Scène VI
THYRA, .euie. puis LIGNIERES
Quelques instants après, dès qu'on entend démarrer la voiture, lyignières débouche du sentier.
LiGNiÈREs. — Je guettais!... J'entends que la voiture s'est mise en marche... Vous voyez, j'ai fait un détour, j'ai pu revenir aisément, mais je ne promets pas que l'attention de Philippe n'ait été éveillée... xAvec intention.) D'ailleurs, c'est bien ce que vous désirez, je pense?
Thyra -- Qu'avez-vous dit pour expliquer votre retour î
LiGNiÈRKS. — J'ai prétendu que j'avais laissé tomber de ma poche un journal français... Tous ont paru y croire, sauf votre ami, je pense...
Thyra. — Il a peut-être compris, mais il ne se dérangera pas pour cela, soyez-en sûr.
Li'iNJt:RES. — On dirait que cela vous contrarie... Ce n e.. pourtant pas une provocation, un duel, que vous, herchez! Aloi^sf Pour que vous me denian- <liez d'être non s^ns danger, à vos côtés, en ce moment, il fa* t qu'il y ait une raison. Expliquez-moi à quoi vous ;ert ma présence, en ce moment.
Thyra, avec tout à coup une sombre énergie. Je
veux profiter du hasard de votre rencontre, après deux ans d'absence. Elle va être justement l'occasion qui va m'éclairer, me faire connaître où nous en sommes de notre amour. Je saurai bien ce c|u'il y a sous son attitude glacée et, derrière l'homme, je démasquerai l'amant. Voilà pourquoi je ne vous lâche pas, aujourd'hui, mon petit Lignières... ne vous en déplaise !
Lignières. — Soit, je me prête et même je m'offre avec crânerie à cette épreuve.
Thyra. — Mais ce sera pour plus tard, ce soir, sur le pont du yacht, ou demain... Voyez, il ne vient nullement, il ne s'est pas soucié de votre retour!... N'attendons pas plus longtemps... J'en suis pour mes frais d'énergie... et, chemin faisant, nous...
Lignières. — Vous voyez bien!
On entend un bruit de pas sur les herbes sèches. Philippe, la casquette de yachtman sous le bras, une cigarette aux lèvres, apparaît. Thyra ne peut réprimer une expression de joie.