L'ARBRE DE LA LIBERTÉ EM 18A
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C'est surtout à l’occasion de la plantation de l’arbre de la Liberté sur la place de l'IIôtet-dc-Yillc que la pensée religieuse qui s'alliait aux cérémonies analogues a reçu un hommage plus éclatant par la présence de quelques membres du gouvernement provisoire, qui y assistaient. Le nom des quatre sergents de la jlocheilc, qui périrent sur celte place même, a été aussi rappelé avec un grand tact par M. le curé de Sainl-Gervais.
M. Bûchez, adjoint au maire de Paris, homme de conviction profonde, a répondu : «Nous sommes profondément touchés do voir le clergé associé à celte couvre populaire. Nous savons que le clergé a toujours porté dignement la bannière qui lui a été donnée il y a dix-huit siècles, celle qui a, la première, anuonçé
au monde les idée» que la république s'efforcera de Taire prévaloir, les idées de liberté, d’égalité, de fraternité, symbole de la dignité humaine. Ce sentiment de charité, qui vit par nos institutions politiques, c'est le clergé lui-même qui l'a enseigné 1e premier aux hommes. 17 1^1 >it i ,->\u
« Nous ne sommes ici que te gouvernement civil, et le but que doit se proposer un bon gouvernement, c'est de réaliser politiquement, dans l’ordre temporel, une thèse qui a été posée dans l’ordre spirituel par la société cléricale.
«Ce sera toujours avec un rare bon heur que nous vous verrons vous associer à nous, vous mêler à nos Têtes publiques, et que, au nom du gouvernement provisoire, et comme individus, nous vous donnerons l'appui nécessaire, dans l’intérêt du bien même que vous êtes chargés de Taire, »
Au moment où le cortège est sortide l’Hêtel-de-Ville, le peuple a ouvert respectueusement le passage. Le clergé de Saint-Gervais marchait respectueusement en avant avec la croix ; la garde nationale formait escorte ; les tambours battaient au champ.
Arrivé sur le lieu où devait être planté l’arbre de la liberté, le curé de Saint-Gervais a dit :
« Citoyens,
« Une double cérémonie, également touchante, noos rassemble dans ce moment.
« Honneur aux citoyens membres du gouvernement provisoire ; honneur aussi à toute cette multitude ici rassemblée, qui a voulu que celte cérémonie fût consacrée par la religion sous l'étendard du signe auguste de la Croix !
« Jésus-Christ, citoyens, le premier, du haut de cette croix, a fait retentir dans l'nnivers entier ces magnifiques paroles qui sortent à chaque instant de votre bouche et que nous voyons inscrites aussi bien sur le frontispice de nos temples que dans vos cœurs : Liberté, Égalité, Fraternité.
« Liberté, a dit Jésus-Christ, et liberté pour tous. Égalité pour toutes les conditions, pour toutes les classes de le société. Fra-
terni té ! c'était le cri de son Evangile : « Aimez-vous les uns et « les autres, aimez-vous tous comme je vous ai aimés moi- « même. »
« Citoyens, j'aperçois à mes pieds une tombe entr'ouverlc, c’est celle de ces quatre magnanimes soldats qui ont péri glorieusement pour la conquête de la liberté.
« Je bénirai donc tout à la fois et l’arbre de la liberté que vous allez planter et la terre qui leur est sans doute devenue légère. Conservons leur souvenir, et répétons, nous tous qui sommes ici, car nous sommes animés des mêmes sentiments : Rive la République ! u
De toutes parts : « Vive la République ! »
M. Bûchez : u II y a vingt-cinq ans que le sang de quatre hommes généreux a coulé ici.
« Citoyens! ces hommes travaillaient A l’œuvre que nous avons accomplie, c’esl-A-dire A la conquête de la liberté, de l égalité, de la fraternité. Ces hommes ont été nos premiers martyrs ; nous sommes heureux de nous trouver pour consacrer cette tombe après la victoire, et nous sommes plus heureux encore de pouvoir dire que la république, qui a tant perdu de ses enfants, qui a tant versé de sang pour conquérir sa place et pour se montrer telle qu’elle est, au grand jour; que la république, dans un de ses premiers actes, a aboli la peine de mort... (Bravo ! bravo ! Vive la République!) C’est une leçon que nous avons donnée à toutes les nations et A tous les peuples, et, par celait, nous avons montré que nous sommes dignes de celte devise inscrite sur notre drapeau : Liberté, Egalité, Fraternité.
« Vive la République! »
(Une immense acclamation accueille ces paroles.)
M. Flottard donne lecture de la proclamation suivante :
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« Ilôtcl-dc- Ville de Paris, le 24 mars 1818.
« L’arbre de la liberté ne peut trouver nulle part un sol plus nourricier que sur celle lcrre arrosée, le 22 septembre 1822, du
sang de Bôrtes, Pommier, Raoul* et Goubin, dont l’histoire nationale a enregistré le ra irtyre patriotique sous le nom des Sergents de La Rochelle.
« Leurs amis,
« Le maire de Paris, scs adjoints et le secrétaire-général de la mairie de Paris.