‹ Le peuple souverain histoire populaire de la révolution de 1848, écrite sous le feu des barricadesChapitre 13 sur 47 · ALBERT · texte numérisé non relu

ALBERT

M. Ai-best, membre du gouvernement provisoire, n’a pas pris d’autre désignation que celle d’ouvrier. 11 n’en pouvait pas prendre une plus belle. Elle nous a rappelé que lors du procès deS ministres de Charles X, le général Lobau, interrogé sur sa qualité, répondit : Soldat.

M. Albert, membre du conseil des prud’hommes avant la révolution de février, a rendu de grands services à l’industrie, en fondant d’abord à Lyon et ensuite à Paris, des journaux spéciaux, la Glaneuseel l'Atelier, également consacrés aux droits, aux intérêts, à la moralisation des ouvriers, et que les ouvriers rédigent eux-mêmes. La Glaneuse n’existe plus, l'Atelier est un des bons et un des plus utiles journaux de Paris, qui depuis longtemps s’était fait remarquer par la pureté et la sagesse de ses doctrines et par sa rédaction.

Membre du gouvernement provisoire, M. Albert assiste son confrère M. Louis Blanc dans ses rapports avec les ouvriers de Paris. Le peuple de Paris l’a élu son représentant à l’Assemblée nationale.

LGDRU-ROLL1I.

M. Ledru-Rollin n’a que quarante et un ans. Il était avocat à la cour de cassation, mais il donna sa démission en 4841, lorsque le collège électoral du Mans l’eut nommé député en remplacement de M. Garnier-Pagès. Doué d’une grande franchise et d’un caractère décidé en même temps que d’un esprit supérieur, dans aucune circonstance de sa vie on n’a vu M. Ledru-Rollin s’appliquer à dissimuler sa pensée ni ses propensions républicaines. C’eût été un grand tribun du peuple, mais peut-être l’histoire jugera-t-elle qu’il aurait dû cesser d’être tribun en arrivant au pouvoir. Au surplus, il n’est pas d’homme qui ait été plus diversement jugé sur ses actes, notamment pour deux circulaires fameuses émanées du ministère de l’intérieur, dont il est le titulaire en même temps que membre du gouvernement où l’appelaient de droit les éminents services que son énergie a rendus au triomphe de la dernière révolution. M. Ledru- Rollin aspire à la popularité ; il la mérite, mais aujourd’hui il n’y a plus de peuple, puisque le peuple c’est l’universalité de tous les citoyens français sans exception d’un seul.

M. Ledru-Rollin a été élu représentant à l’Assemblée nationale à Paris et à Mâcon.

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