet, que la docWmG ic (;àkya-M.QiJ||jJ
ETHMOORAPBIG DU SIAM
été fondée dans la presqu'île cis-gangétiquc, au milieu do la population brune foncée soumise par les conquérants arîoDs; mais depuis
Li? Bouddha Çuliya-Moi:
longtemps elle a été extirpée de cette contrée, et dans l'Inde entière exceplé à Ceylan, où habile une race anarieune, elle a disparu, jjour se réfugier au Tibet, en MongoWe, «^
CAHACTÉHES INTELLECTDELS 7l
Indo-Chine, en Chine, en Corée et au Japon.
Le Bouddhisme, tel qu'il est pratiqué au Siam, repose sur le dogme fondamental de la transmigration des âmes. Ses sectateurs croient, dans une certaine mesure, à l'immortalité de l'âme et au principe des récompenses et des peines dans les vies successives d'oulre-lombe. Après un nombre plus ou moins considérable de Ipausmigrations, lequel varie suivant la somme de vertus et démérites, de bonnes actions et .d'actes de dévouement de chaque individu, l'âme de l'homme arrive à une sorte de repos final qui est considéré, chez ces peuples, comme le suprême bonheur.
Une fois parvenus à ce repos final qu'ils appellent nip'an ouniripan (sanscrit nirvana)', les êtres, débarrassés de leur enveloppe matérielle, ne sont plus sujets h mourir ni à renaître ; ils sont délivrés de toutes les passions, de tous les soucis, de taules les sensations qui nous dominent durant notre vie terrestre; ils ne sont plus affectés par les choses du dehors et leur existence individuelle se confond dans le grand tout de l'existence des autres êtres',
1. Litt. Éteint par an soufDc, anéaQtiaacmeatdescandîtioDB de l'e:!lsleDce.
2. Voyez lus WQjoiBnagealQdiçèiieatBVaïÂfe.a.ii.'^wr' '"-"' Eiplicaliona que J'eu ai têauie», iv.'aï o""'
co
•W^ BTBSOOaAPBa DU srA»
Ce dogme du nirvana a été l'objet d'innombrables discussions. Gautfuna, le suprême Boudiliia, csl placé ail rang le plus élevé dans ce lieu ambilionné du calme et du repos éternel. Des légendes, lies mylhes de tous les âges ont noyé les principes t'ondamentanxde cetlii doctrine dans un océan do praiiques idolâlrcs el grossières, au milieu duquel l'idée primitive est souvent bien difficile à apercevoir. Qu'il suffise d'ajouter que, de nos jours, les Siamois, qui on t peuplé le monde métaphysique de ciels, d'enfers, do génies et de démons, n'ont plus l'idée précise d'un Dieu, et que Gaulama lui-même, placé au-des<us de toutes leurs divinités secondaires, est loin de posséder toutes les qualités d'un Lire suprême, car, au dire des bonzes', son pouvoir n'aura plus guère que cinq mille années do durée.
Je croîs devoir signaler enfin quelques idées qui me semblent trèscaiactéristiques dans la docirine dus Siamois, el que l'on rencontre égalem>?nt, mais à des degrés divers, chez les autres peuples ronverlis à la doc-
ino du bouddha Ç;lkya-Mouni.
Les sacrifices humains, longtemps en bon-
Ci-awfurd, JDui-nat, L Jl, p. blj.
lliHIIIM
^^^V cahactèuës intellectuels 7^
neur chez les nations ariennes, sont condam nés par la loi bouddhique qui prescrit de n jamais verser le sang, fûl-il celui de l'être h plus infime. Suivant le Palimàk, recueil dea Règles dos religieux bouddhistes, on doin tamiser l'eau dans la crainte qu'il ne s'y IrouvM de petits animaux qui périraient , éviter d& faire du feu de bois de peur de brûler les in-i sectes qui peuvent s'y être logés; ne pas cuire du riz qui renferme un germe, ne rien manger de ce qui a vie, pas même des légumes ou des grains qui sont encore susceptibles de germer [sic) ; éviter en marchant d"écraser les fourmis ou autres insectes. Il est évident que plusieurs de ces règles sont impraticables, et les talapoins en font souvent Bon marché.
Néanmoins le respect de tout ce qui a vie est plus profondément enraciné dans le cœur de^ bouddhistes que dans celui des seclateuri d'aucune autre religion connue.
Les dix commandennents de la religloj siamoise défendent, en outre, de boire du v et de manger après midi; de fréquenter lej jeux ou spectacles publics et d'écouter la muJ sique (sans doute la musique dont le but eal d'esciler les passions brutales), de faire 'i^'^i^'i de parfums et de s'omet de ÎVcvw?. ç.\i^'û^t^^ |, objets de parure; do se reçoaer om à^& \««^^
TO ETjUHOQBiPAIE DO SUM ^
sur LQL- couche qui ail plus d'une coudée de haut (ce qui, aux yeux de la religion, aurail probablement pour effet d'elléminer les hommes), etc.
Au point de vue ethnographique, le houddhisme à Siam, comme dans plusieurs autres contrées de l'exlrème Orient, doit être envisagé à deux points de vue différents. Pour pouvoir apprécier l'influence de cette étonnante doctrine sur le développement primitif des peuples asiatiques qui en ont fait leur croyance religieuse et l'objet de leur culte, il est nécessaire d'étudier les lois canoniques de l'Inde et tous les ouvrages anciens qui ont été composés pour leur servir d'explication. lien est tout autrement lorsqu'on veut se former une idée exacte du mouvement intellectuel qui s'opère de nos jours chez les bouddhistes les plus instruits. Aux yeux de ceux-ci l'idéo qu'on attribue l'i Çàkya-Mouni et qui a élé dénaturée en traversant de nombreux siècles d'ignorance et de préjuiiés, est simplement une assise, mais une assise grandiose et solide, sur laquelle doit être édifié le monument de la foi des populations modernes. Alabaster nous fait connaître, à ce sujet, les idées d'un grand seigneur siamois qui s'était préoccupé fifjusiiûcr sa religion aus. veux. à\iï. Y,\iïtt-
pécns ot « avait énoncé une forme do bouddhismo d'un iiilériH considérable pour beaucoup de personnes qui, dans ces temps de critieisme cl de dout« ', ont perdu toute foi et toute espérance, et cherchent en vain une fondation sur laquelle ils puissent reconstruire l'édifice do Ifiur croyance, n
Les néo-houddhistes sont convaincus du grand avenir réservé à leur religion et soutiennent qu'elle seule ne se trouve jamais en contradiction avec les progrès de la science positive et du raisonnement.
En dehors du culte bouddhique, on ne rencontre guère de religion qui compte un nombre important de sectateurs dans le royaume de Siam. Il existe bien une pagode consacrée au culte de la trt'mourlî ou trinïtô brahmanique, mais ce culte y est placé à un rang tout à fait secondaire. On le retrouve d'ailleurs plus ou moins bien enraciné dans tous \qs pays où s'est établie la foi de Çflkya- Mouni.
KiRmpfer rapporte que les Siamois, à son époque, représentaient, dans leur temple, le premier instituteur dr leur religion, sous la
ETHNOOHAPBIB DV SfAK
\ figure d'un Nègre de grandeur colossale, avec fies cheveux frisés (crépus?) cl la peau noire. rll avait à ses eûtes, deux do ses principaux disciples, égaioment noirs de peau. Ce Dieu Nègre est, sans doute, le Vichnou des Indiens qui aurait apparu, dans le monde, avec celte couleur, lors de sa neuvième transmigration.
Peut-êtrey a-t-il aussi, dans cette image, une réminiscence de la période où le pays était occupé par une population noire analogue aux Négrilos aciuels des îles de l'Océanie.
Enfin l'évoque Pallegois m'a assuré que quelques Siamois instruits cultivaient la doctrine de Confucius, dont ils avaient traduit les premiers ouvrages. Le nombre de ceux-ci est toutefois très restreint et va s'affaiblissaot d'année en année.
Les Institctioms sociales.
Lgs ioslitulions sociales des Siamoiag comme celles de lous les peuples de rextrèoi Orient, reposent sur une idée que les Chinois expriment par le mot Hiao. Ce mot, qui ai-g gnifie littéralement « Piété filiale », a reçu? dans la race Jaune, une extension considérable ; il exprime non seulement les devoirs des enfants vis-à-vis de leurs père et mère, mais encore les devoirs réciproques des parents, des amis, et même de tous les hommes soit entre eux, soit à l'égard du souverain qui est considéré comme le chef de famille, (le toute la nation.
L'idée de la (i Piété filiale », chez ces peuples, n'est pas seulement considérée comme fa règle de conduite dans la société : elle est ea plus le principe sur lequel doivent néeessairement reposer les insLiLulioft* ^«aVv'ûi^^fe'». *^ la iégial&lion du pays.
"78 Krn^tôMAPnfG nn szas" ^^^H
Le p^re An famille esl l'objet cl'uno véiq^^H tion toute particulière parmi les Siamois, e(t9 les enfants se distinguent par une obéissance et un attachement profonds pour leurs parents. Le père et la m^re ont d'ailleurs lo droit de veodre leurs enfants comme de simples .esclaves; mais, eu dehors de la crainte que Jpeut inspirer ce droit excessif, il faut attriibuer aux mœurs et au système d'éducation la bonne conduite de la jeunesse du pays.
Une seule épouse légitime, à laquelle est donné le nom de « grande femme » est accordée par l'usage aux Siamois; mais il leur est permis de prendre autant de concubines petites femmes » qu'il leur convient, et d'entretenir ces dernières sous le toit conjugal. Toutefois les femmes secondaires ne jouissent point des prérogatives de la femme de premier rang, dont elles sont en quelque sorte les servantes et à laquelle elles doivent
I obéissance. Les enfants de l'épouse légitima sont les seuls qui puissent hériter de leur père, et ceux des concubines doivent se contenter de ce qu'il convient aux enfants de la première femme de leur abandonner. Il y a exception à cette règle lorsque le roi, dégoûté d'une de ses femmes, en fait cadeau i l'un, de es sujets privilégiés. Une èçouae ÔLVûveX.'^^ k. d
C*nACTÈRES MORAUX 7Î)
origine doit parlicîper h lous les droits Je la femme légitime, et les courtisans lui donnent souvent le gouvernement suprême de leur maison.
Lesfemmes ne reçoivent généralcmeutpas d'instruction, et elles n'ont d'aulro occupation dans leur intérieur que de s'occuper du suîn du ménage, de faire la cuisine et de servir à leur mari la nourriture qu'elles ne prennent d'ordinaire à leur tour, que lorsque celui-ci s'est rassasié. Hors de leur maison, leurs mari» les font travailler aux champs, tandis que ceux-ci remplissent des fonctions militaires ou ne font rien du tout. Elles ne sont point reléguées, comme les femmes chinoises, dans des sortes de gynécées, et elles ont la faculté d'aller de côlé et d'autre, dans la ville ou dans la campagne.
Les femmes se marient de bonne heure, d'autant plus que, dans la race Jaune, la nubilité se manifesle à latitude égale plutôt que dans la plupart des autres races. Dans l'intérieur de leur ménage, les jeunes épouses ne font usage d'aucune espèce de vêtement ; celui qu'elles portent en dehors est, comme je l'ai dit, d'une simplicité toute çciïft\*ÂNe..
Dans Jes classes poçuAavTes, \ft yï\m"\ ç^AvA» B|. /enime de ses dcmcrs; g\. a\o^5> ç,'i\\'i-'«*^ '*^*
ETllNOORAPHIE DU SIAM
traitée en mardi and isc qui peul èlie revendue au gré de l'acquéreur. L'épouse ainsi achetée n'en est pas moins considérée comme légitime, si elle a éL« acquise pour êlro « grande femme ». Chez les gens riches, les femmes non seulement ne s'achètent point, mais encore elles reçoivent une dot de leurs parents ; de telle sorte que le mari n'a pas le droit de les vendre, ni même de divorcer avec elles sans leur restituer l'argent qu'elles odI apporté en mariage. Le divorce d'ailleurs esl très facile à opérer, et il s'en présente de fréquents exemples dans le pays. Une femme qui a garanti les dettes de son mari, répond de leur paiement sur sa propre liberté; et elles ne sont pas acquittées, elle devient, el parfois ses enfants avec elle, esclave du créancier. Ses services sont réputés équivalents de la somme due ; et si le mari vient à payer sa dette, on lui rend sa femme et ses enfants. Les esclaves de celte nature, qui ne se plaisent pas chez un maître, peuvent aller chez un autre, pourvu que celui-ci consente à désintéresser le premier créancier. Au dire d'un missionnaire qui a passé une grande partie de sa vie dans le Siam, l'évèque Palleg-o/x, les esciaves formetaienV, au mom?. le quart de la population du royaume.
CARACTÈHES MORAUX Si
Il faut signaler aussi un usage d'origine chinoise et qui consiste à s'informer de l'heure de la naissance dos jeunes gens qui doivent se marier, et de confier à des sorciers le soin de lirerles pronostics qui résultent à leursyeux de la connaissance de ces heures sacramentelles. Enfin, mentionnons une cérémonie que Turpin compare h celle du bouc émissaire chez les anciens Juifs, et qui consiste à porter de rue en rue, sur un brancard, au son des lamlams et autres instruments de musique, une femme flélrie par ses débauches. Le peuple t'accable d'injures, lui jette de la boue au visage, et, après l'avoirbien promenée, lajelle sur un tas de fumior hors de la ville avec défense d'y jamais renlrer. Cette cérémonie a pour effet, disent les infligènes, de faire tomber sur celte femme toutes les mauvaises influences de l'air iH des esprits malfaisants.
Pour rappeler à l'épouse le respect qu'elle doit à son mari, l'usage ne lui permet pas de s'asseoir en sa pi-ésence ; et, jusque sur le lit conjugal, un lui donne un oreiller plus bas, pour lui rappeler son infériorité.
Le mariage est interdît au premier degré; mais on peut épouser il son ç;ïfe %?k tî?i\ià\sis germaine *>(niênip les Apaxs. ç-Q>a\*\ v«\v
F.TrTSOCIt.\prTIE DO SIASI
lire, pourvu iju'nn ail soin do comm^
par l'atnée. Conlrairenient à cette
les rois (le Siam, à l'instar dos souverains de
Barmanic leurs voisins, épousent leur plus
. proche parente, et souvent même leur propres
\ sœur.
Les femmes siamoises sont renommées pour leur chasteté et leur bonne conduite. Celles qui, par hasard, se laissent aller à la débauche, sont livrées par lajuslice à des tigres pour être dévorées. La moindre caresse faite à une femme peut entraîner un procès, à la' suite duquel le coupable peut encourir ta peine de l'esclavage,
La monarchie siamoise est absolue. Lo roi, qui est en quelque sorte considéré commâ un dieu, et devant"lequel personne n'oserait se dispenser de se prosterner, a seul le droit do condamner à m9rt : c'est pourquoi on lui donne le titre de CAao-tchivit « Seigneur de la vie ».
Le despotisme du souverain est toutcfoîâ' tempéré par la force des institutions', et Turpin n'hésite pas h dire « qu'il n'y a point do
1. Un rfiglcmeat iulitiilé : F'ra raie.ha: manthiei-ahan. ui^jreacrit les deïoira du roi dans loutee les cli-consices de sa vie, est géaèralemenl aïiBerst ûlv^amamifeTe; ■ssMscropu/fiuae.
mÊtÊÊÊÊÈi
pays où l'on observe plus de fornialiLés pour assurer la vie du citoyen, » bien qu'il n'y en ail point non plus où les peines soient plus sévères. C'est d'ailleurs 1q syslème de tous les états civilisés de l'Asie orientale, où la pensée du législateur a cherché avant tout à prévenir le crime en donnant au peuple une crainte salutaire des supplices.
L'usage veut qu'il y ait, au Siam, un second roi désigné jadis sous le nom de ouparat, et aujourd'hui sous celui de vi.nujna. 11 appartient d'ordinaire à la famille du premier roi. Comme les anciens syait-f/un du Japon, il est chargé du commandement de l'armée en temps de guerre. H doit être consulté pour toutes les questions importantes de la politique et de l'administralion. Tenu de visiter le souverain plusieurs fois chaque année, il le salue en élevant les mains, mais il ne se prosterne pas, et s'assied en sa présence dans des conditions de parfaite égalité. On a re- j marqué que ce double rouage du gouverne-* ment siamois n'avait jamais causé de difficultés dans le gouvernement du pays.
Ainsi que nous l'avons dit, les rois de Siam choisissent pour épouse légitime une de leurs proches parentes. Leurs Jilles sont condam- I à rester vierges LoMVe Va^t N"\'i ,\4. Nàv
^ STflMOBRAra» DIS SI.\U ^M
H soupçouneuse de cel état n'admettant 3
H que le roî puisse avoir des gendres. ■
H L'exercice do la justice est confié an
W magistrats qui sont en même temps invea
d'une autorité civile et militaire, ainsi quM
la perception des impôts. Le code du St^l
été imprimé à l'Imprimerie royale de Bsn
kok. Parmi les lois qui le composent, il eoM
qui remontent à l'an i0o3 de notre ère;9
I est même question d'un Règlement qui h
^K de l'an 561. ^
^^H Pour obtenir des avcus, lorsqu'il s'agin ^^B grands crimes, on fait usage de la tortn ^^H et l'on fait mention de certains suppla ^^H très cruels ; mais le plus souvent la sév^ ^^^ft. menaçante des juges se traduit par despen ^^^B-légères qui sont une preuve de la douQH ^^^Bextrême du caractère national. Les scélêrfl ^^^f par exemple, sont condamnés, pour toute ta ^^H vie, à couper de l'herbe pour la nourrîM ^^H des éléphants du roi. C'est, dit PaltegfH ^^H <( ce qui constitue les galères dans ce pn
^^r ^ti "^ ^BÏt '''^^ â<^ précis sur la constllafl P de la propriété au Siam ; et cela par M
bonne raison, c'est que cotte constituliolfl L est point réglée d'une façon précise. Tl'*tJ
I Ja plupart des auteurs (\m oiiV sft\o\i.tue «
ce pays {Tiirpin, Pallegoix, etc.), la propriété, même immobilière, n'y est jamais assurée, puisque le roi a toujours la faculté de s'emparer de ce qui lui plaît, sauf à indemniser, suivant son seul caprice, les propriétaires dépossédés.
g 2. — Mœurs et lùutuuks.
Les rois Thaï entreliennent un régiment de femmes qu'ils emploient tantôt à la garde de leur palais, tantiH à la guerre. Les jeunes filles admises à l'honneur de servir dans cr corps d'élite, comme toutes les femmes d'ailleurs qui sont attachées au service du souverain, doivent rester vierges toute leur vie. Elles ne peuvent violer leur engagement k cet égard que dans le cas où elles seraient appelées à venir prendre rang parmi les épouses royales, ce qui arrive quelquefois, lorsque Sa Majesté Siamoise veut récompenser l'une d'elles de sa bravoure et de ses talents militaires.
Le serment, non seulcmenldevant les juges, mais dans une foule de circonstances de la vie quotidienne, est entouré de formalités caraclérisliques. En ces oacaa\OTx%)^ it^&V^^
hiludi! que ceux qui parlicipeut à l'engagcmenl boivent de Tarak dans la même coupe et se piquent une partie du coi-ps pour en extraire le sang dont ils doivent s'abreuver réciproquement, Uno pratique analogue existait chez les anciens Scythes et chez les Babyloniens.
Dans laplupai't des villes du Siam, on fait usage de petits coquillages ou caui'ies , comme monnaie courante. 11 existe égale-
nient des pièces eu porcelaine affectées à certains paiements'. On emploie communément l'abaque chinois {sanpari) pour calculer, Comme eu Chine, le cycle qui sert à la computation du temps est de soixante ans, et il existe nu autre petit cycle de douze éléments, dans lequel chaque année est représentée par un animal qui lui est spécial, comme cela se
1. Je dois la connaissance lie ces siuguIiAres a la bieaTeillance de M. le docteui' Ad. Meyer, qui fait l'amitié de m'en procurer quelques moulines. L cription, qui Ifgure à lai^arLie siipËrieure, evi eu ce