QUATRE ANS DE RÈGNE
Aib : V ous qui redoutez t’ esclavage.
Dans l’air encor grondait la foudre Sous laquelle tombent les rois;
Près d’un tronc réduit en poudre S’élevait un nouveau pavois Un homme y monte : on le couronne.
Car il promet des jours plus doux :
Toujours le peuple s’abandonne Au rois, qui se ressemblent tons I
« Il suivra la pente commune, »
'Me dit tristement tm vieillard.
— « Non, car il connaît l’infortune ;
« Dans nos malheurs il eut sa part.
« Il fut proscrit!... et près du trône < Jamais n’ont fléchi ses genoux!...»
Toujours le peuple s’abandonne Au* rois, qui se ressemblent tous !
Le vieillard sourit en silence Et s’éloigna. Partout alors,
Belle et radieuse, la France Cédait h de joyeux transports.
Partout un nom de roi résonne :
On eût dit la fête des fous !
Toujours le peuple s’abandonne Aux rois, qui se ressemblent tous 1
Après quatre ans. grave et sévère,
Le vieillard m’apparut un jour :
— . Eh bien! qn’ a-t-il fait de sa mère?
< Qn’avex-vous fait de votre amour ?
« Toute nation qui se donne
« Trouve un maître au lieu d’un époux.
« Toujours le peuple s’abandonne
• Aux rois, qui se ressemblent tous 1
« Le vieux drapeau se décolore,
• La liberté fuit l’œil en pleurs ;
« Et le trône ne veut encore
> D’autres appuis que ses flatteurs.
« La main de plomb qui nous rançonne « Agite encore glaive et verrou* :
« Toujours le peuple s’abandonne a Aux rois, qui se ressemblent tous !
« 11 suit vite les destinées
< De tout ce qui fuit et s’en va.
« Il n'a plus rien des trois journées ,
« Rien du peuple qui l’éleva.
« C’est le coursier qu’on éperonne :
« L’écuyer meurt, et lui dessous :
« Toujours le peuple s’abandonne « Aux rois, qui se ressemblent tous 1
!MPniM£BlE DB RAYNAL A RAMBOÜLLET.
EN VENTE CHEZ LES MÊMES EDITEURS
POÉSIES NATIONALES ET RÉPUBLICAINES
Ornées d’un beau portrait do citoyen
DE LAMARTINE
Prii : 50 c. — Sans portrait : 25 c.
LE
reine en mien,