TRADITIONS KT HISTOIRE CW
theval'jk fut la première ville el la preniièn! capitale du pays. Or, celte ville existe encore do DOS jours. Située sous le 19" degré de latitude boréale, sur un des embranche monts du fleuve Me-nam, non loin des frontières du royaume de Tvhien^ -mai, elle figure sur les cartes sous le nom abrégé de Smii/khalok. Quant à la date de sa fondation , il est assez difficile de la déterminer par suite des lacunes qui se rencontrent dans le Pongsa.vadan rmiang-nua. On peut néanmoins fixer le commencement du règne du premier roi élu dans cette ville à la 300" année du Bouddha, laquelle répond à l'an 43 do notre ère, et ajouter que les époques antérieures à ce règne à peine historique -sont ignorées des Siamois eiis-mèmes et demeureront k jamais perdues dans l'obscurité des temps, à moins que des fouilles entreprises à Sangkhalokj ne viennent nous révéler des faits dont les indigènes n'ont pas su conserver le souvenir.
Ce témoignage des historiens siamois, fortifié par le récit des émigrations qu'ils noua signalent de siècle en siècle daus la direction du mird au sud, s'accorde d'ailleurs avec ce que nous voyons à, Vongme ^a VoxA.t'^ Na.*.
chilisatinos antiques. liCs U'^m.'^ çS-m'-^'^m
^^^M PO ETrlNOGn^^r^lE du siam
^^H ti'lccs, d'aburd canlonaùcs sur lo versanl des ^^^B montagnes, quitteut peu à peu ces régions ^^H inhospitalières pour gagner la plaine plus ^^V propre au développement d'une nationalité ^^H naissante ; puis, lorsque les bases d'un état ^^K ont élè jetées, que le peuple a grandi, nous ^^H voyons les limites primitives de la nation ^^^B s'étendre d'âge en Age et des essaims de ^^^ft population s'éloigner de jour en jour du ^^^K centre social jusqu'à ce que l'Océan lui ^^^B présente une bai'rit;re qu'une période nou- ^^^B velle de progrès lui permeltra seule de fraa- ^^^K chir. L'histoire do la Chine nous fournît, ^^^Ê au cœur de l'Asie Centrale, \m exemple ^^* frappant de cette marche originelle des I peuples; l'histoire du Slam nous en montre
[ UQ autre au cœur de l'une des vastes pénin-
^^H suies de l'Asie Méridionale, exemple moins ^^H grandiose sans doute, mais non moins utile ^^H à enregistrer dans les archives de la science ^^V ethnographique.
^^H Les données qu'il est possible de recueillir ^^T' sur la fondation de Sangkhâlok, ville -que les I historiens indigènes considèrent comme le
I berceau de la nation siamoise, sont jusqu'à
' présent bien peu nombreuses ; elles sont
cependant dignes de V aVlftwlVou A^s^v. tt\W.Q- ^k graphes. iVous les rappotVcïonsXcÂ.
TnADlTIUNS F.T UisTlIlRE 91
Un mobile religieux délermina la fondalion de Sangkhûlok, et l'histoire nous apprend qu'elle out lieu sur l'inilialive d'un vieux brahmane nommé Batliama-Ralcha.
Dans cetlo ville, qui fut élevée en sept ans, on irig-ea des pagodes pour les prêtres du Bouddha et des temples consacrés à Siva et à Vichnou, de sorte que le bouddhisme y fraya dés l'origine avec le brahmanisme, et que les ministres des deux religions furent d'accord pour soumettre le peuple à l'autorité de leur enseignement et de leur culte.
Les dogmes et les superstitions brahmaniques et bouddhiques furent ainsi répandus simullanément dans la nation qui participa tout entière aux cérémonies et aux pratiques des deux doctrines. Sectateurs du Feu, les anciens Siamois admirent sans hésitation et sans répugnance le mélange hétérodoxe qu'on leur présentait, et, dans leurs temples, ils brûlèrent des parfums pour honorer en même temps tous les dieux de l'olympe indien.
Ces vagues données historiques sur les
plus anciens temps de la monarchie, nous
munirent donc l'existence de migrations re-
ïigienses veniies de V\ïiàe c\ï,ÇjaTv^'t.'C\'ifis. ^s»"'
■ejaiières lueurs île \a cW\Vvsa.'C\o^ %\asos.vt«-.
fitovomiAPHri! i>^ srAM
1 capitale
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do la c
salion siamoise. Le Siam, à cette épogo^^
acquérait de joue en jour une puissance
nouvelle ; et dos victoires, remportées sur 'ses voisins, établissaient sa prépondérance vdans la péninsule. En 1352, c'est-à-dire ^deux ans après l'édilicalion lie Youlhia, le m, toi de Siam vini assiéger Angkor, au Cam- Kbôdge, et se rendit maître, l'année suivante, mên colle ville célèbre, oii il établit comme Kprince un de ses fils nommé Pa-Sal.
I Peu après la destruction de Youthia, qui l^ut réduite on cendres au bout de deux années l^de siège, parut un prince nommé P'aya-l/iak l'qui fut un grand conquérant : il réunit sous l«on sceptre les royaumes de Tchieng-maï et Ide Lîgor, obligea les Cambodgiens à recon- Fnaître sa suzeraineté et s'empara du port de
Chanlaboun sur le g-olfe de Siam, et de la.
ville de Kan-kao sur les frontières do. la
Cochinchine.
L II faut ensuite arriver aux temps tout à fait ■nnodemes, c'est-à-dire au règne de Pra Paramnender Mtiha-Mongkut , père du souverain tàctuel, pour trouver des faits de quelque ïîmportance au point de vue de l'évolu-
iioji ethnique et intellectuelle de la nation sfamoiso. Le Siam lit pAus i\e çïOgtV-?- *.ovi.?.
ce prince qu'il n'en avait réalisé [londant les lungs aièclus antérieurs ; et la contact des Européens, favorisé par la cour îles Bangkok, vint apporter aux indigènes uiits ère nouvelle de civilisation qui n'a plus cessé de se développer jusqu'à nos joura.
En résumé, le peuple Siamois ne possède que peu ou point de ces grandes Iradiîiuns bisluriques sur lesquelles vient se fonder le sentiment de la pairie et l'idée de la nationalité. L'avenir dépend pour lui de la rapidité avec laquelle il s'initiera aux sciences et aux progrès de la civilisation européennne; et c'est seulement sous le bénéfice de larges réformes et d'un développement considérable de l'instruction publique qu'il peut espérer prendre place dans le concert des nations modernes et échapper aux éventualités de la domination étrangère.
ETHNOonMiHrB'tm stxif
CHAPITHE VIII
Le génie naltonat.
- Les Ai'TiTUDEs.
Los Siamois u'onl pas nncorc été sufËaai ment éliidiés dans leur vie iiilime, surtout au point de vui; où se place l'ethnographe, pour qu'on puisse définir quelles sont les aptitudes qui les caractérisent; et, jusqu'à présent, iln'cst guère possible de mentionner autre chose que leurs qualités négatives.
Ces peuples passent loulofois pour avoir une sorte d'instinct naturel pour la musique; et la manière dont ils pratiquent les devoirs de l'hospitalité mérite d'être citée avec éloges. Non seulement ils accueillent avec aiïabilité le voyageur en quêle d'un gîte et le font participçr de bon cœur à leur modeste repas, mais encore on les voit souvent porter sur le bord des roules de grandes jarres d'eau, et parfois même des carbeilles de fruits pour ppimcUrii à ceux qui les parcourent de se
LE OÉNIK NATIU\A1. 97
désaltérer el de prcndiv quelqui? Douiriluro avant de continuer leur vuyage.
A l'instar des Persans, les Siamois onl une sorte d'horreur pour ]a mer et une aversion marquée pour toute uavigalion au delà de l'embouchure de leurs rivières. Tandis que les Japonais, il y a deux siècles environ, lançaient audacieusement leurs frêles embaicalions sur la mer dos typhons pour aller commercer au Siam, les indigènes de ce pays u'avaieiit garde de se rendre à leur tour au Japon pour y trafiquer. Et s'ils se sont décidés, de loin en loin, â envoyer, par nécessité politique, un de leurs navires en Chine on dans les autres régions voismes, ils ont toujours eu soin d'en confier le commandement et les manœuvres k des Chiuoii. L faut dire que naturellement paresseux, et trouvant dans leur pays, presque sans travail, de quoi suffire àleurs habitudes frugales, les Siamois n'ont jamais montré beaucoup do goût ponr le négoce; aussi les plus forts marchands de leur pays sont encore aujourd'hui des sujets du Céleste-Empire, et quelquefois, mais plus rarement, des Annamites ou des Malays.
STUNOURAPHtS DU SEAU
- La LlTTliBATUHE.
Les Siamois paraissent avoir eu île tout f temps, du g-o'ùt pour les leltros. Leur littérature est très étendue, mais il ne paraît pas ' que leurs écrits aient une valeur ca rapport I av(!C leur nombre. Tous les genres cepeni dantysont représentés.
L'histoire générale et la chronique, la I législation, la géographie descriptive, les r ouvrages didactiques, les traités de mé- I rfecine et d'histoire naturelle, les livres d'astrologie et d'astronomie, les romans historiques et mythologiques, les romans de mœurs et les contes, les drames et les comédies nous y apparaissent comme quelques-uns I des genres les plus cidtivés et les plus propres à exciter la curiosité des orientalistes.
Les ouvrages bouddhiques tiennent évidemment une très large place dans la littérature thaï' : l'on pourrait même dire que la j presque totalité des 1 ivres qui la composent a I ^lé rédigée sous l'inspiration de la puissante ■doctrine de Çâkya-Mouni. Le Siam est au-
). La collcclioii lies
m.fJaiiiols compreuil 3|liBJ voIuyuub.
iliyicuA du liuiiildliisu
mti^immÊk
jourd'iiui l'un des pays oii lo botiddliismo est le plus florissant, el on assure qu'il y a moins dégénéré que partout ailleurs. Les livres de celte relig'ton qui s'y rencontreol en foule sont, pour la plupart, sinon tous', traduits sur des originaux sanscrits ou pâlis, et H n'est pas impossible qu'il s'en trouve parmi eux qui soient depuis ]ong1emps perdus dans la presqu'île cisgangétique '. On varie d'opinion sur le pays qui a fourni au Siani les livres sacrés de l'Inde. Les uns veulent que ce soit Ceylan, d'autres citent la Chine; d'autres enfin le Lao. Divers ordies de faits invitent à penser qu'ils ont été primitivement transportés de Ceylan à Java, el de là au Cambodge, d'où ils se sont propagés sur le lerriloirc thaï. Le respect que les Siamois professent pour les livres Cambodgiens ou Khmer, comme ils les appellent, et l'usage qu'ils font de leurs caractferes dans tous les écrits religieux, viennent h. l'appui de cette opinion qui, d'ailleurs, est d'accord avec la
!. Cf. WilaoD, daiiB le J-jvnial of Die Royal Aiialk Soeiely, t. XVI, p. 236.
2. Voy. Eug liurnout, dans la Journal aniaLiqiifi, 2' %<■- ■■ie. l. fV, p. 21(J ; voy. égaJeiueat Edwaril-E. SaU.ahurj. daus le Journal o/ the Amei-'icati Oriental Snrktiu 1- li p. 116, Sur l'origine Lao des livres boud^llliml.lEl'd^B Siamois, Toy. K.fEmçter, Histoire de ïeinin.vR iu. -'j!Ç"ï>s^ Mttn BoHbère, Description, du royaume de 'S«im.. ^^
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Iradilicin indigène. Toujours CRt-il que^^H ouvrages bnuddliiqties se sont répandi^^H profusion dans lo royaume de Siaui, et O^H h une époque vraisemblablement reculée, Q^^| si on en croit les Siamois, le bouddhi(^^| floi'issaiLchcz eux dans des temps antérie^^l à l'introduction de l'alphabet pâli dans Ic^H pays. ^H
Jusqu'à préscul, nous ne possédons la ll^^| duclion d'aucun ouvrage siamois, et ^^Ê spécimens de divers ouvrages que noui^^| donnés Pallegoix sont très insuffisants pJ^H formuler une opinion sur le caractère d&^^| littérature thaï. Il est toutefois hors de do^^| que cette littérature occupe un rang scc^^H daire en Asie et ne peut en aucune façon âj^H mise au niveau de celle de l'Inde arienne^^H delaCbine; il est, en outre, à peu près c^^l tain, qu'elle se compose, en grande parti^H d'imitations ou d'emprunts. Onliracependl^^l avec intérêt l'épisode de la reine Siin'tfôt'^^^Ê qui, sur un cliamp de bataille, meurt ]^^| dévouement pour son époux, épisode extn^^| ]f^ crois, des annales historiques intîtul^^| P'ong-sa:vadan Mii'ang nti'a. Un fragment I^H prédications, nous fournit également n^M râJ-repx /"xeniple des doctrines des Sianio^^ <î« sujet du ]-e.sport qu'on (\o'\\. a.\o\T ■^ww \a.
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