‹ Le peuple souverain histoire populaire de la révolution de 1848, écrite sous le feu des barricadesChapitre 47 sur 47 · JO · texte numérisé non relu

JO

berté sur les lois et une sage constitution ! bientôt vous verrez les trônes s'écrouler, les sceptres se briser, et les peuples, étendant leurs bras vers vous, proclamer, par des cris de joie, la fraternité universelle.

VKRGNIàUD.

Tendant un quart de siècle, presque tous nos citoyens ont été soldats : depuisi ta paix , nos soldats sont redevenus citoyens. Souvenirs, sentiments, espérances, tout fut , tout est resté commun entre la masse du peuple et notre vieille armée. Aussi les paroles qui s’élèvent de celle tribune, pour consoler de nobles misères , sont-elles recueillies avec avidité jusque dans les moindres hameaux : il y a de l'écho en France, quand on prononce ici les noms d'honneur et de patrie.

mépris une discussion enlraînanle et irrésistible, après avoir dit que la réduction du traitement réduit à l'aumône un grand nombre de légionnaires, V orateur s’écrie :

Oui, Messieurs, à l'aumône! Qui de nous n’a pas vu des hommes, naguère ennoblis par le commandement, que la faim condamne aujourd’hui aux travaux les plus grossiers? Qui de nous n’en rencontre pas tous les jours, qu’une noble pudeur force à cacher, sous leurs vêtements délabrés, le ruban que leur sang a rougi ? Qui de nous n’a pas déposé le denier de la veuve dans des mains mutilées par le fer de l'ennemi.

For.

(.Sur la réduction du traitement de la Légion d' Honneur.)

On a dit que le perfectionnement de l’agriculture et le bonheur des paysans étaient l’œuvre de la révolution ; on a dit une vérité; c’est la révolution qui les a rendus propriétaires, qui leur a donné des champs, des jardins, de bons vêtements. C’est par elle qu’ils voyagent dans des diligences suspendues ; c’est par elle qu’ils sont heureux , c’est par elle qu’ils ont contracté des habitudes' d’aisance dont ils ne se déferont pas assez. Et pourquoi, malgré les fautes de l’administration, la France jouitelle de ce temps calme? C’est parce que la propriété estdivisée ; c’est parce qu’il y a beaucoup de propriétaires, et qu’ils sont intéressés au maintien de l’ordre ; mais qu il vienne un jour où, pour refaire la grande propriété, on menace la propriété nouvelle, que le privilège reparaisse, et vous verrez ce qui arrivera !

• For.

Fermer la bouche du pauvre qui soufTre , ce n’est pas détruire la douleur ; dissoudre une réunion d’ouvriers qui cherchent une meilleure répartition du salaire, qui veulent s entr aider les uns les autres , améliorer leur existence, marcher, en se donnant la main, vers une vie moins dure, c’est s’opposer au progrès social, c’est attenter aux droits de l’humanité, c’est manquer non seulement de charité et de christianisme, mais de sagesse vulgaire et de politique. »

Garnier-Pagès.

(1834. — Loi sur les Associations.)

Mais il est inutile de raisonner avec vous et les hommes emportés et ignorants qui constitutent votre parti à la chambre des lords. Us ont tenu un conseil de guerre dans votre palais; et, en sortant de cette cabale, qui ressemblait plutôt à un divan de Turcs qu’à une assemblée d’Anglais, ils ont frappé de leur veto toute disposition législative favorable à l’Irlande. Votre coterie est arrivée au dernier terme de la folie. De qui se compose celte troupe insensée que vous menez au combat? Winchilsca, plongé

dans le fanatisme, Lyndhurst, flottant entre la dextérité du légiste et l’apostasie politique, Newcastle, balbutiant son intelligible arrogance, Kenyon, enflé de rapsodies orangistes, et le sinécuriste Ellenborough, rabâchant son plat torysme. Je suis fatigué de cette triste revue. Et ce seraient la les maflres du peuple anglais! les arbitrés absolus et irresponsables de ses destinées ! Quelle absurdité de parler de libertés et de droits constitutionnels, de garanties sociales, si ces hommes doivent demeurer les régulateurs sans contrôle de tout ce qui est cher aux âmes libres !

O’Connel au duc de Wellington.

Une députation de la Fraternité, société d’assurance mutuelle pour les employés cl ouvriers des deux' sexes contre les maladies et blessures, étant venue apporter au gouvernement provisoire l’adhésion de l’association à la république.

M. Lamartine , membre du gouvernement provisoire, a répondu :

Citoyens, vous avez admirablement compris quel est le vrai sens de la révolution que vous nous avez aidé à conquérir, et que nous travaillons en ce moment à organiser.

Celle révolution n’est pas seulement un changement politique qui emporte et rapporte une dynastie, ou le personnel d’un pouvoir au sommet des affaires pour laisser subsister les mêmes principes. C’est une révolution fondamentale , c’est une révolution faite par le peuple ; elle a pour premier besoin et pour premier devoir de consacrer l’institution populaire que votre charité fraternelle vous a fait devancer. La pensée que vous avez réalisée dans votre institution est précisément la pensée fondamentale qui inspire tous les actes du gouvernement nouveau, si vous continuez à lui prêter le concours énergique et modéré que vous lui avez prêté jusqu’à ce jour.

Cette pensée de fraternité, nous l’avons inscrite sous un autre

nam au frontispice de notre nouvelle république. En rlT. t, les républiques précédentes n’étaient que des républiques de parti ; nous voulons que celle-ci soit la république de la nation tout entière -, que, par l’accessibilité à toutes les fonctions publiques, à toutes les puissances, à toutes les lumières de la civilisation, elle appartienne à toutes les classes que vous avez eu pour but de secourir dans votre institution.

C'est là, sovez-en certains, la pensée profonde, la conviction du gouvernement provisoire dans tous ses membres; c'est cette seule pensée qui nous donne le courage de rester encore quelques jours à la tète des affaires.

Recevez, par mon faible organe, le rcmerefment du gouvernement provisoire tout entier, non-seulement pour ce que vous avez fait, mais pour ce que vous ferez dans l’avenir. Si les gouvernements précédents ont négligé de convertir en institution de l’État la belle institution dont vous avez donné le bon exemple, soyez convaincus que le gouvernement nouveau regardera comme un de ses premiers devoirs de consacrer, d’élargir l’institution bienfaisante dont vous êtes les représentants.

La députation se relira aux cris plusieurs fois répétés de Five Lamartine ! vive la République !

Une députation du commerce étant venue demander au gouvernement provisoire la création de comptoirs d’escompte dans les départements, M. Crémieux, membre du gouvernement provisoire, a répondu :

Tout se lie et s'enchaîne, le crédit avec le commerce, le commerce avec le travail, et ces grandes sources de prospérité ne tariront pas, soyez en certains, dans notre belle patrie. La crise est grave; la détestable politique dont notre peuple a fait si rapide justice, nous lègue bien des embarras; mais la république triomphera de tous ces obstacles. Les remèdes, le gouvernement provisoire les cherche avec le plus vif désir de réussir.

li ocoutc tous les conseils, il les pèse; il ne se borne pas là, il agit, et jusqu'à ce moment, sa bonne volonté n’a pas été sans résultats utiles.

Aujourd’hui même, le gouvernement s'occupe de nouvelles mesures financières.

Je viens de quitter un instant mes collègues pour remplir le devoir qui m’était imposé de recevoir quelques députations, et je vais les rejoindre en leur reportant le vceu que vous formez.

Demain eneore le Moniteur vous prouvera que le gouvernement provisoire s’occupe avec la plus grande activité, avec le soin le plus minutieux, de tout ce qui peut contribuer à relever, à raffermir, à consolider le crédit. Le travail, les besoins du peuple nous préoccupent constamment-, nous cherchons les moyens de venir en aide à cette population si merveilleuse, dont le courage et la modération sont l’objet continuel de notre admiration et de nos plus vives sympathies.

Nous nous demandons comment il est possible que ces hommes, dont les sentiments sont si nobles, si patriotiques si généreux, n’aient jamais attiré l’attention du gouvernement. Quel (

crime que cet oubli ! Nous ferons tout pour le réparer. Ce que nous ne pourrons pas accomplir pendant les quelques jours qui nous restent encore de l’exercice de cet immense pouvoir que l’acclamation populaire nous a confié, l’assemblée nationale l’accomplira : grande œuvre que les temps merveilleux où nous vivons rendront plus facile aux hommes dévoués que la France va bientôt élire pour organiser et développer notre belle république. Notre assemblée nationale comprendra le commerce, le crédit, les finances, le travail. Nous ne faisons que du provisoire, elle fera du définitif ; nous préparons, elle consolidera.

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