LK GÉNIE XATION.IL
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vie des animaux, ot du ch/Uiment qui attend, lorsqu'ils renaîtronl, ceux qui ne se soûl pas conformés aux préceples de la religion «l cet égard.
J'ai eu l'occasion d'expliquer avec l'aide du regrettable évêquti de Malins, quelques morceaux de poésie siamoise. C'étaient pour la plupart, des pièces erotiques dans le goût lies gazais persans de Ferdaousi. M, Low, de sou côté, nous a donné quelques fragments d'opéras, de chants populaires, et ce qu'il appelle i> uu sonnet. » Quant aux grandes poésies historiques, sortes d'épopées du génie indochinois, c'est tout an plus si nous connaissons l'exislenco de quelques-unes par la simple mention de leurs litres.
;i ;!, — Les Arts,
De l'Architectuye. — Jusqu'à présent, personne n'a entrepris, autant que je sache, l'étude des monuments du Sîam, au point de vue spécial de l'art archileelural. Ces monuments sont cependant nombreux et essentiellement caractéristiques. Appréciés très diversement par les voyageurs qui les ont visités et car
auteurs qui lesonl mcn\Âi^TO\fc.*. îv*s«*.\«^2f
îJons du peuple, se traduit par uae. élunnanle complexité dans la conslruction àtft çîAîàî. 4»
LE r.ENlE KATIONAI. '103
prince et des grands; ello acquiert une richesse qui éfonne et éblouit dans les édifices destinés au culta religieux.
La consLilulion dcspotiqlie du gouvernement siamois, l'état de servilité dans lequel est plongée toute la population, explique pourquoi l'art est à peu près nul quand il s'agit de construire les demeures du peuple, el pourquoi tous ses raffinements sont exclusivement réservés aux résidences du souverain el aux pagodes bouddhiques.
Le peuple siamois , naturellement indolent, et favorisé dans ses inslincLs de paresse par une nature luxuriante qui produit, sans lui demander aucun travail, à peu près tout ce dont il a besoin pour sa subsistance, est encouragé dans ses habitudes de far ?u'pnfe par les prérogatives exorbitantes du roi et des hauts fonctionnaires qui ne manquent jamais de s'emparer de tout ouvrier de valeur et de le mettre en esclavage pour s'assurer ses services, Aussi l'indigène de quelque talent a-l-il grand soin de laisser ignorer ce dont il est capable, persuadé que son mérite serait pour lui une source de calamité,
La température tropicale du royaume de
Siam permet aux indigènes de cow.ç.Uvvx'i
Jâurs /labitalions de\a tai^0Ti.\ij.i^\vs.\'a^^
i tlimensions en sont, en outi s les localités importantes, ne de trois sorles : celles des riches quî~ fil briques et fort élégantes; celles de la classe moyenne qui sont en planches de divers bois, et enfin celles des pauvres qui sont en bambou. Ces constructions de bois sont fréquemment détruites par l'incendie, et k il n'est pas rare de voir le feu consumer quatre à cinq cents maisons ' ; mais, dans sept ou huit i, tout est rebâti à neuf, gnXce aux parents Betamisqui viennent en aide aux incendiés. »
Beaucoup de maisons de bois sont en outra Econlruites de façon à pouvoir èlre changées B place suivant les circonstances'.
Le style architectural des palais siamois tarait avoir varié très sensiblement depuis leux derniers siècles; et on est frappé de "■îa profonde dissemblance qui existe entre les édifices d'Aijiit^ai/a, l'ancienne capitale, aujourd'hui en ruines, et ceux de Banijkok, la I capitale actuelle. De part et d'autre cepenfdant, la richesse et le raffinement de l'orne- Boéntation semblent avoir préoccupé l'architecte beaucoup plus que les traits généraux Bes grandes assises du bâtiment. Je ne crois
^0. i3. -~ Moieoa ViamiiUa a\c>\i\\«i, îli^i^^tA'a:
qu'il faille étendre ce jugement à tous les monmcnts de l'art ihaï, et je ne puis admettre, avec Henri Mouhol', » que la beauté d'un temple siamois ne consiste pas dans son architecture, mais bien dans la quantité d'ara^besques qui rectiuvrent ses murs de briques et de stuc. » Les pholographies que nous possédons de quelques pagodes et de plusieurs parties du palais royal de Bangkok, suffisent déjà pour montrer combien la sévérité de co jugement est excessive. La grande pagode de ïVai-scH.parexempIeisiluéesurlarive droite du Mënam, est un des ouvrages les plus remarquables de l'architecture de l'extrême Orient. Construite en forme de pyramide composée d'un nombre presque infini d'étages entourés de balcons et ornés de myriades de clocbetons et de tourelles, elle présente à la vue l'aspect d'une fiècbe élégante et découpée de mille et mille manières, dont le point culminant atteint une hauteur de deux cents pieds. La forme lancéolée de ses innombrables toitures divergentes et vernissées, les statues de divinités qui habitent ses niches el ses cabinets, ses lambris dorés, tout, jusqu'à ses revêtements de porcelaines et de cristaux,
■s de Sia»i, île Cataliodge rt
contribue à lui douneruii aspect fécnquc. Je ne doute pas que celte forme d'arcliileclure, très caractéristique, comme je l'ai dit, ne réponde parfaitement àl'idée religieuse qui lui a doQué naissance, et, je suis convaincu que c'est en s'inspirant dugénie de ces œuvres de l'art asiatique qu'on peut se préparer le mieux à l'étude philosophique de la grande et profonde doctrine du bouddha Çàkya-Mouni.
Avec le peu de documents précis qu'on possède jusqu'à présent sur les monuments de l'art siamois, documeats qui pfechent surtout par l'absence de mesures exactes et par le défaut à peu près absolu de levés de plan, il est bien difficile de rechercher sur quels principes repose l'arcliitecture du peuple thaï. Une telle recherche nous entraînerait d'ailleurs Lien au delà des limites dans lesquelles doit se renfermer l'ethnographe. Je me bornerai donc à ajouter, pour me résumer, que par leur ensemble les monuments de Tari siamois trahissent une origine indienne, que l'influence chinoise y est toutefois manifeste et qu'il faut attribuer au génie des indigènes un certain mérite d'invention qui est inconstestable dans la plupart de leurs œuvres archilecturales.
Ans aHthropoyra]i}ni{iM.'&. — "Viftit, '^^ssi&■■^».
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lont au nuoibrc des peuples qui ont iinagioé I des lypes conventionnels pour la reproduction \ des traits de l'homme par la sculplure ou par l la peinture. J'ai eu l'occasion d'examiner I avec soin de nombreux manuscrits originaux ornés de dessins coloriés à la gouache, ainsi que quelques spécimens de la statuaire indigène. Nulle part je n'ai rencontré dans les figures des personnages une imilalion quelque peu esacle de la nature. Je ne vou- L drais cependant pas présenter celte obsorvat tion d'une manière trop absolue, et je ne doute I pas qu'uue étude plus approfondie des races I de rindu-Chîne ne vienne révéler l'origine Ldes lypes qui ornent leurs ouvrages.
La Société d'Ethnographie possède une
rsérie de photographies à peu près suffisante
Bpour l'élude anlhropographique des Siamois
i la capitale et des environs. Ces photogra-
Fjpliics fournissent, bien qu'à des degrés divers,
tous les caractères que j'ai rencontrés chez les
individus de cette nation avec lesquels je me
suis trouvé en rapport. Aii contraire, elles
offrenlles plus profondes dissemblances avec
■ les figures peintes par les artistes du pays.
Parmi les différents lypes représentés dans
?s msauacrhs, il en est un qui frappe tout
d'abord /adculion cl qm çataW c-s.eXuwN'i-
réservé aux princes el aux personiiages •fie rang élevé. Ce type icontraiite surLoul avec celui qui semble adopté pour représenter les gens.
de basse classe. Dans le premier, le front est fortement déprimé, la couleur de la peau absolumentblanche, la tète allongée; dans le second au contraire, le front est presque droit, la peau rouge, la tète ronde.
Les portraits de femmes sont moins éloignés Kic '3. — Type coaven- , , , ,., , , , s UoDuel des ulaasea su-
de la réalité : le type a périeurcs.
tête ronde y domine. Ils indiquent généralement un mélange de sang chinois.
Je n'ai pas les éléments nécessaires pour donner une idée de ce qui constitue aux yeux des Siamois, le type de la beauté, pour l'un et pour l'autre sexe. Quelques poésies indigènes quejepos- j sfede et l'opinion d'un jeune basses c
HO ETBNOftHAPÏIfB Dtj
mettent seuls de mentionner les traits^ vanls : la femme doit être délicate et élasc^ un nez petit et épaté, des oreilles petites, des yeux en amaudo ot peu écartés, des sourcils ai'qués " comme un croissant delune, m un cou assezcourt, unetoulfcde chevL'ux bien fournie sur le sommet de la tète', des seins petitSj des bras grêles, sont autant de qualités recherchées par les Jodi^èDes.
De la Musique. — On trouve, dans plusieurs relations de voyage au Siam, des renseignements intéressants pour les personnes désireuses de prendre une idée générale do ce pays, mais ces renseignements sont à tous égards insuffisants pour servir à des rechercbes eliinographiques. J'essaierai cependant d'en extraire quelques faits de nature à entrer dans le cadre de nos études.
<i Au point (le vue de la musique, les Siamois, dit Crawfurd', méritent d'être distingués parmi les nations orientales, car leurs airs sont plus agréables, du moins pour une oreille
porter un toupet de in à 13 cBoUmètres
e. Rnmmct de la tftte est (l'ÎDtradiicUou
le que la queue chez les Ctilnois,
daaa les lerupseDricns.leB Siamois
ponuiisui ms caeveux loDgs. CF. Earl, The Easlern Seas,
S. Jâ'trnal of an Embaisij to the Courts of Siam and
Cocàinchina, L II, [\. 37,
^r,tfv..>iiimul
LE OÉME XATIONïL i]i
européenne, que ceux d'aucun autre peuple (ifi rOrienl, â l'exception peut-être des Turks et des Persans. Les mélodies des Siamois aiïectent parfois des sons sauvages et piaia- Ufs; mais le plus communément, elles sont composées dans im style gai et plein de vie qui rappelle la musique écossaise et irlandaise, formant ainsi un contraste frappant avec le tempérament lent et froid des indigènes. »
Il Les Thaï, dit à son lour Pallegoix ', étant un peuple ami de la gaieté et des fêtes, cultivent beaucoup la musique ; il n'y a pas de village qui n'ait son orchestre; tous les princes et les mandarins ont leur troupe de musiciens; vous ne pouvez aller nulle part sans entendre jouer des instruments. Leur musique ne comporte pas les accords de tierce, quinte, etc., mais seulement l'accord de l'octave, de sorte qu'elle est toujours à l'unisson; et ce qui fait l'agriiment de leur musique, c'est la variété des instruments et la volubilité de l'exécution. « Le môme prélat fait ailleurs l'éloge de la musique des Lao qu'il nous représente comme très douce, harmonieuse ot sentimentale, et il cite, parmi les instruments de ce peuple, un orgue com-
^ï. Dftcriplio)
■ 'posé de seize bambous fins, allongés cL munis d'une ouverture par laquelle le souffle fail vibrer de petites bagaettes d'argent.
Je n'ai rien pu trouver sur les principes de composition de la gamme siamoise ; maïs à en juger par les inlrumenls dont on nous donne i'énumération, il y a tout lieu de penser qu'elle offre de l'analogie avec la gamme chinoise.
Un orcbestre thaï ne doit pas se composer de moins de dix musiciens. Les inatraments à cordes, qui comprennent plusieurs espèces de violons et de guitares, servent à produire le chant; la basse et l'accompagnement se font à l'aide de tambours, de cymbales et de castagnettes. Parmi les instruments complémentaires, il faut aussi mentionner le k'onvon, composé d'une série de timbres suspendus à des ficelles que l'on fait résonner à l'aide de deux petits marteans de bois, et le tak'è, sorte d'harmonica construit à l'aide de planchettes de bois sonorp.s ou de plaques d'airain. Ces deux instruments sont très probablement empruntés aux Chinois, chez lesquels on les retrouve dès les temps les plus reculés de leur histoire.
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